Mur Occidental : autorités locales et nationales s’accusent des retards dans la modernisation
La Haute Cour rouvre le dossier de la zone mixte du mur Occidental et demande pourquoi la décision gouvernementale de 2017 n’a toujours pas été appliquée
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Les représentants de l’État et de la municipalité de Jérusalem se sont mutuellement reproché les retards dans l’application d’une directive visant à mettre aux normes la section de prière mixte du mur Occidental et à rétablir son accès direct au mur lui-même, lors d’une audience de la Haute Cour de justice mardi.
Il s’agissait de la première audience depuis trois ans consacrée aux requêtes portant sur le statut des droits religieux sur ce site sacré, la première de ces requêtes remontant à 2013. Les principaux requérants sont Masorti Israel, affilié au mouvement massorti-conservateur, le mouvement réformiste en Israël et l’organisation Les femmes du mur. Au fil des ans, d’autres groupes et particuliers ont également saisi la cour, notamment des groupes orthodoxes cherchant à empêcher des formes plus libérales d’office de prière.
Comme on pouvait s’y attendre, aucune décision n’a été rendue à l’issue de l’audience, présidée par un panel exceptionnel de sept juges dirigé par le président de la Haute Cour, Yitzhak Amit, au lieu des trois juges habituels, soulignant la sensibilité du dossier.
Lors de la dernière audience sur le sujet en février 2023, le gouvernement avait indiqué à la cour qu’il œuvrait à la réparation et à l’amélioration de la section mixte et prévoyait toujours de mettre en œuvre la décision de 2017 visant à la « construire et à la formaliser ».
En ouvrant l’audience, Amit a souligné que près de dix ans après la directive de Benjamin Netanyahu concernant la place mixte, également connue sous le nom « d’Ezrat Israel », et trois ans après que l’État a reçu l’ordre de faire avancer le projet, la situation reste bloquée.
« Ce que nous allons faire aujourd’hui, c’est recevoir des informations concrètes et comprendre quels sont les obstacles à la mise en œuvre des directives et pourquoi ces questions n’ont toujours pas été résolues », a déclaré Amit, demandant aux avocats de l’État et de la municipalité de Jérusalem de clarifier la situation actuelle.
Présentant les développements intervenus ces trois dernières années, la procureure générale Sharon Rotshanker a évoqué à plusieurs reprises les obstacles posés par la municipalité de Jérusalem à la restauration de la petite plate-forme en bois qui permettait, jusqu’en 2018, aux fidèles de la place sud de toucher le mur Occidental.
En 2018, plusieurs pierres étaient tombées sur la plate-forme, qui est depuis fermée, bien que l’Autorité israélienne des Antiquités ait déclaré la zone sûre en 2020 puis en 2021.
« Il existe une injonction municipale, du moins à notre connaissance, qui empêche les réparations », a déclaré Rotshanker. « La municipalité peut donner davantage de précisions à ce sujet. »
L’avocate a également indiqué que l’État avait tenté de déposer en 2023 deux demandes de permis nécessaires aux travaux, sans succès, la municipalité exigeant une approbation du cabinet pour les accepter.
« Nous parlons de l’endroit le plus sensible et controversé du Moyen-Orient », a déclaré David Halper, avocat de la municipalité. « Notre position, qui fait consensus, est qu’une autorisation du cabinet est requise s’il existe un écart entre le permis initial et la demande actuelle. »
Amit a critiqué le manque de coordination entre l’État et la municipalité et mis en doute la nécessité d’une nouvelle autorisation du cabinet, une approbation ayant déjà été accordée en 2016.
Des années de retard
La place principale du mur Occidental relève de la Western Wall Heritage Foundation, qui gère le site sous l’égide du cabinet du Premier ministre et de l’Autorité des entreprises publiques. L’autorité religieuse compétente est le Rabbinat du mur Occidental, branche du Grand Rabbinat orthodoxe, qui applique l’interprétation la plus stricte de la loi juive.
Selon ces règles, hommes et femmes prient dans des sections séparées. Les femmes ne peuvent ni lire un rouleau de la Torah, ni en apporter dans leur section, ni même diriger un office de prière. Elles ne sont pas non plus comptabilisées dans le quorum de prière, y compris lors d’offices féminins, bien que certaines autorités orthodoxes tolèrent cette pratique.
