Le retour des compagnies étrangères en Israël, les tarifs aériens exorbitants tendent à baisser
Suite au récent cessez-le-feu à Gaza, les transporteurs israéliens voient la concurrence reprendre, même si certaines compagnies low-cost ne prévoient pas de revenir de si tôt
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Au cours des deux dernières années, alors qu’Israël était en guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas, la République islamique d’Iran et d’autres ennemis sur d’autres fronts, les voyageurs à destination et en provenance de Tel Aviv se sont habitués à des billets d’avion (très) onéreux, les compagnies aériennes étrangères ayant suspendu leurs liaisons, laissant les transporteurs israéliens sans véritable concurrence.
Mais avec l’entrée en vigueur ce mois-ci du cessez-le-feu à Gaza, négocié par le président américain Donald Trump, les agences de voyage affirment que la donne est sur le point de changer. Un nombre croissant de compagnies aériennes étrangères, qui avaient suspendu leurs services pendant la guerre, ont en effet repris leurs vols vers l’aéroport Ben Gurion ou s’apprêtent à le faire. Et pour les voyageurs israéliens, les tarifs aériens exceptionnellement élevés de ces deux dernières années semblent également sur le point de revenir à la normale.
« Trump est comme notre ambassadeur du voyage, car il nous aide à mettre fin aux combats », estime Tali Noy, vice-présidente du marketing et des ventes de l’agence de voyages ISSTA.
« Si la situation actuelle se maintient, de plus en plus de compagnies aériennes étrangères reprendront leurs vols et augmenteront leur fréquence, ce qui augmentera les options et la capacité en sièges et entraînera une baisse des prix pour les consommateurs israéliens. »
Air Canada a ainsi repris ses vols quotidiens en rouvrant sa ligne Toronto-Tel Aviv le 9 octobre, jour même de la signature de l’accord de cessez-le-feu et de libération des otages entre Israël et le Hamas.
La compagnie espagnole Iberia, la britannique British Airways et la compagnie allemande Eurowings devraient reprendre leurs vols vers Tel Aviv d’ici la fin du mois d’octobre, après les avoir suspendus durant la guerre. Et près d’une décennie après avoir cessé ses vols vers Israël en 2016, la compagnie scandinave SAS reprendra ses liaisons avec ce pays à la fin du mois, avec deux vols hebdomadaires entre Tel Aviv et Copenhague.
La compagnie aérienne américaine United Airlines a repris ses vols directs entre Tel Aviv et Newark, près de New York, en juillet ; le mois prochain, elle relancera ses liaisons depuis Chicago et Washington vers Ben Gurion. Son concurrent américain, Delta, a relancé sa liaison entre Tel Aviv et l’aéroport John F. Kennedy de New York le 1ᵉʳ septembre, à raison de sept vols par semaine.
« Nous constatons déjà une baisse de 20 % par rapport aux prix des billets de l’hiver dernier, en particulier pour les vols à destination de New York et d’autres destinations lointaines, car les voyageurs ont plus de choix et peuvent réserver des vols avec correspondance via l’Europe », explique Mark Feldman, PDG de l’agence de voyages Ziontours Jerusalem.
Selon Noy, les billets aller-retour entre Tel Aviv et New York pour la période estivale sont actuellement proposés à environ 1 200 dollars, soit près de 50 % moins cher qu’au début de l’année. Ce prix, ajoute-t-elle, se rapproche de celui observé avant le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023.
Les prix des compagnies aériennes israéliennes tendent également à baisser. Elles doivent désormais faire face à la concurrence des transporteurs étrangers qui partagent leur espace aérien. Cela contraste avec l’été dernier, où, en l’absence de concurrence étrangère sur les vols directs entre Tel Aviv et New York, les tarifs d’El Al et d’Arkia avaient atteint des sommets.
Début juillet, après la réouverture de l’espace aérien israélien à la suite de la guerre de douze jours contre la République islamique d’Iran, les billets aller-retour en classe économique sur El Al coûtaient environ 1 530 dollars, atteignant même 2 666 dollars à la fin du mois.
En août, les billets d’El Al en classe économique étaient pratiquement tous vendus. La compagnie a alors proposé aux voyageurs des billets en classe premium, dont les tarifs allaient de 3 650 à 4 060 dollars.
Sur Arkia, les prix variaient entre 1 750 et 2 500 dollars, et pouvaient monter jusqu’à 3 400 dollars à la fin du mois d’août.
Ces compagnies ont, à leur tour, enregistré des bénéfices records en desservant un marché captif. Le cours de l’action El Al, baromètre du marché aérien israélien, a bondi de plus de 60 % depuis le début de l’année, mais a chuté de plus de 10 % depuis le début du mois d’octobre, signe que les investisseurs s’attendent à une baisse considérable des bénéfices de la compagnie aérienne nationale en raison d’une concurrence accrue.
Il est désormais possible de voyager à un prix plus abordable avec les compagnies aériennes locales. En novembre, les billets d’El Al en classe économique pour un aller-retour direct Tel Aviv-New York sont proposés à partir de 1 076 dollars. Pour la période de Noël, El Al propose des aller-retour à destination de New York à partir de 1 100 dollars.
Pour le printemps 2026, ces mêmes billets sont proposés à partir de 1 061 dollars, pour atteindre environ 1 600 dollars pendant la saison estivale, entre juillet et août. Ces prix restent bien inférieurs à ceux pratiqués en août dernier.
