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Les rassemblements pour les otages du samedi soir remplacés par des manifestations anti-gouvernement

Durant l'événement de vendredi avant le Shabbat, la famille de Ran Gvili, le dernier otage encore retenu, a exigé qu'Israël refuse de passer à la "phase deux" de l'accord de Trump sur Gaza tant que Ran n'aura pas été libéré

Shira Gvili, sœur de Ran Gvili, s'exprime sur la place des Otages à Tel Aviv, le 5 décembre 2025. (Crédit : Lior Rotstein/Forum des Otages)
Shira Gvili, sœur de Ran Gvili, s'exprime sur la place des Otages à Tel Aviv, le 5 décembre 2025. (Crédit : Lior Rotstein/Forum des Otages)

Un seul corps d’otage est désormais encore retenu à Gaza. Les rassemblements hebdomadaires du samedi soir, qui ont marqué la lutte pour la libération des captifs, ont cédé la place à une cérémonie organisée à Tel Aviv, vendredi soir, pour accueillir le Shabbat, au cours de laquelle les membres de la famille de Ran Gvili ont exigé qu’Israël refuse de passer à la deuxième phase du plan de paix du président américain Donald Trump pour Gaza tant que son corps sans vie n’aura pas été rendu.

Par ailleurs, avec la fin des rassemblements pour les otages, ce sont des manifestations anti-gouvernement qui devraient occuper le devant de la scène samedi soir.

Le Hamas, conformément à ses obligations telles que définies dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu à Gaza conclu le 9 octobre, a restitué mercredi le corps de Sudthisak Rinthalak, un agriculteur thaïlandais tué au kibboutz Alumim le 7 octobre 2023, lorsque des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël, tuant plus de 1 200 personnes et enlevant 251 otages.

Le sergent-chef de la police Gvili, tué en combattant les terroristes au kibboutz Alumim, est désormais le dernier otage restant. Il a été capturé lors de l’attaque qui a déclenché la guerre à Gaza.

« C’est le premier Shabbat durant lequel mon Rani est seul », a déclaré Shira, la sœur de Gvili, lors de la cérémonie organisée sur la place des Otages de Tel-Aviv, vendredi après-midi.

Shira Gvili a parlé de son frère au présent, refusant, tant que son corps n’aura pas été rapatrié, d’utiliser le passé ou même de le qualifier de victime.

« Rani est le dernier otage encore à Gaza… mais il est toujours le premier : le premier à aider, le premier à secourir, le premier à sauver. Rani est le premier à avoir enfilé son uniforme bleu et à s’être précipité dans l’enfer », a-t-elle ajouté.

« Rani est également mon numéro un. Il est mon meilleur ami et mon grand frère… Dans mon cœur, Rani occupera toujours la première place. Je vous demande, au moins jusqu’à son retour, de le garder aussi à la première place dans vos cœurs », a-t-elle poursuivi, devant la foule des soutiens de sa famille.

Le sergent-chef Ran Gvili, officier de police. (Crédit : Autorisation)

Elle a également demandé à ce que l’accord de cessez-le-feu à Gaza ne progresse pas tant que le corps de son frère n’aura pas été restitué.

« Ne passez pas à la deuxième phase tant que Rani n’est pas rentré à la maison », a-t-elle affirmé. « Obligez le Hamas à ramener Rani dans le pays qu’il aimait tant. »

L’administration Trump prévoit d’annoncer le passage à la deuxième phase de son plan de paix pour Gaza dans environ deux semaines, a confirmé jeudi un responsable américain au Times of Israel. Au cours de la deuxième phase, Israël procédera à de nouveaux retraits à Gaza. Une force et une administration internationales prendront les rênes de la gestion de la bande de Gaza.

Au cours de la première phase, Israël a procédé à un premier retrait dans la bande de Gaza. Le Hamas a pour sa part libéré les 20 derniers otages vivants et, à ce jour, restitué les corps sans vie de 27 des 28 otages décédés, parmi lesquels un soldat tué au combat lors de la guerre de Gaza en 2014.

Des manifestants sur la place des Otages à Tel Aviv, le 18 octobre 2025. (Crédit : FADEL SENNA / AFP)

En début de semaine, la famille Gvili, invoquant la nécessité de « s’adapter à la nouvelle réalité », a annoncé qu’en tant que dernière famille d’otages, elle avait convenu avec le Forum des familles d’otages et de disparus de mettre fin aux rassemblements de masse organisés depuis deux ans par le forum, le samedi soir.

