Le représentant du Conseil de paix pour Gaza nie tout accord financier avec le Hamas : « Pas à l’ordre du jour »
Selon des sources citées par le ToI, les 400 millions de $ serviront à payer les sous-traitants « légitimes » et les fonctionnaires du Hamas qui ne seront pas embauchés par le nouveau gouvernement technocratique ; le NCAG va procéder à un audit des comptes du Hamas
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Le Conseil de paix a démenti mercredi l’existence d’un « accord financier » avec le Hamas, après que la chaîne publique Kan a rapporté que l’instance avait accepté de prendre en charge 400 millions de dollars de la dette du Hamas envers des acteurs extérieurs, dans le cadre de sa feuille de route pour le désarmement du groupe terroriste.
Cette somme, prévue dans le plan de désarmement, servira en réalité à verser des indemnités de départ aux fonctionnaires du Hamas qui ne seront finalement pas embauchés par le nouveau gouvernement technocratique palestinien chargé d’administrer le territoire, a indiqué mercredi au Times of Israel un diplomate arabe de l’un des pays médiateurs.
« Les allégations selon lesquelles il existerait un accord financier entre le Conseil de paix et le Hamas sont fausses », a écrit mercredi en hébreu sur X Nickolay Mladenov, représentant du Conseil de paix à Gaza. « Aucune proposition de ce type n’a été discutée, négociée ou envisagée. Elle ne sera pas non plus à l’ordre du jour à l’avenir. »
« Le Hamas ne jouera aucun rôle dans la gouvernance de Gaza. Il n’aura pas accès aux fonds », a-t-il poursuivi.
Cette question a fait l’objet d’une attention particulière mardi, lorsque la chaîne publique Kan a fait savoir que les médiateurs avaient assuré au Hamas que le Conseil de paix prendrait en charge 400 millions de dollars de sa dette si le groupe terroriste acceptait le plan de désarmement.
Dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a publiquement rejeté le plan de désarmement présenté par le Conseil de paix. Il a déclaré que les soldats israéliens ne se retireraient pas de l’enclave tant que le Hamas n’aurait pas été « effectivement désarmé ». Toutefois, malgré ce refus ouvertement exprimé, un responsable du Conseil de paix a assuré lundi à Reuters que le plan de désarmement était toujours d’actualité, et que les discussions avec Israël se poursuivaient.
Aux termes de la clause 5 du plan, le nouveau gouvernement technocratique palestinien, connu sous le nom de Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), « s’efforcera d’évaluer les engagements légitimes envers les fournisseurs, les sous-traitants et les autres parties, pour un montant total ne dépassant pas 400 millions de dollars, et d’y donner suite ».
Le NCAG est placé sous la tutelle du Conseil de paix. Un responsable de celui-ci a précisé au Times of Israel que cette clause ne constituait pas un accord financier.
« Elle permet d’examiner au cas par cas les dettes légitimes en suspens, telles que les salaires impayés des fonctionnaires ou les créances des fournisseurs qui ont fourni des services réels à la population. Il ne faut pas confondre cela avec un paiement au Hamas ou le règlement de dettes liées au terrorisme, à la corruption ou à une mauvaise gestion financière », a ajouté ce responsable.
Pour expliquer plus en détail cette politique, une autre source proche du dossier a confié au Times of Israel qu’une fois au pouvoir, le NCAG procéderait à un audit approfondi des finances du Hamas.
Si cet audit révèle des versements à des prestataires pour des activités « légitimes » qui n’ont pas été honorés par le Hamas, le NCAG utilisera cette enveloppe de 400 millions de dollars pour rembourser ces prestataires, a précisé la source. Des vérifications d’antécédents seront également menées pour s’assurer que les prestataires ne sont pas liés au terrorisme.
En outre, ces 400 millions de dollars serviront à verser des indemnités de départ aux fonctionnaires du Hamas qui ne seront finalement pas embauchés par la NCAG, a indiqué le diplomate arabe.
