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Les États-Unis rétablissent le blocus naval ; Trump menace d’intensifier les frappes contre l’Iran

Le président américain estime que les Iraniens "feraient bien de conclure un accord", et précise que ses négociateurs se sont entretenus avec Téhéran ; l'Iran revendique des attaques contre la Jordanie, le Koweït et Bahreïn

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Des navires de guerre et des avions de la Marine américaine naviguant en formation serrée dans la mer d'Oman, sur une photo publiée le 8 juillet 2026. (Crédit : Marine américaine)
Des navires de guerre et des avions de la Marine américaine naviguant en formation serrée dans la mer d'Oman, sur une photo publiée le 8 juillet 2026. (Crédit : Marine américaine)

Mardi, le président américain Donald Trump a réimposé un blocus naval sur tous les ports iraniens et a menacé de frapper des centrales électriques et des ponts la semaine prochaine, à moins que Téhéran ne reprenne les négociations. L’accord de cessez-le-feu provisoire s’effrite et les craintes d’un retour à une guerre totale s’intensifient.

Les États-Unis avaient initialement imposé ce blocus à la mi-avril, puis l’avaient levé à la mi-juin, au lendemain de la signature d’un accord-cadre visant à mettre définitivement fin à la guerre. Ce mémorandum fixait un délai de 60 jours pour négocier un accord sur le programme nucléaire iranien, mais les pourparlers sont au point mort, tandis que les combats autour du détroit s’intensifient et que Téhéran a annoncé la semaine dernière avoir de nouveau fermé le détroit d’Ormuz.

Au moins 19 navires de guerre américains se trouvent actuellement dans la mer d’Oman, dont deux porte-avions et un navire d’assaut amphibie transportant plus d’un millier de marines. Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a également indiqué, dans des messages publiés sur les réseaux sociaux, qu’il y avait « des centaines d’avions militaires opérant à travers le Moyen-Orient ».

Avant de rétablir le blocus, le CENTCOM a annoncé une nouvelle série de frappes visant « des sites de missiles et de drones, des capacités navales et des systèmes de défense côtière, lors d’une vague de frappes de sept heures, afin d’affaiblir davantage la capacité de l’Iran à menacer la navigation commerciale et les équipages civils ».

« Les forces américaines tiennent l’Iran pour responsable d’une agression injustifiée qui continue de mettre en danger des vies innocentes », a déclaré l’amiral Brad Cooper, qui dirige le CENTCOM.

Selon Cooper, l’Iran a délibérément attaqué sept navires commerciaux au cours des sept derniers jours, causant la mort, des blessures ou la disparition de « près d’une dizaine » de membres d’équipage civils. Il a ajouté que l’Iran avait également lancé des dizaines de missiles et de drones contre des pays voisins du Golfe, notamment tôt mercredi matin, lorsque les forces iraniennes ont revendiqué des attaques contre des positions américaines à la base d’Azraq, en Jordanie, ainsi qu’à Bahreïn et au Koweït.

Une explosion à la base navale de Bandar Abbas, en Iran, alors que trois navires de surface sans pilote « Corsair », également appelés drones de surface d’attaque à usage unique, lancés par l’armée américaine, ont frappé le port le 12 juillet 2026. (Crédit : Capture d’écran vidéo/CENTCOM via AP)

Des blessés ont été signalés et des dégâts matériels ont été constatés au Koweït à la suite d’un incendie provoqué par une attaque iranienne. La Jordanie a, pour sa part, déclaré avoir intercepté trois missiles iraniens tirés en direction du royaume.

Dans une interview diffusée par l’IRIB, la chaîne publique iranienne, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des affaires juridiques et internationales, Kazem Gharibabadi, a déclaré que les États-Unis cherchaient à empêcher Téhéran d’exercer ce qu’il a qualifié de « souveraineté effective » sur le détroit d’Ormuz. Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique s’est engagé à maintenir le détroit fermé « jusqu’à ce que les États-Unis mettent fin à leurs actes d’agression ».

Lors d’une interview diffusée mardi soir dans l’émission « Special Report with Bret Baier » sur Fox News, Trump a déclaré : « Nous allons les frapper très fort ce soir. Nous allons les frapper très fort demain soir. La semaine prochaine, ce sera le tour des centrales électriques, et là, ça va vraiment mal tourner pour eux. La semaine prochaine, ce sera au tour des ponts. Nous allons détruire toutes leurs centrales électriques. Nous allons détruire tous leurs ponts, à moins qu’ils ne s’assoient à la table des négociations. »

Il a ajouté : « Je garderai les cibles énergétiques pour la fin, mais au final, nous les frapperons. »

Trump a menacé à de nombreuses reprises de bombarder des sites énergétiques iraniens, avant de finalement renoncer, vraisemblablement par crainte que cela ne conduise l’Iran à devenir un État défaillant – un scénario que les États-Unis cherchent à éviter.

