L’économie israélienne recule ; la guerre contre l’Iran a pesé sur la consommation et le commerce
L'économie connait son 1er ralentissement depuis octobre 2023, dû à la baisse de la consommation privée, des investissements et des exportations, à la mobilisation massive des réservistes et aux fermetures d'entreprises
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Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

L’économie israélienne a connu un ralentissement au cours du trimestre d’avril à juin, avec un produit intérieur brut en baisse de 3,5 %. La guerre avec l’Iran, en plus d’entraîner la fermeture de nombreuses entreprises, a également nui aux dépenses de consommation, aux exportations et aux investissements, selon une estimation préliminaire du Bureau central des statistiques.
Ce recul marque la première baisse trimestrielle depuis le dernier trimestre 2023, durant lequel l’économie avait chuté de 20,8 %. Le déclenchement de la guerre contre le groupe terroriste du Hamas avait alors lourdement pesé sur les dépenses de consommation, le commerce et les investissements.
Le 13 juin, Israël a attaqué l’Iran par surprise, pour agir contre la menace existentielle imminente provenant des programmes nucléaires et balistiques du régime. La guerre de 12 jours, qui s’est terminée par un cessez-le-feu en juin, a porté un coup dur à l’économie et perturbé des industries clés, dans un contexte de fermeture d’une grande partie de l’espace aérien du pays et d’appel de milliers de travailleurs à la réserve militaire, avec des répercussions sur les particuliers et les entreprises.
Les tirs de missiles balistiques ont poussé les citoyens à se réfugier dans les abris, endommagé des centaines de bâtiments et entraîné la fermeture totale ou partielle des commerces et des entreprises locales durant cette période.
Selon Ronen Menahem, stratège en chef des marchés chez Mizrahi Tefahot Bank, les données économiques préliminaires reflètent les conséquences de la guerre contre l’Iran sur l’activité commerciale et les dépenses de consommation.
Pour le Bureau des statistiques, la baisse de la croissance du PIB entre avril et juin est en grande partie imputable à une chute de 6,2 % de la productivité du secteur des entreprises. Les dépenses de consommation ont reculé de 4,1 % et les exportations de biens et services -hors start-ups et diamants – ont diminué de 3,5 %. Les dépenses publiques ont quant à elles baissé de 1 %.
« Les 12 jours de la guerre contre l’Iran ont affecté les dépenses des ménages. Les taux d’intérêt élevés et l’évaluation du shekel ont également mis l’économie à rude épreuve », a indiqué Menahem. « Un ou deux trimestres au moins seront nécessaires pour ‘effacer’ des données conjoncturelles les répercussions de la guerre contre l’Iran. »
La composante la plus sensible aux tensions sécuritaires, à savoir les investissements en immobilisations, principalement dans les bâtiments résidentiels, a été la plus durement touchée, avec une diminution de 12,3 %, a souligné Menahem.
L’an dernier, l’économie a connu une croissance d’environ 1 %, en baisse par rapport à 2023 avec son taux de 1,8 % et à 2022, avant le début des hostilités, où ce taux atteignait 6,3 %.
Ces 22 derniers mois, Israël a été confronté à la guerre la plus longue et la plus intense de l’histoire du pays, luttant contre le groupe terroriste du Hamas et menant simultanément des opérations militaires contre l’Iran et ses autres « proxys » régionaux. Ce conflit sur plusieurs fronts a jusqu’à présent coûté quelque 300 milliards de NIS, un montant qui a fortement influé sur les emprunts publics et le fardeau de la dette du pays.
La Banque d’Israël a revu ses prévisions de croissance économique. Elle table désormais sur une croissance du PIB de 3,3 % en 2025 et de 4,6 % en 2026. Au début du mois, le ministère des Finances avait également revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2025, passant de 3,6 % à 3,1 %, se basant sur une poursuite des combats à Gaza jusqu’à la fin du mois de septembre uniquement. Ces prévisions de croissance ne prennent pas en compte les coûts potentiels du plan récemment approuvé visant à reprendre le contrôle de la densément peuplée Gaza-City.
Même s’il s’attend à ce que le ralentissement économique s’inverse en grande partie, Menahem a toutefois mis en garde contre les nombreuses incertitudes qui menacent encore le rythme de la reprise.
« La reprise sera progressive. Elle dépendra en grande partie des contextes politique et sécuritaire qui entoureront à l’avenir l’économie », a-t-il déclaré. « Il faudra privilégier une politique budgétaire prudente, axée sur les mesures favorables à la croissance. »
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