L’envoyé d’Israël en Allemagne appelle à combattre aussi « l’antisémitisme d’extrême gauche »
Ron Prosor a réagi dimanche à la victoire électorale historique du parti d'extrême droite en Saxe-Anhalt, exigeant la même fermeté face à l'antisémitisme, quel que soit son bord politique
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L’ambassadeur d’Israël en Allemagne, Ron Prosor, a mis en garde, dans un message publié le 6 septembre sur X, contre « l’antisémitisme d’extrême gauche », rappelant qu’il « mérite exactement la même clarté » que « l’extrémisme de droite ».
Ce message est intervenu juste après la victoire électorale historique du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) lors d’un scrutin régional organisé en Saxe-Anhalt, ce même dimanche.
Aucune région allemande n’a été dirigée par l’extrême droite depuis 1945 — un précédent qui alimente les inquiétudes bien au-delà des frontières du Land.
La progression de l’AfD y a en effet été fulgurante : le parti a recueilli 43,8 % des voix en 2026, contre 20,8 % des voix en 2021, devenant ainsi pour la première fois la première force politique régionale et ne manquant la majorité absolue au sein du parlement local, qui compte 83 sièges, que de trois sièges.
Dans son message, l’ambassadeur Prosor commence par reconnaître le glissement à l’extrême droite, tout en refusant que cela serve de prétexte à l’indulgence envers l’extrême gauche : « L’Allemagne se tourne vers la droite. Elle ne doit pas pour autant fermer les yeux sur la gauche. »
Deutschland schaut nach rechts. Es darf auf dem linken Auge nicht blind sein.
Die Gefahr von Rechtsextremismus ist offensichtlich. Sie wird diskutiert, benannt und verurteilt. Linksextremer Antisemitismus verdient genau dieselbe Klarheit.
Wenn die Linksjugend an Schüler Sticker…
— Ambassador Ron Prosor (@Ron_Prosor) September 6, 2026
Il pointe ensuite ce qu’il perçoit comme un déséquilibre dans le traitement médiatique et politique des deux extrémismes : « Le danger de l’extrémisme de droite est évident. Il fait l’objet de débats, est dénoncé et condamné. L’antisémitisme d’extrême gauche mérite exactement la même clarté. »
Prosor cite un exemple précis : « Lorsque la Jeunesse de gauche distribue aux élèves des autocollants représentant une kalachnikov et un drapeau palestinien, il ne s’agit pas d’un ‘activisme’ que l’on peut relativiser. »
Il conclut sur un principe qu’il présente comme devant transcender les clivages partisans : « Un rempart contre l’antisémitisme ne doit connaître aucune orientation politique. La vie juive et le droit à l’existence d’Israël sont des lignes rouges — qu’ils soient attaqués par l’extrême droite, l’extrême gauche ou les islamistes. Pas d’angles morts. Pas d’excuses. Pas de deux poids, deux mesures. »
L’AfD est un parti qui fait l’objet de nombreuses critiques, notamment pour son projet de remigration, sa ligne pro-russe et sa proximité avec l’idéologie nazie. Des figures centrales du parti minimisent les crimes nazis, tandis que d’autres de membres entretiennent des liens avec des groupes extrémistes interdits.
Pour les organisations juives allemandes, l’AfD représente un danger pour la communauté juive du pays. Dès 2017, une trentaine d’entre elles avaient publié un communiqué qualifiant ce parti d’inacceptable pour les électeurs juifs.
Josef Schuster, président du Conseil central des Juifs d’Allemagne, qualifie Ulrich Siegmund, le chef de file de l’AfD, d’ « ennemi déclaré de notre société ouverte ».
Israël maintient, pour l’heure, une politique officielle de non-engagement vis-à-vis de l’AfD.
la Communauté du Times of Israël !







