Les États-Unis veulent officialiser sous peu l’entrée en phase 2 du plan pour Gaza
Trump est prêt à nommer les membres des conseils d'administration chargés de gérer Gaza dans l'après-guerre ainsi que les pays qui y déploieront des forces de sécurité, sous réserve du désarmement du Hamas
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L’administration du président américain Donald Trump souhaiterait annoncer le passage vers la deuxième phase de son plan de paix pour Gaza dans environ deux semaines, signe de sa volonté de maintenir le fragile cessez-le-feu négocié entre Israël et le Hamas il y a de cela près de deux mois.
Cette deuxième phase porte sur la mise en place de mécanismes de gouvernance et de sécurité pour l’administration de Gaza dans l’après-guerre en lieu et place du Hamas : Trump révélera le nom des personnes et des pays impliqués dans ces mécanismes dans le cadre de son annonce, a confié jeudi au Times of Israel un membre des autorités américaines, confirmant en cela une information de la chaîne N12.
Selon le responsable américain, l’administration [Trump] est en train de mettre la dernière main aux pourparlers avec les personnes et pays en questions et souhaiterait annoncer la transition vers la phase deux d’ici la fin de l’année, mais il est possible que le processus ne soit pas finalisé d’ici là.
Cela vient du fait que les médiateurs américains et moyen-orientaux – Qatar, Égypte et Turquie – n’ont pas fini de consulter le Hamas au sujet de son renoncement au pouvoir et de son désarmement.
Le Hamas s’est dit prêt à céder le contrôle de Gaza à un gouvernement technocrate palestinien, mais il s’oppose à l’idée que des entités étrangères telles que le Conseil de la paix en prennent la tête et renforcent leur emprise sur l’enclave depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre dernier.
Par ailleurs, le Hamas a dit son refus catégorique de désarmer, réaffirmant ce qu’il estime être son droit à une résistance armée contre la domination israélienne.
Les médiateurs tentent néanmoins de le convaincre d’accepter un plan de désarmement qui commencerait par la reddition d’armes lourdes – roquettes et missiles – et, plus tard, d’armes plus légères, a souligné le responsable américain.
Les médiateurs semblent converger autour de cette approche progressive mais Israël a réagi en rappelant sa demande d’un désarmement immédiat et global avant d’accepter de retirer ses soldats de la bande de Gaza, a-t-il ajouté.
Le plan américain implique l’accord du Hamas à la proposition de désarmement faite par les médiateurs puis celui d’Israël. Une fois ces deux obstacles surmontés, les États-Unis pourraient déployer la Force internationale de stabilisation dans la bande de Gaza dès le début 2026.
Trump lui-même a déclaré, mercredi, que la phase deux commencerait « très bientôt », sans plus de précisions.
Son administration souhaite que la Force internationale de stabilisation se déploie dans un premier temps le long de la Ligne Jaune, qui s’étend pour l’essentiel du nord au sud de l’enclave et la coupe en deux, Israël contrôlant le côté Est et le Hamas, de facto le côté Ouest.
Cette force est supposée se substituer progressivement à l’Armée israélienne au fil du retrait de la ligne Jaune vers la frontière avec Israël, a précisé le responsable américain, après quoi la mission internationale se chargera de la sécurité de l’ensemble de la bande de Gaza.
Certains pays, comme l’Indonésie ou l’Azerbaïdjan, se sont dits prêts à fournir des troupes malgré les circonstances difficiles à Gaza. Ils en ont toutefois retardé l’annonce officielle suite au refus israélien que la Turquie y prenne elle aussi une part active.
Un diplomate moyen-oriental a déclaré au Times of Israel, sous couvert d’anonymat, que les pays envisageant d’envoyer des soldats estimaient que l’inclusion de la Turquie serait pourtant de nature à apporter des garanties. En effet, le Hamas pourrait être moins enclin à ouvrir le feu sur une force comprenant des soldats turcs, dont le pays est à la fois garant de l’accord de cessez-le-feu et soutien du groupe terroriste.
Israël se refuse catégoriquement à toute participation de la Turquie à cette Force internationale de stabilisation en raison de ses liens avec le Hamas et des critiques virulentes de son dirigeant, Recep Tayyip Erdogan, envers Jérusalem et sa conduite de la guerre, n’hésitant pas à comparer Israël aux nazis et l’accusant de génocide à Gaza.
Toujours selon le même responsable américain, l’administration Trump tenterait de convaincre Israël d’accepter que la Turquie joue un rôle dans la gestion de Gaza après la guerre, ce qui, selon elle, ne dissuaderait en rien les pays — Indonésie et Azerbaïdjan en tête — de fournir des soldats à la Force internationale de stabilisation.
Conseil de la paix et technocrates palestiniens
Cette Force internationale de stabilisation aura pour mission de sécuriser les frontières de Gaza et la distribution de l’aide humanitaire et de faire appliquer le désarmement du Hamas tandis qu’un comité de technocrates palestiniens non affiliés au Hamas ou au Fatah sera chargé de gouverner la bande de bande pendant cette transition.
Il revient à Trump de nommer les 12 à 15 membres de ce comité technocratique composé d’experts palestiniens du domaine des affaires et de la gestion installés à Gaza ou tout du moins originaires de l’enclave, a précisé le responsable américain.
Au-dessus de ce gouvernement technocratique se trouvera un conseil de direction international dirigé par l’ex-Premier ministre britannique Tony Blair, composé des plus proches collaborateurs de Trump – Jared Kushner et Steve Witkoff – et d’autres personnalités.
Avec Kushner, Blair a joué un rôle clé dans l’élaboration du plan en 20 points de Trump, cette année.
Le conseil de direction sera à son tour supervisé par le Conseil de la paix, dirigé par Trump et une dizaine de chefs d’État, a indiqué le responsable américain, le président américain ayant déclaré que le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, en ferait sans doute partie.
« Le moment de vérité est proche, dans les toute prochaines semaines. Le Hamas devra décider entre quitter le pouvoir et commencer à désarmer en échange du retrait de Tsahal ou refuser, avec les conséquences que cela emportera », a déclaré un responsable américain cité par la chaîne N12.
Une fois ces conseils de gestion de Gaza établis, les États-Unis pourraient lancer d’importants projets de reconstruction de Gaza.
Les États-Unis souhaitent en effet reconstruire dans la moitié de la bande actuellement sous contrôle israélien, mais ils se heurtent à des résistances de la part des alliés arabes et d’autres donateurs potentiels qui craignent que cela ne rétablisse le statu quo d’une division de Gaza.
Par ailleurs, Israël refuse toute idée de reconstruction de Gaza avant le total désarmement du Hamas, menaçant même de reprendre les hostilités dans l’éventualité où le groupe terroriste n’accepterait pas rapidement.
Israël insiste enfin pour que lui soit rendu par le Hamas le corps du tout dernier otage, comme le prévoit la première phase du cessez-le-feu conclu entre les deux parties le 9 octobre dernier.
la Communauté du Times of Israël !







