Les fonds d’une ONG américaine qui finance des groupes anti-israéliens s’effondrent
Les contributions versées à la Wespac ont chuté de 68 %, sous le poids des poursuites judiciaires et des pressions du Congrès liées à son soutien à des groupes comme National Students for Justice in Palestine
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NEW YORK — Une association américaine à but non lucratif qui servait de plateforme financière à d’importants groupes militants anti-israéliens a vu ses ressources financières chuter après une succession de poursuites judiciaires et sous la pression du gouvernement fédéral, selon des déclarations fiscales publiées le mois dernier.
La Westchester People’s Action Coalition Foundation (Wespac) est une association à but non lucratif progressiste et discrète basée dans le comté de Westchester, au nord de New York.
La mission officielle de la fondation Wespac consiste à soutenir « les actions en faveur de la paix, de la justice et d’un environnement durable ».
Fondée en 1974, cette association avait servi de plateforme financière à certains des groupes anti-israéliens les plus en vue aux États-Unis, parmi lesquels National Students for Justice in Palestine, Within Our Lifetime et le Palestinian Youth Movement.
La fondation Wespac gérait les fonds destinés à ces groupes par l’intermédiaire d’un dispositif dit de « parrainage fiscal », dans le cadre duquel une association à but non lucratif collecte des dons pour le compte d’autres groupes qui ne bénéficient pas eux-mêmes du même statut.
Ces dernières années, ses recettes ont bondi, passant de 139 901 dollars en 2019-2020 à près de 4 millions de dollars en 2023-2024, avec notamment une forte hausse après le début de la guerre à Gaza, ainsi que l’indiquent les déclarations fiscales.
La majeure partie des dépenses de la fondation Wespac semble avoir été consacrée à d’autres groupes. Sa précédente déclaration fiscale faisait état de dépenses propres s’élevant à 142 539 dollars, tandis qu’elle déclarait des dons de plus de 1,7 million de dollars, notamment au titre de la « gestion des fonds accordés à diverses organisations ».
L’association ne compte qu’un seul employé rémunéré, dont le salaire s’élève à 62 500 dollars.
Le militantisme anti-israélien radical qui a suivi l’invasion d’Israël et le pogrom perpétrés par le groupe terroriste palestinien du Hamas en octobre 2023 et la guerre qui s’en est suivie à Gaza a souligné l’implication de la fondation Wespac dans le mouvement de protestation.
Une assemblée hétéroclite d’extrémistes
Parmi les groupes affiliés à la fondation Wespac, certains ont salué l’attaque du Hamas, ont organisé des événements en soutien à des groupes terroristes et ont pris pour cibles des patients atteints de cancer, des musées, des lieux de mémoire, des infrastructures de transport et des manifestations festives.
Les violentes manifestations organisées par ses affiliés ont valu à la fondation Wespac d’être poursuivie en justice devant au moins cinq tribunaux à travers les États-Unis.
Des membres républicains du Congrès ont également exercé de fortes pressions sur Wespac, exigeant l’ouverture d’enquêtes par l’IRS et le bureau du procureur général de New York, sur fond d’accusations de soutien au terrorisme.
La loi fédérale interdit aux organisations exonérées d’impôt de soutenir le terrorisme.
Le Département américain de la Justice a pour sa part déposé une déclaration d’intérêt dans une affaire contre la fondation Wespac l’année dernière.
Aucune activité illégale n’a été constatée de la part du groupe.
En janvier 2025, la fondation Wespac a lancé un appel à l’aide financière, et déclaré à ses sympathisants : « La menace qui pèse sur la survie de notre organisation est bien réelle. »
« Depuis le 7 octobre 2023, le travail de la donation Wespac a pris une dimension considérable, alors que l’injustice liée à l’apartheid s’est transformée en génocide à Gaza », peut-on lire dans cet e-mail. « Les forces des ténèbres, qui sont bien financées, nous livrent dorénavant une guerre juridique. »
Le dernier document fiscal de l’association, lequel a été déposé auprès de l’IRS en juillet et publié en ligne le mois dernier, a révélé que les finances de la fondation Wespac avaient souffert de ces pressions.
La déclaration fiscale, qui porte sur les finances de la fondation Wespac entre septembre 2024 et août 2025, fait état d’une baisse des recettes, qui sont passées de 3,98 millions de dollars à 1,26 million de dollars – ce qui représente une diminution de 68 %, principalement au niveau des contributions et des subventions.
La fondation Wespac a annoncé un déficit de 202 598 dollars, contre un excédent de 279 210 dollars l’année précédente.
Les frais juridiques sont passés de 1 400 dollars en 2022-2023, avant la guerre à Gaza, à près de 200 000 dollars l’année dernière.
Le personnel et le conseil d’administration de la fondation Wespac, qui comptaient huit membres en 2022-2023, ne regroupent plus que trois personnes.
Ces turbulences semblent également avoir affecté les parrainages financiers de la fondation Wespac. Selon des pages web archivées, l’association National Students for Justice in Palestine a utilisé la fondation Wespac comme intermédiaire pour ses dons au moins jusqu’en 2024.