À un moment donné, seules les compagnies aériennes israéliennes et quelques autres compagnies, principalement du golfe Persique et d’Europe de l’Est, assuraient des vols à destination d’Israël. Aujourd’hui, parmi les compagnies aériennes européennes ayant déjà partiellement repris leurs vols vers Tel Aviv cet été, figurent le groupe Lufthansa (Lufthansa, SWISS, Austrian Airlines, Brussels Airlines et Eurowings), Air France et LOT Polish Airlines. Les autres transporteurs qui ont assuré des liaisons vers et depuis le pays ces derniers mois sont Hainan Airlines, Etihad Airways, Azerbaijan Airlines, Ethiopian Airlines, Uzbekistan Airways, Georgian Airways, Bulgaria Air, flydubai, Cyprus Airways et Air Seychelles.
« De plus en plus de compagnies aériennes étrangères réaffectent leurs avions et leurs équipages vers Israël, ce qui suggère que le statu quo actuel est tel que le risque lié au retour vers Israël est désormais acceptable », explique Feldman.
« Ceci devrait entraîner une baisse des prix des billets d’avion, qui avaient atteint des sommets pendant la guerre. »
Une compagnie aérienne envisage déjà d’y réaliser un investissement conséquent. La compagnie low-cost hongroise Wizz Air, qui propose dix-huit liaisons directes depuis Israël, prévoit en effet de créer une plaque tournante à l’aéroport Ben Gurion. Les destinations desservies depuis Israël comprennent des villes populaires en Europe telles que Londres, Budapest, Rome, Milan, Venise, Vienne, Athènes et Varsovie.
Noy souligne que Wizz Air propose des vols aller-retour entre Tel Aviv et Londres pour début janvier à partir de 170 dollars, et vers Rome à partir de 160 dollars environ. En revanche, la compagnie israélienne Israir propose des billets aller-retour vers Rome à 332 dollars pour certaines dates en janvier.
Les avions qui atterrissent en Israël ne sont pas dépourvus de voyageurs. Selon les données de l’Autorité aéroportuaire israélienne (IAA), le trafic international de passagers transitant par l’aéroport Ben Gurion a augmenté de plus de 33 % en septembre par rapport à l’année précédente, atteignant près de 2 millions de voyageurs. Les compagnies aériennes israéliennes ont transporté plus de 1,1 million de ces passagers, soit environ 56 %, ce qui représente une hausse de près de 14 % par rapport à septembre dernier.
Cependant, pour que les prix des billets reviennent à leur niveau d’avant-guerre, il faudrait que de nouvelles compagnies aériennes étrangères, en particulier low-cost, fassent leur retour. Celles qui ont déjà repris leurs liaisons devraient également augmenter leur fréquence, selon Feldman et Noy.
C’est peut-être ce qui est en train de se passer. Alors qu’Israël signait l’accord de cessez-le-feu et de libération des otages, United Airlines annonçait l’ajout d’un vol supplémentaire sur sa ligne New York-Tel Aviv. À partir de mars 2026, la compagnie aérienne américaine assurera quatre vols quotidiens vers différentes destinations aux États-Unis.
La compagnie aérienne Etihad Airways, basée à Abou Dhabi, a annoncé qu’elle allait augmenter la fréquence de ses vols vers Tel Aviv à cinq vols par jour. Wizz Air, TUS Airlines et Bluebird Airways prévoient également d’augmenter le nombre de leurs vols vers Tel Aviv dans les semaines et les mois à venir.
« Après le retour des compagnies aériennes américaines Delta et United Airlines, ainsi que d’Air Canada et d’autres compagnies telles qu’Etihad, qui augmentent leur flotte, il semble que le niveau de confiance soit suffisant pour vendre des billets », déclare Feldman.
Plusieurs autres compagnies aériennes hésitent encore à reprendre leurs vols vers Israël. Parmi les principaux transporteurs dont les vols à destination et en provenance d’Israël sont toujours suspendus, il y a la compagnie britannique Virgin Atlantic, qui a cessé ses liaisons entre Londres et Tel Aviv, ainsi qu’Air India, American Airlines et la compagnie italienne ITA Airways.
Portant un coup encore plus dur à l’industrie touristique du pays, les compagnies aériennes turques ont décidé de renoncer à leurs créneaux horaires pour les décollages et les atterrissages à Ben Gurion. Cela signifie qu’elles ne reprendront pas non plus leurs vols vers Israël tant que les relations entre les deux pays, qui se sont dégradées pendant la guerre, ne seront pas rétablies.
Le géant britannique des vols low-cost EasyJet a également déclaré qu’il ne reprendrait pas ses vols vers Israël avant le printemps 2026, tandis que la compagnie aérienne irlandaise Ryanair a annoncé qu’elle ne reprendrait pas ses opérations vers et depuis Israël cet hiver, en raison d’un différend avec l’aéroport Ben Gurion concernant l’attribution des créneaux horaires pour la saison estivale de l’année prochaine. Cette décision devrait avoir un impact sur vingt-deux liaisons et près d’un million de sièges.
« Pour la période des fêtes de Noël à venir, nous n’avons pour l’instant reçu aucune demande de la part de groupes ou d’organisations qui avaient visité Israël avant la guerre, malgré un optimisme prudent », indique Feldman.
« Cependant, si le cessez-le-feu se maintient, nous pourrions assister à une augmentation du trafic à partir de 2026. »
« Toutefois, la situation géopolitique dans notre région peut changer du jour au lendemain, en un clin d’œil ; il faut donc prendre tout cela avec des pincettes », précise-t-il.
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