Les États-Unis travaillent à un plan pour l’après-guerre visant à créer un front contre l’Iran
Trump a confié qu’il préparait « quelque chose de bien plus important » au Moyen-Orient après la guerre contre Téhéran - et l'élargissement des Accords d'Abraham
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L’administration du président américain Donald Trump travaille actuellement à l’élaboration d’une stratégie post-guerre avec l’Iran qui vise à créer un front régional d’alliés des États-Unis destiné à contenir l’Iran, tout en élargissant les Accords d’Abraham, a rapporté vendredi le site d’information Axios.
Selon le média, Trump a déclaré lors de conversations privées qu’il travaillait sur « quelque chose de bien plus important » au Moyen-Orient après la guerre contre la république islamique.
Selon Axios, qui cite deux responsables américains et deux autres sources proches du dossier, ce projet n’en est encore qu’à ses débuts, et l’administration ne prévoit pas de le mettre en œuvre avant les élections israéliennes, qui auront lieu le 27 octobre, et les élections de mi-mandat américaines, qui sont prévues le 3 novembre.
« Ils y travaillent, mais ce n’est pas encore au point », a confié une source à Axios. Il faudra probablement encore quelques semaines pour finaliser la proposition, a-t-elle ajouté.
Présenté comme une stratégie d’après-guerre, ce projet suppose la fin du conflit avec l’Iran, un objectif que les États-Unis peinent à accomplir selon leurs propres conditions depuis qu’ils ont déclenché la guerre aux côtés d’Israël il y a plus de six mois.
Ce plan envisage la formation d’une alliance régionale, avec les États-Unis comme garant, a indiqué un responsable américain à Axios, sans préciser quelles seraient les implications concrètes d’une telle mesure. Le projet prévoit également un effort à l’échelle régionale pour mettre en œuvre le plan de désarmement du Hamas à Gaza élaboré par le Conseil de paix, lequel est actuellement dans l’impasse en raison de l’opposition du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Le plan prévoit un accord de sécurité entre Israël et la Syrie ainsi que la poursuite de la mise en œuvre de l’accord-cadre négocié par les États-Unis entre Israël et le Liban, précise également le site d’information.
Ces deux accords exigeront sans doute d’Israël qu’il se retire des zones tampons qu’il a établies en Syrie et au Liban.
Le plan prévu entend également élargir les Accords d’Abraham, notamment par le biais d’un accord de normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite, annoncé de longue date.
Ce dernier objectif sera particulièrement difficile à atteindre : Ryad exige en effet la mise en place d’une procédure irréversible menant à la création d’un État palestinien – une option que Netanyahu et bon nombre de ses rivaux politiques ont totalement écartée.
« L’idée est de créer un lien entre différents éléments de la région, d’établir un équilibre régional après la guerre. On ignore encore si tous les alliés des États-Unis dans la région y adhéreront », a déclaré la source à Axios.
Si certains responsables américains ont reconnu que les résultats des prochaines élections à la Knesset auront probablement des répercussions sur les chances de succès de cette initiative, ils insistent sur le fait que l’administration ira de l’avant, quel que soit le gouvernement en place à Jérusalem.
Le New York Times a quant à lui rapporté vendredi que de récents rapports des services de renseignement américains suggèrent que l’Iran se sent de plus en plus sûr de lui et qu’il pourrait se préparer à une escalade significative ; ils soulignent la difficulté de parvenir à un accord mettant formellement fin à la guerre.
Le président minimise le conflit actuel avec l’Iran
Vendredi, Trump a qualifié le conflit en Iran de « gnognotte » et pris la défense du vice-président JD Vance, qui avait affirmé que les attaques sporadiques qui se succèdent depuis des mois au Moyen-Orient ne constituaient pas une « guerre ».
Interrogé à l’occasion d’un échange dans le Bureau ovale quant aux propos tenus par Vance la veille, Trump a fait remarquer que les frappes américaines contre l’Iran étaient désormais « occasionnelles » et il a semblé vouloir minimiser l’intensité de cette guerre qui a coûté plus de 37,5 milliards de dollars aux contribuables américains et qui a causé la mort de 18 membres des forces armées américaines.
« Je comprends ce qu’il veut dire », a expliqué Trump. « J’appelle cela un conflit militaire ; pour nous, c’est de la gnognotte. Ce n’est pas grand-chose », a-t-il ajouté.
Jeudi, lors d’un point presse à la Maison Blanche, Vance a rejeté l’utilisation du terme « guerre » pour décrire les affrontements entre les États-Unis et l’Iran. Il s’est également refusé à prédire que ce conflit, qui a débuté il y a six mois, pourrait prendre fin avant les élections de mi-mandat, qui sont prévues en novembre, au cours desquelles les républicains tenteront de conserver leur faible majorité au Congrès.
« Je n’appellerais pas cela une guerre », a déclaré Vance, interrogé lors d’un point presse à la Maison Blanche sur une éventuelle fin des combats avant les élections législatives du 3 novembre. « Pour l’instant, il n’y a pas de combats en cours. »
Cette affirmation de Vance est intervenue alors même que l’Iran a ouvert le feu jeudi sur le Koweït, un allié des États-Unis dans le Golfe, en représailles aux frappes américaines menées contre l’Iran en début de semaine.
Vendredi, Trump, lors d’un échange avec les journalistes, a également précisé que le nombre de victimes américaines dans cette guerre contre l’Iran était relativement inférieur au bilan d’autres conflits récents auxquels les États-Unis ont pris part. En effet, depuis le début de ce conflit le 28 février, les États-Unis, à l’instar d’Israël, se sont contentés de mener des frappes aériennes, sans déployer de forces terrestres sur le territoire iranien.
« Nous sommes intervenus au Venezuela, et nous avons réussi. Au Venezuela, nous n’avons perdu personne », a affirmé Trump, en référence à l’opération menée en janvier par l’armée américaine pour capturer l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro et le transférer à New York afin qu’il y soit jugé pour trafic de drogue au niveau fédéral. « Ici, nous avons perdu 18 personnes. Au Vietnam, nous en avons perdu 100 000. Et dans d’autres conflits, nous en avons perdu plusieurs dizaines de milliers. »
Au total, selon les archives nationales américaines, ce sont 58 220 membres des forces armées américaines qui ont perdu la vie pendant la guerre du Vietnam.
Interrogé par un journaliste sur le fait d’avoir qualifié le conflit de « gnognotte » alors que 18 militaires américains avaient été tués, Trump a réitéré son argument selon lequel ce conflit – qui, avait-il déclaré au début de la guerre, ne durerait que quelques semaines – avait permis de neutraliser le programme nucléaire iranien.
« L’Iran ne possédera pas d’arme nucléaire, car s’il en avait une, vous ne seriez probablement pas là », a répondu Trump, avant de rappeler que les États-Unis pourraient frapper « très bientôt » le site nucléaire iranien de la montagne de la Pioche – comme il menace de le faire depuis plusieurs mois.
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