7-Octobre: Les manifestants anti-gouvernement dénoncent la loi sur la commission d’enquête politique
Le proche d'un otage assassiné fustige une tentative "populiste et fasciste" de Benjamin Netanyahu visant à éviter la mise en place d'une enquête nationale ; la Knesset devrait procéder au vote en première lecture cette semaine
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Samedi soir, des manifestants anti-gouvernement ont organisé des rassemblements hebdomadaires à Tel Aviv et ailleurs.
Le proche d’un otage qui avait été enlevé le 7 octobre 2023, puis assassiné pendant sa captivité dans les geôles du Hamas, a vivement critiqué le projet de loi de la coalition visant à créer une commission d’enquête composée de membres nommés par les politiques – commission qui serait chargée d’examiner les défaillances qui avaient ouvert la porte au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, le 7 octobre 2023. Cette instance, politiquement connotée, viendrait ainsi remplacer une commission d’État indépendante.
Selon une information publiée samedi, le projet de loi devrait être soumis cette semaine au premier des trois votes en séance plénière de la Knesset.
Une commission nationale indépendante – la plus haute autorité en matière d’enquête en Israël – est composée d’experts indépendants nommés par le président de la Cour suprême. Ce format est plébiscité par les Israéliens dans les sondages s’agissant des investigations nécessaires à mener sur les événements terribles qui avaient eu lieu le 7-Octobre.
Selon le projet de loi, la coalition et l’opposition nommeraient chacune trois membres de la commission politisée, qui compterait six membres au total. Mais même si l’opposition refuse de nommer des membres, comme elle l’a annoncé, la commission pourrait tout de même fonctionner uniquement avec les membres nommés par la coalition, selon ce projet de loi.
Lors d’une manifestation anti-gouvernement qui rassemblait 500 personnes sur la Place Habima, à Tel Aviv, Ayala Metzger, belle-fille de Yoram, 80 ans, a vivement critiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour ne pas avoir demandé la création d’une commission d’État, affirmant que « plus le temps passe, plus les questions s’accumulent ».
« La commission d’enquête politique, populiste et fasciste… serait composée de trois représentants de la coalition et de trois représentants de l’opposition », a déclaré Ayala.
« Si les membres de l’opposition devaient refuser de prendre part à cette manœuvre perverse, les trois membres de la coalition agiraient en tant que commission et ils enquêteraient sur les crimes dont ils sont eux-mêmes responsables. »
À Jérusalem, cinq personnes ont été arrêtées et la police a déployé des agents à cheval pour disperser une manifestation sur la Place de Paris, à proximité de la résidence du Premier ministre. Les participants ont affirmé que leur matériel de sonorisation avait été confisqué. Les cinq personnes interpellées ont ensuite été relâchées.
La police a déclaré dans un communiqué que le rassemblement troublait l’ordre public et que « les manifestants avaient organisé un défilé non autorisé, bloqué des routes et utilisé des haut-parleurs à plein volume avant la fin de Shabbat ».
Selon le journal Haaretz, la saisie du matériel a interrompu un discours prononcé par l’ancien ministre de la Défense, Moshe Yaalon, qui a servi dans un précédent gouvernement Netanyahu, mais qui est depuis devenu un de ses critiques les plus virulents.
Samedi soir également, la chaîne N12 a rapporté que le projet de loi devrait être présenté en première lecture à la Knesset cette semaine.
Ce projet de loi avait franchi une première étape en décembre, mais il a été vivement critiqué par l’opposition, qui s’est engagée à boycotter toute commission créée en vertu de ce texte.
L’opposition a exigé la création d’une commission d’enquête nationale entièrement indépendante du gouvernement, mais sa mise en place nécessite une décision du Conseil des ministres. Le gouvernement s’y est toutefois fermement opposé.
Netanyahu et d’autres ministres ont publiquement affirmé qu’une commission nommée par le président de la Cour suprême, Isaac Amit, ne bénéficierait pas de la confiance du grand public. Il n’a toutefois pas avancé cet argument lors des audiences qui étaient consacrées aux recours déposés devant la Haute Cour de justice pour exiger la création d’une commission d’État, se contentant d’affirmer que seul le gouvernement avait le pouvoir de la créer.
« Le feu qui brûle en moi est plus ardent que les flammes de l’enfer »
Eran Littman, dont la fille Oriya avait été tuée lors du massacre perpétré par le Hamas au festival de musique Nova, était également présent lors de la manifestation anti-gouvernement de samedi. Il a déclaré que la jeune femme de 26 ans avait été « assassinée à cause d’une guerre de religion ».
« Les fanatiques musulmans du Hamas l’ont assassinée », a-t-il affirmé, ajoutant que les lettres laissées par feu le chef du Hamas, Yahya Sinwar, montraient que « les dégâts causés par les fanatiques juifs aux lieux saints musulmans ont déclenché cette guerre sans fin ».
Il a exprimé son mépris à l’égard des efforts livrés par les Haredim qui cherchent à faire adopter une Loi fondamentale assimilant les privilèges des étudiants de yeshiva, exemptés de la conscription, à ceux des Israéliens effectuant leur service militaire obligatoire.
« Ne vous avisez pas de me dire que l’étude de la Torah nous protège », a-t-il déclaré.
« Quiconque osera proférer de telles paroles en ma présence, je l’enverrai six pieds sous terre pour qu’il puisse le dire à ma Oriya. »
« Le feu qui brûle en moi est plus ardent que les flammes de l’enfer », a-t-il ajouté.
Il a précisé que le corps de sa fille avait été récupéré par quatre volontaires haredim du service ZAKA, qui sont « tout aussi héroïques que n’importe quel commando ». Cette diatribe a visé le gouvernement, et non ces bénévoles avec lesquels il s’est depuis lié d’amitié, a-t-il déclaré.
Pendant ce temps, la police est intervenue dans la foule pour mettre fin à une altercation verbale entre Hadar Muchtar, un militant pro-gouvernement qui tentait de filmer la manifestation, et une influenceuse anti-gouvernement en herbe qui essayait de le faire taire.
Tous deux ont été escortés à l’écart et la police a recueilli leur version des faits avant de les laisser partir.
Avant le rassemblement, certains manifestants avaient défilé depuis le Kikar Rabin, à proximité, brandissant des pancartes portant divers messages anti-gouvernement, notamment des slogans contre la guerre et « l’occupation », des messages de campagne pour les partis d’opposition et des appels à la création d’une commission d’enquête nationale sur le 7-Octobre.
« Les membres du gouvernement du pogrom sont aujourd’hui dos au mur », a déclaré Shikma Bressler, cheffe de file des manifestations anti-gouvernement, dans un discours prononcé avant le rassemblement principal.
« Ils voient les sondages et savent quel est leur rôle dans la grande catastrophe qui nous est arrivée et dans la grave détérioration de la situation de l’État d’Israël. »
Plusieurs autres manifestations ont eu lieu dans d’autres villes du pays, notamment à Haïfa, Jérusalem, Beer Sheva et Afula.
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