La famille a fait part de sa décision d’utiliser, pour Ran, le rassemblement du Forum du vendredi après-midi, organisé quasitment toutes les semaines par l’une des communautés des kibboutzim de la région de Gaza. Parmi les personnes présentes ce vendredi figurait l’ancienne otage Yocheved Lifshitz, dont le mari Oded, assassiné, a vu sa dépouille restituée par le Hamas en février dans le cadre du dernier cessez-le-feu à Gaza.

Les militants anti-gouvernement sur la place Habima à Tel-Aviv

En l’absence d’événement du Forum des familles, la manifestation anti-gouvernement prévue sur la place Habima, à environ quatre pâtés de maisons de la place des Otages, devrait être le seul grand rassemblement organisé à Tel-Aviv samedi soir.

Le rassemblement de la place Habima attire certains partis d’opposition et différents groupes de contestataires, depuis les réservistes réclamant la fin des exemptions du service militaire pour les haredim jusqu’aux militants de gauche dénonçant la violence des résidents d’implantations et brandissant des photos d’enfants gazaouis tués.

Les groupes anti-gouvernement ont également fustigé les efforts déployés par le gouvernement visant à ancrer dans la loi l’exemption du service militaire en faveur des haredim, ainsi qu’à affaiblir le pouvoir judiciaire et à le contourner en créant une commission d’enquête sur les défaillances entourant l’attaque du 7-Octobre.

Des manifestants anti-gouvernement réclament la création d’une commission d’enquête nationale sur le pogrom du 7 octobre, rassemblés sur la place Habima, à Tel Aviv, le 22 novembre 2025. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Cette semaine, les mouvements de protestation ont également fait part de leur indignation lorsque le Premier ministre Benjamin Netanyahu a demandé au président Isaac Herzog de mettre fin au procès pour corruption intenté contre lui, sans pour autant reconnaître sa culpabilité.

« Non à l’abrogation du procès de Netanyahu. Non à une commission gouvernementale qui ne ferait que du blanchiment. Non à une loi corrompue dont l’unique objectif est de permettre d’échapper à la conscription », ont déclaré les organisateurs de la manifestation de la place Habima dans un communiqué.

« ‘Vous aurez le même droit, l’immigrant ou l’autochtone’ – une seule loi pour tous », peut-on lire dans le communiqué, qui cite le Lévitique. « Nous nous battrons jusqu’à ce qu’Israël soit une démocratie. »

Samedi soir, les manifestants défileront de l’échangeur Begin-Kaplan, lieu des manifestations de 2023 contre la réforme judiciaire du gouvernement, jusqu’à la place Habima, a indiqué le communiqué.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le président Isaac Herzog assistant à une cérémonie commémorative en hommage aux Éthiopiens décédés lors de leur voyage vers Israël, au mont Herzl, le 5 juin 2024. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)

Maayan Sherman, dont le fils Ron, soldat, a été tué en novembre 2023 durant sa captivité aux mains du Hamas, « dommage collatéral » d’une frappe israélienne selon une enquête de Tsahal, prendra la parole à Habima. C’est Shikma Bressler, figure de proue des militants anti-gouvernement, qui animera le rassemblement.

À Jérusalem, les manifestants anti-gouvernement défileront entre la résidence de Netanyahu, rue Aza, jusqu’à celle de Herzog, rue HaNasi.

Par ailleurs, la municipalité de Haïfa a informé les organisateurs de la manifestation hebdomadaire « People’s Protest » qu’ils ne pourraient plus organiser leurs manifestations au grand échangeur du centre Horev, où elles se déroulent depuis des années, a rapporté le quotidien Haaretz vendredi.

Des manifestants réclament la libération des otages retenus à Gaza, à Haïfa, le 7 septembre 2024. (Crédit : Flash90)

Selon le journal, la municipalité n’a pas fourni de justification « réelle » à cette décision. Elle devrait proposer aux organisateurs d’utiliser la salle Romema, moins centrale. Les organisateurs auraient alors accusé la municipalité de céder à l’extrême droite.

Dans un communiqué à Haaretz, la municipalité a fait savoir qu’elle n’avait pas l’intention d’empêcher les organisateurs de tenir leur manifestation.

« Ils ont été informés que la municipalité s’efforcerait de trouver un nouveau site pour la manifestation », a annoncé la municipalité, ajoutant qu’une réunion avec les organisateurs devrait avoir lieu dans les prochains jours « afin de trouver un nouvel emplacement plus central ».

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