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Les Juifs progressistes alertent sur un projet renforçant le contrôle orthodoxe au Kotel

Les dirigeants de la diaspora disent que criminaliser la prière non orthodoxe au mur Occidental exclurait nombre de fidèles du site le plus sacré, violant des résolutions de la ZOA

Un garçon lisant la Torah pour sa bar-mitsva dans la zone mixte du mur Occidental, à Jérusalem, le 17 novembre 2022. (Crédit : Zone mixte/Facebook) 
Un garçon lisant la Torah pour sa bar-mitsva dans la zone mixte du mur Occidental, à Jérusalem, le 17 novembre 2022. (Crédit : Zone mixte/Facebook) 

Les mouvements juifs progressistes de la diaspora ont exprimé leur indignation face à un projet de loi susceptible d’interdire et de criminaliser la prière non orthodoxe au mur Occidental.

Mercredi après-midi, les députés ont approuvé en lecture préliminaire, par 56 voix contre 47, un texte conférant au Grand Rabbinat le contrôle total des prières dans toutes les parties du mur Occidental. Parrainé par le député d’extrême droite Avi Maoz (Noam), le projet vise à contourner une décision qui a été rendue la semaine dernière par la Cour suprême, qui a ordonné à l’État de moderniser la zone mixte du mur Occidental afin de permettre aux non-orthodoxes d’y organiser des offices mixtes dans une zone distincte du site.

Le texte accorderait aux deux grands rabbins d’Israël – tous deux orthodoxes – l’autorité ultime sur les lieux saints juifs, y compris en ce qui concerne la zone dite Ezrat Israel, désignée pour les prières mixtes. Toute activité contraire à leurs instructions, y compris des offices non orthodoxes, serait alors qualifiée de « profanation ».

La législation actuelle prévoit une peine pouvant aller jusqu’à sept ans de prison pour la profanation d’un lieu saint.

« Ce projet de loi est profondément alarmant », ont déclaré les rabbins Charley Baginsky et Josh Levy, co-dirigeants du Mouvement pour le judaïsme progressiste (MPJ) au Royaume-Uni. « Le mur Occidental n’appartient ni à un courant particulier du judaïsme ni à une coalition politique. C’est un site national sacré qui appartient à l’ensemble du peuple juif. »

« Les gouvernements israéliens successifs ont déjà reconnu ce principe », ont-ils poursuivi dans un communiqué. « Des accords ont été conclus pour garantir un espace de prière mixte au Kotel, et ces engagements ont été renforcés par des décisions de l’Organisation sioniste mondiale (ZOA) et par des institutions de l’Agence juive qui représentent la communauté juive mondiale.

Promouvoir une législation qui interdirait de fait le culte mixte ne constituerait pas un simple ajustement politique : cela risquerait de briser la confiance de millions de Juifs, en Israël comme dans la diaspora », ont conclu les deux responsables. « La liberté religieuse et l’accès équitable aux lieux saints ne sont pas des questions marginales ; ils sont au cœur de la relation entre Israël et la communauté juive mondiale. »

Un homme juif prie dans la section mixte du mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 4 décembre 2025. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Le mouvement réformiste en Amérique du Nord a également dénoncé le projet de loi, le qualifiant « d’affront direct aux Juifs d’Israël, d’Amérique du Nord et du monde entier qui prient dans des espaces mixtes ».

« Les implications mondiales de ce texte ne sauraient être surestimées », indique une déclaration signée par plusieurs organisations réformistes américaines. « En dehors d’Israël, notamment en Amérique du Nord, 85 % des Juifs pratiquent dans des communautés mixtes. Criminaliser ces formes de prière dans le lieu le plus sacré du judaïsme accessible au public éloignerait des millions de Juifs de l’État d’Israël à un moment où l’unité juive est à la fois fragile et essentielle. »

La rabbin Lea Mühlstein, ancienne présidente d’Arzenu, la branche politique des sionistes réformistes et progressistes, a accusé la législation de contrevenir aux résolutions adoptées par les instances juives internationales.

« Lors du Congrès sioniste mondial en octobre, notre coalition a adopté une résolution appelant le gouvernement israélien à rouvrir la section mixte du mur Occidental et à permettre à tous les courants du judaïsme d’y prier conformément à leurs traditions », a-t-elle écrit. « La Cour suprême israélienne a également exigé, dans un arrêt rendu la semaine dernière, que le gouvernement respecte son engagement de fournir un espace accessible et adapté aux prières mixtes au Kotel. »

« Nous ne resterons pas les bras croisés et nous n’accepterons pas cela », a-t-elle assuré. « Nos représentants au sein des institutions nationales israéliennes, ainsi que les Juifs progressistes du monde entier, poursuivront leur combat pour le pluralisme religieux en Israël. »

Sergio Bergman, président de l’Union mondiale pour le judaïsme progressiste (WUPJ), a exprimé des inquiétudes plus larges quant aux implications du projet de loi.

« La question dépasse le cadre du Kotel et révèle un problème plus profond », a déclaré Bergman. « Pour qu’Israël demeure l’État juif de tous les Juifs, il est impératif qu’il ne dérive pas vers une théocratie fondamentaliste. Il est aisé d’imaginer un scénario dans lequel une idéologie ultra-orthodoxe fondamentaliste conduirait à une structure de gouvernance comparable à celle de l’Iran, où des autorités religieuses dominent la vie politique. »

Des rabbins réformés et des partisans de Women of the Wall marchent vers le mur Occidental avec une pancarte protestant contre un projet de loi qui criminaliserait les femmes portant un châle de prière sur le lieu saint, le 22 février 2023. (Crédit : Conférence centrale des rabbins américains)

Les organisations MPJ, Arzenu, Arza, ainsi que la WUPJ et des dirigeants réformistes américains ont lancé une campagne invitant leurs membres à contacter les ambassades israéliennes afin d’exprimer leur opposition au projet de loi.

L’American Jewish Committee (AJC) a déclaré que le mur Occidental et les espaces de prière environnants « appartiennent à l’ensemble du peuple juif ».

« L’AJC milite depuis longtemps pour la création d’un espace de prière mixte près de l’arche de Robinson, permettant à tous les Juifs de se connecter au site conformément à leurs traditions », a indiqué l’organisation. « Préserver cet espace, ainsi que l’engagement d’accès, de dignité et d’inclusion qu’il représente, est essentiel pour honorer à la fois la diversité et l’unité du peuple juif. Nous attendons du gouvernement israélien qu’il respecte ses engagements antérieurs. »

La Fédération juive d’Amérique du Nord (JFNA) n’a pas publié de déclaration publique, mais a indiqué être « pleinement engagée sur cette question ».

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