Ce dernier a rappelé que ces indemnités de départ constituent une obligation légale et qu’elles sont essentielles pour lutter contre la pauvreté à Gaza, en grande partie détruite par la guerre.
Mladenov, dans sa publication en hébreu, a annoncé que les contrats et les versements allaient être réexaminés.
« Les fonds du Conseil de paix ne transitent pas par le Hamas », a écrit Mladenov. « Chaque contrat fait l’objet d’un examen et d’une approbation, chaque projet est vérifié avant tout versement, et tous les comptes sont entièrement ouverts aux audits des gouvernements donateurs. »
« Les véritables défis liés à cette initiative sont déjà plus que suffisants. Il n’est pas nécessaire d’en inventer d’autres », a-t-il ajouté.
Mladenov a par ailleurs exhorté Israël à approuver la feuille de route pour le désarmement de Gaza, assurant qu’il s’agissait de la meilleure option pour Jérusalem.
« Israël ne doit pas s’en remettre à des promesses ni prendre de mesures irréversibles avant que des actions vérifiables ne soient menées sur le terrain », a déclaré Mladenov. « L’objectif reste le désarmement complet, et la garantie que Gaza ne puisse plus jamais faire peser sur Israël une menace comparable à celle subie le 7-Octobre. »
« Les options sont soit le maintien au pouvoir du Hamas et la reconstruction de ses capacités militaires, soit la reprise par Israël du contrôle de l’ensemble de la population de Gaza, à un coût humain, militaire et économique énorme », a-t-il fait valoir.
« Le Conseil de paix propose une troisième option : un désarmement complet, une gouvernance civile, une présence internationale de sécurité sous commandement américain, ainsi que des mécanismes de surveillance et de vérification », a expliqué Mladenov.
Cette présence internationale, connue sous le nom de Force internationale de stabilisation (ISF), a-t-il souligné, a pour objectif de « soutenir le désarmement et la mise en place d’un gouvernement civil dans lequel le Hamas n’aurait aucun rôle. Telle a été notre position depuis le début. Elle n’a pas changé. »
Le Maroc devrait être le premier pays à déployer effectivement des effectifs à Gaza dans ce cadre, ont déclaré au Times of Israel des responsables proches des projets du Conseil de paix. Quatre autres États – l’Albanie, le Kazakhstan, l’Ouganda et le Kosovo – ont également accepté de fournir des troupes à la Force internationale de stabilisation.
Le Conseil de paix envisage par ailleurs la création d’une zone humanitaire pilote dans la région de Rafah, au sud de Gaza, de laquelle les soldats israéliens se retireraient pour être remplacés par des membres de l’ISF. Cet arrangement permettrait à un premier groupe de Gazaouis préalablement sélectionnés de quitter le secteur contrôlé par le Hamas.
Mladenov a également indiqué qu’un mécanisme de surveillance des violations du cessez-le-feu à Gaza, entré en vigueur en octobre dernier, avait commencé à fonctionner.
Le mois dernier, Trump a annoncé une avancée décisive dans son plan de paix pour la bande de Gaza, sous la forme d’une proposition en 15 points prévoyant le retrait de l’armée israélienne, la remise des armes par le Hamas et le transfert de la gouvernance de Gaza à un comité technocratique.
Malgré l’affirmation de Netanyahu selon laquelle Israël a rejeté les termes de la proposition, des soldats de Tsahal présents dans la bande de Gaza ont déclaré lundi à la chaîne N12 que les règles d’engagement avaient radicalement changé depuis la publication de la feuille de route sur le désarmement, laissant entendre qu’il existait des accords tacites avec le conseil visant à restreindre considérablement les opérations.
Le Times of Israel a notamment rapporté que l’armée israélienne avait suspendu une opération spéciale visant à traquer et à éliminer tous les terroristes impliqués dans le pogrom du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.
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