Le Pakistan assure qu’un accord entre les États-Unis et l’Iran sera signé dans les 24 heures ; Téhéran dément
L'annonce d'Islamabad a été aussitôt suivie d'un démenti iranien quant à la signature d'un accord dimanche ; Téhéran prépare les funérailles du défunt guide suprême Ali Khamenei, prévues pour le 4 juillet
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Samedi, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a annoncé que les États-Unis et l’Iran avaient convenu d’un accord-cadre de paix visant à mettre un terme au conflit qui sévit depuis des mois au Moyen-Orient, le texte final de l’accord ayant été arrêté.
Le Pakistan se prépare désormais à une signature électronique, prévue dans les prochaines 24 heures, qui sera suivie de discussions techniques la semaine prochaine, a ajouté Sharif.
Environ deux heures plus tard, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a démenti que la signature aurait lieu dimanche, ont rapporté les médias d’État iraniens.
Il ne faut pas écarter la possibilité que le protocole d’Islamabad puisse être signé dans les prochains jours, a-t-il ajouté. Il convient toutefois de faire preuve de prudence quant à toute indication sur la date de signature, en raison des « hésitations de l’autre partie » – une référence faite aux États-Unis.
S’adressant à la presse vendredi, un responsable américain a affirmé que l’accord répondait à cinq objectifs des États-Unis : il rouvre le détroit d’Ormuz et lève le blocus américain des ports iraniens ; il « entraîne ostensiblement le démantèlement du programme nucléaire iranien » en prolongeant de 60 jours le cessez-le-feu entre les parties, période durant laquelle elles mèneront des discussions techniques concernant ledit programme nucléaire iranien ; il « permet aux États-Unis d’obtenir » les stocks d’uranium enrichi de l’Iran ; il « garantit une paix à long terme dans la région » ; et il impose « un programme d’inspections » visant à garantir que l’Iran respectera son engagement de ne pas chercher à se doter de l’arme nucléaire.
Les responsables et les chefs de la sécurité israéliens ont exprimé une vive opposition à ces conditions. Selon eux, l’accord-cadre laisse en suspens tous les objectifs clés de la guerre : le démantèlement du programme nucléaire iranien, la restriction du programme de missiles balistiques de Téhéran, la fin du soutien de la République islamique aux proxys terroristes, la lutte contre la poursuite du terrorisme international par l’Iran, et la création des conditions nécessaires à l’effondrement du régime. Il risque également de limiter la liberté de manœuvre d’Israël pour contrer le Hezbollah au Liban.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas encore réagi aux dernières conditions qui auraient été proposées. « Tant que je serai Premier ministre d’Israël, l’Iran ne disposera pas de l’arme nucléaire », a-t-il affirmé dans un communiqué publié vendredi par son cabinet. « Le président Trump et moi-même sommes tout à fait d’accord sur cette question », a poursuivi Netanyahu.
L’annonce de Sharif est intervenue deux jours après que le président américain Donald Trump a annulé une troisième nuit de frappes contre l’Iran, alléguant qu’un accord visant à mettre fin à la guerre avait été conclu, et qu’il serait signé sous peu.
Avant cela, les États-Unis avaient attaqué l’Iran pendant deux jours consécutifs, dans le cadre de ce qu’ils avaient appelé des « frappes de légitime défense » qui avaient pris pour cible « des capacités de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne dans tout l’Iran ».
« Les discussions avec la République islamique d’Iran ont été portées au plus haut niveau de la hiérarchie iranienne, et elles ont été approuvées. C’est pourquoi, en ma qualité de président des États-Unis d’Amérique, j’ai décidé d’annuler les frappes et les bombardements prévus contre l’Iran ce soir », a écrit Trump dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, annonçant l’annulation des frappes qui devaient avoir lieu dans la nuit de jeudi.