Énumérant les objectifs de guerre de Trump – empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, maintenir le détroit d’Ormuz ouvert et affaiblir les capacités militaires de l’Iran -, Baier a demandé s’ils pouvaient être atteints par une campagne aérienne seule.

Trump a affirmé que ses objectifs de guerre avaient déjà été atteints, même si les États-Unis n’avaient pas mis la main sur les stocks d’uranium enrichi de l’Iran et que le trafic dans le détroit d’Ormuz ne représentait que 10 % des niveaux d’avant-guerre.

« Le détroit est ouvert, si les gens veulent l’emprunter », a-t-il déclaré.

Le président américain Donald Trump s’exprimant lors de sa rencontre avec le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi, dans le Bureau ovale, à la Maison Blanche, à Washington, le 14 juillet 2026. (Crédit : Julia Demaree Nikhinson/AP Photo)

Concernant les stocks d’uranium hautement enrichi de l’Iran, Trump a une nouvelle fois minimisé l’importance de s’en emparer, affirmant que les États-Unis surveillaient les sites nucléaires iraniens.

Interrogé sur la capacité des États-Unis à frapper le site nucléaire souterrain du mont Kolang, il a répondu : « Personne ne connaît Pickaxe [nom en anglais] », avant d’insister sur le fait que les États-Unis surveillaient également ce site et pourraient intervenir si nécessaire.

Le président a donné une réponse similaire concernant le site de Taleghan, situé à la périphérie de Téhéran, que l’Iran aurait commencé à réparer, d’après des images satellites, après les frappes subies pendant la guerre.

« Nous pouvons frapper celui-là très facilement », a affirmé Trump.

Interrogé pour savoir s’il négociait avec les bonnes personnes en Iran, il a répondu qu’il ne souhaitait plus négocier, car l’Iran aurait rompu un accord au cours du week-end.

Mais quelques secondes plus tard, il a déclaré que ses conseillers s’étaient entretenus avec les négociateurs iraniens il y a à peine une heure.

Interrogé sur le message que les États-Unis avaient transmis à l’Iran, Trump a déclaré : « Vous feriez mieux de conclure un accord. Vous n’aurez plus personne. Nous faisons très attention à la population civile, mais vous feriez mieux de conclure un accord [sinon] il ne vous restera plus rien. »

Selon deux responsables régionaux, les médiateurs tentent toujours de ramener les États-Unis et l’Iran à la table des négociations. Ces responsables, qui ont souhaité garder l’anonymat pour évoquer ce processus diplomatique délicat, ont indiqué que la médiation menée par le Pakistan s’emploie sans relâche à rétablir le cessez-le-feu.

Trump abandonne son projet de péage sur le détroit d’Ormuz en échange d’investissements du Golfe aux États-Unis

Lorsque Trump a annoncé, lundi, le rétablissement du blocus, il a également déclaré qu’il imposerait une redevance de 20 % aux navires transitant par le détroit. Cependant, il a abandonné ce projet quelques heures avant de rétablir le blocus, affirmant avoir reçu des appels de « rois et d’émirs » qui lui avaient proposé un autre arrangement.

« Ils ont dit : ‘Nous aimerions beaucoup procéder autrement. Nous aimerions investir des milliards et des milliards de dollars aux États-Unis’ », a rapporté Trump aux journalistes mardi dans le Bureau ovale.

Le président a déclaré qu’il préférait cet arrangement à la perception de péages, car « je ne pense pas que quiconque devrait pouvoir prélever une redevance sur le détroit ».

Des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte orientale des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (Crédit : AFP)

On ignore si ces accords d’investissement constituent de nouveaux engagements par rapport à ceux annoncés par Trump après sa visite au Moyen-Orient l’an dernier.

Le projet de Trump d’imposer des droits de passage aurait marqué un revirement par rapport à la politique américaine de longue date, ainsi qu’une rupture avec les promesses des États-Unis selon lesquelles le détroit resterait ouvert à tous sans péage, promesses récemment réitérées par le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, lors d’un déplacement dans la région.

Dans le cadre de l’accord-cadre, l’Iran a accepté que le passage dans le détroit reste gratuit pendant 60 jours – mais le mémorandum ne précisait pas ce qu’il adviendrait par la suite. L’Iran affirme avoir le droit de gérer le trafic et d’imposer des droits de passage s’il le souhaite. Les États-Unis contestent cette position.

Mardi matin, le prix du baril de Brent, la référence internationale, a brièvement dépassé les 87 dollars, un niveau toutefois bien inférieur aux près de 120 dollars atteints au plus fort de la guerre. Il est ensuite redescendu à 78 dollars après l’annonce par Trump de son revirement.

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