Un document judiciaire datant de 2025 indiquait que la fondation Wespac avait commencé à « se dissocier » de l’association National Students for Justice in Palestine à la suite d’une manifestation qui avait bloqué la circulation aux abords de l’aéroport international O’Hare de Chicago l’année précédente, laquelle avait donné lieu à une action en justice.
L’année dernière, la page de dons de l’association National Students for Justice in Palestine a été désactivée ; cette année, le groupe a repris ses collectes via la plateforme Zeffy. On ignore s’il groupe dispose désormais d’un nouveau sponsor fiscal.
Within Our Lifetime, pour sa part, n’accepte plus de dons en ligne.
Le Palestinian Youth Movement a dit accepter des dons par l’intermédiaire d’une association à but non lucratif du Montana, nommée Honor the Earth. La déclaration fiscale de la fondation Wespac de l’année dernière montrait qu’elle avait versé 1 million de dollars au Palestinian Youth Movement via Honor the Earth – sa plus importante contribution.
Le dernier rapport déposé par la fondation Wespac mentionnait deux contributions versées à des groupes anti-israéliens, à savoir 14 158 dollars à Amplify Palestine et 124 663 dollars à United Palestine Appeal. Une somme supplémentaire de 120 684 dollars, versée au titre du parrainage fiscal, a été allouée à un cabinet d’avocats de Chicago chargé de représenter des groupes anti-israéliens.
L’organisation Amplify Palestine a été fondée par Adalah-NY, l’un des anciens bénéficiaires du parrainage fiscal de la fondation Wespac.
À une certaine époque, la fondation Wespac avait parrainé au moins 15 groupes militants anti-israéliens, loin devant toute autre cause, a fait savoir l’Anti-Defamation League.
La fondation Wespac n’a pas répondu à une demande de commentaires.
Parmi les donateurs de la fondation Wespac figurent des groupes progressistes tels que la Sparkplug Foundation, la Tides Foundation et le Solidaire Network.
Qu’est-ce que le parrainage fiscal ?
Le parrainage fiscal offre aux groupes pro-palestiniens la possibilité de recevoir des dons et des subventions déductibles d’impôt sans avoir à fournir les documents fiscaux habituellement exigés des associations à but non lucratif, notamment leur budget de fonctionnement, leur patrimoine, leur personnel et leurs dépenses.
Ce dispositif n’oblige pas le parrain fiscal à dévoiler le détail des organisations pour lesquelles il collecte des fonds. Les finances des groupes anti-israéliens restent donc opaques, difficiles à suivre et non accessibles au public. Si les bonnes pratiques recommandent aux associations à but non lucratif de fournir des précisions sur leurs parrainages fiscaux, la fondation Wespac n’a pour autant pas rendu publics tous ses accords.
Les donateurs peuvent également verser leurs contributions par l’intermédiaire de fonds de dotation, sorte de compte financier à vocation caritative. Après avoir versé des actifs à ces fonds et bénéficié d’une déduction fiscale immédiate, les donateurs peuvent ensuite recommander l’octroi de subventions, à partir de ces fonds, à des associations caritatives. Les contributions passent ainsi du donateur individuel au fonds de dotation, puis à un parrain fiscal tel que la fondation Wespac, avant de parvenir au destinataire du parrainage fiscal.
Ce système augmente l’opacité des registres fiscaux accessibles au public, car les déclarations des fonds de dotation ne mentionnent généralement pas l’identité du donateur individuel. Les registres accessibles au public peuvent donc ne mentionner que la transaction intermédiaire — du fonds de dotation au sponsor fiscal — sans identifier ni le donateur individuel ni le bénéficiaire du parrainage fiscal.
Doug White, conseiller en philanthropie et auteur de cinq ouvrages consacrés aux associations à but non lucratif, a déclaré que le dernier rapport déposé indiquait que la fondation Wespac était « en difficulté », soulignant la réduction de ses programmes et de ses subventions, ses frais juridiques et son déficit, ainsi que la baisse des dons.
La baisse du nombre de membres de son conseil d’administration pourrait suggérer qu’ils « abandonnent le navire avant qu’il ne coule », a-t-il ajouté.
White avait déjà critiqué la fondation Wespac pour son manque de transparence concernant les parrainages fiscaux.
White s’est présenté comme à la fois favorable à Israël et à la cause palestinienne, et partisan des efforts de paix au Moyen-Orient.
« Je souhaiterais que la fondation Wespac réussisse à mener à bien la mission qu’elle s’est fixée », a-t-il déclaré. « Mais si elle s’en écarte, si elle finance des groupes qui sont en réalité, d’une certaine manière, des organisations terroristes, alors je m’y oppose fermement. »
L’association National Students for Justice in Palestine, par exemple, a publié une « boîte à outils » immédiatement après l’attaque meurtrière qui a visé Israël en octobre 2023, alors qu’elle était parrainée par la fondation Wespac, dans laquelle elle qualifiait l’invasion du Hamas de « victoire historique », saluait « la résistance » et invitait à ses membres à manifester leur soutien à l’attaque et à présenter cette offensive comme une « lutte pour la libération nationale ».
« Ils sont en difficulté. Telle est mon évaluation finale, en quelque sorte », a affirmé White.
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