Approbation d’un projet de loi consolidant le contrôle orthodoxe au mur Occidental
Les haredim saluent le projet de loi donnant au Grand Rabbinat l'autorité sur la prière dans la vieille ville, les progressistes affirment qu'Israël tourne le dos aux non-orthodoxes et à la diaspora
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Mercredi après-midi, les législateurs ont voté en lecture préliminaire – et à 56 voix contre 47 – en faveur d’un projet de loi donnant au Grand Rabbinat le contrôle total sur les prières dans toutes les sections du mur Occidental. Un vote qui a entraîné de vives condamnations de la part des groupes juifs progressistes, qui ont dénoncé une législation « condescendante et antisémite ».
Le projet de loi controversé, qui a été parrainé par le député d’extrême droite Noam Avi Maoz, vise à contourner la décision qui a été rendue jeudi dernier par la Cour suprême, qui a fait savoir que l’État devait procéder à la modernisation de la zone mixte du mur Occidental – ce qui permettrait aux non-orthodoxes de prier dans une partie moins fréquentée du lieu saint. Cette modernisation, qui est au point mort, entrait dans le cadre du compromis qui avait été conclu il y a dix ans par le gouvernement Netanyahu, qui prévoyait la création d’une plate-forme de prière pluraliste sur le site.
Le nouveau projet de loi accorderait ainsi aux deux grands rabbins du pays, qui sont tous les deux orthodoxes, l’autorité ultime sur les lieux saints juifs – y compris au sein du site dit Ezrat Israel, qui a été utilisé comme zone de prière mixte – et il définirait toutes les activités susceptibles de ne pas respecter leurs instructions dans la section, comme le culte non orthodoxe, comme une « profanation ».
La loi actuelle prévoit une peine de sept ans de prison pour la profanation d’un lieu saint.
Il y a quelques jours, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait annulé une réunion de la commission des Lois avec pour objectif d’empêcher le gouvernement d’apporter son soutien au texte, avec pour but évident d’éviter les réactions négatives des Juifs de la diaspora.
Netanyahu a finalement autorisé les membres de sa coalition à voter librement – même si plusieurs députés du Likud, dont Yuli Edelstein et le président de la Knesset Amir Ohana, ont finalement décidé de ne pas participer au vote.
Célébrant l’adoption de son projet de loi qui, selon lui, vise à « préserver » les lieux saints d’Israël, Maoz a expliqué que ce dernier « unifiera le peuple juif, tant en Israël que dans la diaspora ».
Le ministre de la Justice Yariv Levin, qui occupe également le poste de ministre des Services religieux, a lui aussi salué la législation, appelant les députés à l’adopter rapidement afin de « mettre un terme à l’ingérence de la Cour suprême dans la gestion du mur Occidental ».
Le parti ultra-orthodoxe du Shas s’est également réjoui de ce texte – un « rempart » contre « les tentatives de profanation et de violation des règles qui sont pratiquées dans le lieu saint depuis des générations », a-t-il dit – alors que le député Moshe Gafni, du parti Yahadout HaTorah, a présenté le projet de loi comme une « victoire » face au mouvement réformé, qu’il a qualifié de « destructeur du peuple juif ».
Dans un message qui a été publié sur Telegram, le journaliste Amit Segal de la chaîne d’information N12 a cité les propos tenus par le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui aurait déclaré aux membres de son parti d’extrême droite Otzma Yehudit que le projet de loi donnerait aux Juifs un plus grand contrôle sur le mont du Temple adjacent.
Le texte ne fait aucune référence au mont du Temple qui, malgré son importance dans le judaïsme, n’est pas légalement classé comme lieu saint juif. Un porte-parole de Maoz a déclaré au Times of Israel qu’il n’y avait « aucun lien » entre la législation et le Mont du Temple.
En réponse au vote sur la législation — qui va maintenant être discutée plus en détail en commission avant la première des trois lectures nécessaires pour qu’elle soit adoptée — les représentants d’organisations juives progressistes ont condamné les efforts qui visent à consolider le contrôle du rabbinat sur le Mur occidental, les qualifiant d’attaque contre les juifs non orthodoxes et contre la diaspora.
Ce projet de loi est « condescendant et antisémite », a commenté Anna Kislanski, la directrice-générale du Mouvement israélien pour le judaïsme progressiste. « L’État d’Israël s’apprête à criminaliser la prière juive non orthodoxe au mur Occidental. Quelle hypocrisie ! Si une telle loi était adoptée aux États-Unis, en Australie ou en Grande-Bretagne, et qu’elle empêchait les Juifs de prier sous peine d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à sept ans, l’État d’Israël dénoncerait l’antisémitisme, lançant une lutte acharnée ».
Le groupe de prière des Femmes du mur a qualifié ce vote de « jour noir pour le peuple juif », au cours duquel l’État d’Israël « a divorcé de la diaspora juive et lui a ouvertement fait savoir qu’elle n’était pas la bienvenue et qu’elle n’était pas acceptée dans la patrie du peuple juif ».
Le groupe a fait valoir qu’un État prêt à emprisonner des femmes pour avoir lu la Torah au mur Occidental « fait un pas de géant en direction de l’Iran ».
« La loi folle d’Avi Maoz, qui a été approuvée en première lecture, transforme toute personne qui désobéit au Grand Rabbinat en criminel qui doit être jeté en prison », s’est insurgé le député Gilad Kariv, rabbin du mouvement réformé et membre du parti des Démocrates. « Nous ne permettrons pas à Avi Maoz et à Benjamin Netanyahu de cracher au visage de nos frères à travers le monde qui, alors qu’ils font face à une vague d’antisémitisme sans précédent, sont poignardés dans le dos par le gouvernement et la coalition ».
Today’s approval of moving forward with legislation to imprison Jews who pray at the Egalitarian Kotel will always be remembered as a dark day in the history of Zionism and the nation-state of the Jewish people. A day on which 56 MKs raised their hands and told millions of Jews…
— Yizhar Hess יזהר הס (@yizhar_hess) February 25, 2026
« L’approbation aujourd’hui de la législation qui vise à emprisonner les Juifs qui prient dans la zone mixte du Kotel restera à jamais gravée dans les mémoires comme un jour sombre dans l’Histoire du sionisme et de l’État-nation du peuple juif », a convenu Yizhar Hess, vice-président de l’Organisation sioniste mondiale et ancien président directeur général du mouvement Masorti.
« Le Premier ministre de l’État juif doit intervenir publiquement à la suite de ce message horrible qui est envoyé à la majorité des Juifs du monde entier et il doit déclarer : ‘Ce projet de loi ne deviendra jamais une loi’. Comment serait-il possible que la seule démocratie occidentale privée de liberté de religion pour les Juifs soit l’État juif ? »
la Communauté du Times of Israël !