Depuis des dizaines d’années, l’impossibilité d’organiser des offices de prière mixtes au mur constitue un sujet de tension avec les juifs libéraux d’Israël et de la diaspora, notamment parce qu’aux États-Unis, où vit la plus importante communauté juive en dehors d’Israël, la majorité des juifs ne sont pas orthodoxes.
En 2013, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, qui occupait alors le poste de ministre des Affaires religieuses, avait soutenu la création d’Ezrat Israel comme compromis afin de garantir que les juifs libéraux puissent prier selon leurs coutumes sans modifier le statu quo de la partie la plus emblématique du site. L’accès direct au mur était garanti par une plate-forme plus petite située à côté de la section mixte principale.
Cette initiative n’avait pas suffi à apaiser les tensions.
En 2016, un compromis visant à garantir un statut officiel à la place mixte et un accès depuis la place principale avait été approuvé par le cabinet, mais l’année suivante, alors qu’il devait être mis en œuvre, Netanyahu a cédé à la pression des ultra-orthodoxes et décidé de suspendre indéfiniment l’accord, tout en s’engageant à améliorer les infrastructures du site.
Depuis 2018, la petite plate-forme reste fermée. La place Ezrat Israel se trouve aujourd’hui dans une zone grise juridique : techniquement sous l’autorité du grand rabbin du mur Occidental, mais autorisé à fonctionner comme espace de prières mixtes par décret du Premier ministre.
Des offices de prière mixtes y sont régulièrement organisés, notamment pour des bar– et bat-mitzvot, mais les mouvements libéraux dénoncent le manque d’infrastructures et de reconnaissance, ainsi que l’impossibilité de prier en touchant les pierres du mur, élément considéré comme essentiel de l’expérience.
« Les conditions sur la place sud sont inférieures aux normes », a déclaré l’avocat Ori Nerov, s’exprimant mardi lors de l’audience au nom des groupes juifs libéraux.
Outre l’impossibilité de toucher le mur, Nerov a souligné les difficultés d’accès pour les personnes handicapées, l’absence de toilettes, ainsi que la difficulté à localiser l’entrée de la section mixte du mur Occidental. Il a également rappelé à la cour que dans la section Ezrat Israel, contrairement à la place principale du mur Occidental financée par l’État, les mouvements libéraux doivent assumer eux-mêmes les coûts de nettoyage, de livres, de prières et autres besoins.
« [La section mixte] n’a rien d’officiel, de respectueux ni d’accessible », a-t-il déclaré.
Au cours de l’audience, plusieurs avocats représentant le Grand Rabbinat et d’autres groupes orthodoxes ont contesté la compétence de la Haute Cour dans ce dossier, estimant que la juridiction ne doit pas trancher des questions relatives à la prière et à la loi juive.
Par ailleurs, l’avocate Yifat Solel, directrice-adjointe du groupe de défense des droits religieux Hiddush, s’est exprimée au nom d’un groupe de femmes, pour la plupart orthodoxes, dont la demande, a-t-elle expliqué, n’était pas d’utiliser la plate-forme mixte, mais plutôt d’organiser des offices de prière féminins dans la section des femmes du mur Occidental, avec la possibilité d’y lire un rouleau de la Torah.
Interrogée par un juge sur la possibilité d’organiser de tels offices dans la section mixte du mur Occidental, Solel a répondu que cela ne convenait pas.
« Nous parlons de femmes majoritairement orthodoxes et traditionnelles qui souhaitent prier dans la section des femmes qu’elles considèrent comme leur place », a-t-elle déclaré. « Elles en ont le droit. »
Après l’audience, Masorti Israel, le mouvement réformiste en Israël et les Femmes du mur ont publié une déclaration exprimant l’espoir que la cour ordonne à l’État et aux autorités concernées de cesser de retarder la mise en œuvre des décisions.
« Nous attendons de la Haute Cour qu’elle ordonne à l’État de rectifier rapidement la situation actuelle, dans laquelle les droits de tous ceux qui ne s’alignent pas sur le rabbinat sont violés, afin de créer une alternative véritablement mixte et respectueuse au mur Occidental pour ceux qui représentent la majorité des juifs contemporains », ont-ils déclaré.
la Communauté du Times of Israël !







