Les espionnages présumés au profit de l’Iran continuent en Israël
Amir Malka d’Ashkelon aurait perçu des milliers de dollars ; le maire de Bat Yam alerte sur des tentatives de recrutement iraniennes, affirmant avoir lui-même reçu des SMS
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Les procureurs ont inculpé jeudi un habitant d’Ashkelon soupçonné d’avoir espionné pendant plusieurs mois pour le compte de la République islamique d’Iran, alors que Téhéran intensifie ses tentatives de recruter des Israéliens en ligne contre des paiements substantiels.
Cette annonce survient alors que les autorités israéliennes peinent à endiguer un phénomène en pleine expansion, au point qu’un maire d’une grande ville a appelé cette semaine ses administrés à cesser toute activité d’espionnage au profit de l’Iran.
Dans le cas le plus récent, le suspect, Amir Malka, 37 ans, aurait perçu 4 225 dollars en cryptomonnaie pour ses activités d’espionnage présumées, selon la police. Il a été arrêté le mois dernier dans le cadre d’une enquête menée par les détectives du district de Jérusalem et le Shin Bet.
Malka a été inculpé par le tribunal de district de Beer Sheva pour avoir entretenu des contacts avec un agent étranger.
Selon l’acte d’accusation, il a été approché pour la première fois en juin, après avoir reçu un message sur Telegram affirmant que « la coopération avec l’Iran peut apporter la paix et la sécurité dans la région… Pour plus de détails, contactez le bot Telegram. » Après avoir cliqué sur le lien, il aurait été contacté par un agent étranger.
Le suspect aurait ensuite été chargé de déposer un paquet de cigarettes contenant une note dans une poubelle, puis d’acheter une bouteille d’arak et de la placer à un emplacement désigné. Il devait transmettre les coordonnées des lieux, mais aurait fourni de fausses informations à son contact, ont indiqué les procureurs.
Il aurait également menti en affirmant s’être rendu en Égypte.
L’inculpation intervient alors que les agences de sécurité intensifient leurs efforts pour dissuader les Israéliens de collaborer avec l’Iran. Depuis la guerre de douze jours entre Israël et la République islamique en juin, Téhéran mène une vaste campagne de recrutement en ligne.
Ces dernières semaines, le Shin Bet semble avoir ajusté son approche : plutôt que de se limiter aux arrestations, l’agence sollicite désormais les municipalités pour sensibiliser la population.
Dans un message vidéo en début de semaine, le maire de Bat Yam, Tzvika Brot, a ainsi exhorté les habitants qui ont été en contact avec des agents iraniens à se manifester, laissant entendre qu’ils s’exposeraient à des sanctions moins sévères s’ils reconnaissaient les faits.
Dans un entretien mercredi soir sur N12, Brot a affirmé que des millions d’Israéliens, lui compris, avaient récemment reçu des SMS de recrutement envoyés par l’Iran, dans le but d’élargir son réseau d’espions.
Ces messages « ne dissimulent rien », a-t-il assuré, et indiquent clairement que leurs expéditeurs sont des agents iraniens cherchant à rémunérer des Israéliens pour mener des missions d’espionnage.
« Ce qui est étonnant, c’est que ces dernières semaines, un nombre très élevé d’Israéliens… ont cliqué sur ces liens et pris contact avec les Iraniens », a déclaré Brot. Il a ajouté que « dans une moindre mesure, un petit nombre de personnes sont de véritables espions iraniens, peut-être pour des raisons idéologiques », mais que « la grande majorité » sont des citoyens ordinaires.
Brot a affirmé que, dans un lycée réputé de l’une des villes ayant mis en œuvre cette initiative, plus d’une dizaine d’élèves avaient admis avoir été en contact en ligne avec des Iraniens. Les maires de plusieurs villes mènent désormais un programme destiné à sensibiliser les élèves afin d’éviter qu’ils ne tombent dans le piège du recrutement iranien.
Ces deux dernières années, des dizaines d’Israéliens ont été accusés d’espionnage au profit de la République islamique d’Iran. Dans de nombreux cas, les agents iraniens ont approché leurs cibles via les réseaux sociaux, en particulier l’application Telegram.
Beaucoup de suspects présumés commencent par des tâches apparemment anodines, comme peindre des slogans anti-gouvernementaux ou pro-iraniens, avant d’envoyer des photos à leurs interlocuteurs. Ces missions peuvent ensuite évoluer vers des activités plus graves, telles que la collecte de renseignements ou des projets d’assassinat.
L’augmentation du nombre de détenus liés à l’Iran a même conduit Israël à ouvrir une nouvelle aile dans la prison de Damon, à Haïfa. À ce jour, un seul suspect a été condamné, la plupart des dossiers étant encore en cours d’examen.
la Communauté du Times of Israël !








