L’État sommé de faire avancer la rénovation de la zone mixte du mur Occidental
Dans sa décision, la Haute-Cour a stipule que l'État et la municipalité de Jérusalem devaient présenter des mises à jour sur la question d'ici trois mois

La Haute Cour de justice a ordonné jeudi à l’État d’Israël de faire avancer les démarches administratives nécessaires à l’obtention des permis de construire qui permettront de restaurer et de rénover la zone mixte du mur Occidental, à la suite d’une audience qui a été consacrée au sujet dans la journée de mardi. C’était la première fois que les juges se penchaient à nouveau sur le dossier depuis trois ans.
Dans sa décision, la Cour a stipulé que l’État et la municipalité de Jérusalem devaient présenter des mises à jour sur la question dans un délai de 90 jours.
La zone mixte du mur Occidental – qui est également connue sous le nom d’Ezrat Israel – est située à l’extrémité sud-est du mur. Elle n’est pas facile d’accès, notamment pour les personnes en situation de handicap, et elle ne dispose pas d’installations – par exemple, il n’y a pas de toilettes sur le site. Les fidèles qui y prient ne peuvent plus toucher directement le mur depuis 2018.
Lors de l’audience de mardi, les représentants de l’État et de la municipalité de Jérusalem se sont mutuellement reproché les retards pris dans la mise en œuvre d’une directive de 2017 qui visait à moderniser la plate-forme et à rétablir son accès direct au mur Occidental.
L’avocat de la municipalité de Jérusalem a également affirmé qu’un nouvel accord du cabinet était nécessaire pour accorder les permis de construire en vue de la réalisation des travaux – même si le cabinet avait déjà approuvé le travail de modernisation en 2016.
Dans sa décision, le tribunal a précisé qu’aucun accord supplémentaire n’était requis mais que les parties pouvaient toutefois demander une nouvelle autorisation à l’Autorité des antiquités d’Israël.
L’État devra déposer la demande de permis de construire dans un délai de 14 jours et il devra faire appel auprès du Comité de planification et de construction du district de Jérusalem si aucune réponse n’est reçue dans les 45 jours.
Les grands rabbins Kalman Ber et David Yosef ont vivement critiqué la décision de la Cour.
« Les grands rabbins d’Israël considèrent la décision de la Haute Cour avec la plus grande sévérité, car elle a été rendue en dépassant les limites de son autorité et constitue une intervention inappropriée dans le lieu le plus sacré du peuple juif », ont-ils déclaré dans un communiqué. « Il ne s’agit pas d’une question technique, mais d’une question fondamentale concernant le caractère sacré du mur Occidental et la préservation des traditions pratiquées depuis des générations. »
Dans leur communiqué, les grands rabbins demandent à la Cour de « s’abstenir d’intervenir dans les questions sacrées relatives au mur Occidental ».
Par ailleurs, les avocats Ori Narov et Orly Erez-Likhovski, qui représentent le Mouvement réformé en Israël, l’un des requérants, ont salué la décision.
« Cela fait neuf ans que l’État et la municipalité traînent les pieds et refusent de promouvoir une alternative mixte, respectueuse et accessible à Ezrat Israel », ont-ils dit dans un communiquél. « Aujourd’hui, la Cour a ordonné de mettre un terme à cette obstruction. »