« Les discussions et les points finalement retenus ont été approuvés, tant dans leur principe que dans leurs détails, par toutes les parties concernées – notamment les États-Unis, Israël, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, la Turquie, le Pakistan, Bahreïn, le Koweït, la Jordanie, l’Égypte et d’autres », a-t-il ajouté.
Il a toutefois précisé que le blocus américain sur le transport maritime lié à l’Iran « resterait pleinement en vigueur jusqu’à ce que cette transaction soit finalisée », laissant entendre que l’accord n’était pas encore conclu.
« La date et le lieu de la signature seront annoncés très prochainement », a poursuivi Trump.
Suite aux commentaires de Trump, un haut responsable israélien a indiqué à la chaîne d’information N12 qu’Israël n’avait pas été informé d’un accord définitif.
Puis, vendredi, Trump s’en est pris à l’Iran, alors que la République islamique et son administration divulguaient aux médias des informations contradictoires concernant l’accord diplomatique en cours de négociation. Il a ainsi mis en garde les Iraniens, qu’il a qualifiés de « malhonnêtes », en leur conseillant de « se ressaisir », après avoir déclaré que l’accord pourrait être signé dès ce week-end.
Dans une publication sur Truth Social, Trump a décrit les informations relayées par les médias d’État iraniens comme des « Fake News », affirmant qu’elles « n’ont RIEN à voir avec les dispositions convenues par écrit », sans toutefois donner davantage de précisions.
Le message du président américain avait fait suite à une dépêche de l’agence de presse officielle de la République islamique, selon laquelle aucun accord ne pourrait contraindre Téhéran à renoncer à son droit d’enrichir de l’uranium, et réaffirmant que l’Iran n’avait pas encore pris de décision définitive concernant l’accord à l’étude. Téhéran « ne négociera le programme nucléaire que dans le cadre des principes fondamentaux de la République islamique », avait ajouté l’IRNA.
Vendredi, par ailleurs, un responsable américain avait annoncé que le protocole d’accord en cours d’élaboration avec l’Iran « permettrait » à Washington d’obtenir les stocks d’uranium hautement enrichi de Téhéran.
L’Iran a nié à plusieurs reprises chercher à se doter de l’arme nucléaire. Il a néanmoins enrichi et stocké de l’uranium à des niveaux proches de ceux requis pour la fabrication d’armes, tout en affichant ouvertement son intention de détruire Israël.
Cet uranium hautement enrichi serait actuellement enfoui sous les décombres de sites bombardés par les États-Unis lors de la guerre de 12 jours qui s’était déroulée en juin 2025.
Israël et les États-Unis avaient lancé leur campagne contre la Réublique islamique le 28 février, dans le but de déstabiliser le régime iranien et de détruire ses capacités nucléaires et balistiques. L’Iran avait riposté par des frappes de missiles et de drones sur toute la région. Ses proxys terroristes en Irak, au Yémen et au Liban avaient également lancé des attaques.
L’Iran a bloqué le détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole. Il a imposé des droits de passage aux navires souhaitant traverser le détroit, et a attaqué ceux qui tentaient de le franchir.
En réponse, les États-Unis ont imposé un blocus aux navires et aux ports iraniens, dans le but d’empêcher Téhéran d’exporter lui-même du pétrole. L’interruption du trafic dans le détroit a profondément affecté les économies mondiales.
Dans le même temps, les médias d’État iraniens ont annoncé samedi que les funérailles du défunt guide suprême iranien Ali Khamenei débuteront à Téhéran le 4 juillet, pour s’achever dans la ville de Mashhad, au nord-est du pays, le 9 juillet, avec son inhumation.
Khamenei a été tué lors des premières frappes israélo-américaines contre l’Iran, en février. Sa mort a marqué la fin d’un règne de plus de trois décennies à la tête de la République islamique.
En mars, c’est son fils, Mojtaba Khamenei, qui lui a succédé. Ce dernier a été blessé lors des mêmes frappes qui ont coûté la vie à son père. Depuis lors, il n’est plus apparu ni ne s’est exprimé en public.
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