Les Saoudiens avertissent Israël qu’annexer la Cisjordanie serait « la ligne rouge »
Ryad pourrait faire une croix sur la normalisation des relations ou fermer à nouveau son espace aérien aux vols israéliens, a rapporté la chaîne N12
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Selon un reportage diffusé dimanche, l’Arabie saoudite a fait savoir à Israël que l’annexion de toute ou partie de la Cisjordanie aurait « des répercussions majeures dans tous les domaines ».
La chaîne N12 a rapporté que Ryad n’avait pas précisé les mesures qu’elle pourrait prendre, mais qu’elle pourrait déclarer la normalisation des relations entre l’Arabie saoudite et Israël comme perdue, ou fermer à nouveau son espace aérien aux vols israéliens après l’avoir ouvert en 2022.
L’annexion pourrait également porter atteinte aux relations discrètes entre les deux pays dans les domaines de la sécurité et du commerce. Le reportage indique également que l’annexion risquerait de compromettre les Accords d’Abraham.
Les Émirats arabes unis ont déjà averti qu’une telle annexion constituerait une « ligne rouge », compromettrait les Accords d’Abraham et mettrait fin à la poursuite de l’intégration régionale.
Les alliés ultranationalistes du Premier ministre Benjamin Netanyahu insistent pour qu’il annexe la Cisjordanie ou certaines parties de celle-ci en réponse à la décision prise cette semaine par plusieurs pays occidentaux de reconnaître un État palestinien. Cette décision fait suite à leur colère face à la gestion par Israël de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas qui dure depuis près de deux ans à Gaza, déclenchée par le le pogrom perpétré par ce dernier le 7 octobre 2023.
Selon N12, des personnes proches du président américain Donald Trump ont indiqué qu’elles ne souhaitaient pas voir cette annexion se produire. « C’est la dernière chose dont ils ont besoin », a déclaré la journaliste Dana Weiss, surtout après que l’armée israélienne a pris pour cible les dirigeants du Hamas réunis à Doha, au Qatar, pays allié des États-Unis.
La chaîne a rapporté que les responsables saoudiens discuteront avec Trump, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies cette semaine, des moyens de mettre fin à la guerre à Gaza et des scénarii pour « l’après-guerre », en présence des dirigeants des Émirats arabes unis, du Qatar, de Jordanie, d’Égypte et de Turquie.
Trump tiendra également une réunion distincte avec les dirigeants du Golfe – d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Qatar, d’Oman, de Bahreïn et du Koweït – qui souhaitent connaître sa position sur la frappe lancée sur le territoire qatari le 9 septembre.
Netanyahu a tenu une réunion dimanche afin de discuter des réponses possibles à la reconnaissance d’un État palestinien par les pays occidentaux. Parmi les mesures envisagées figurent le reclassement de certaines parties de la Zone A de Cisjordanie en Zone B, ce qui reviendrait à révoquer le contrôle sécuritaire palestinien sur ces zones pour ne laisser que le contrôle civil palestinien, et le reclassement de certaines parties de la Zone B en Zone C, ce qui signifierait la révocation du contrôle civil palestinien au profit d’un contrôle israélien total.
D’autres réponses pourraient inclure la fermeture des consulats de certains pays ayant reconnu un État palestinien indépendant, en particulier celui de la France.
Les ministres ultranationalistes Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir n’auraient pas été conviés à cette réunion.
Lors de cette réunion, Netanyahu et le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer ont souligné que, quoi qu’il arrive, une coordination totale avec les États-Unis devait être maintenue.
Ainsi, aucune décision ne sera prise avant le retour de Netanyahu de sa rencontre avec Trump la semaine prochaine, a déclaré le Premier ministre.
Selon le reportage de la chaîne N12, Netanyahu aurait déclaré la semaine dernière au secrétaire d’État américain Mario Rubio, en visite dans le pays, qu’il subissait des pressions de la part de la coalition pour annexer la Zone C, qui représente 60 % de la Cisjordanie.
Rubio aurait répondu que l’objectif actuel doit être de mettre fin à la guerre à Gaza et de récupérer les otages, et rien d’autre.
Pour Netanyahu, dont la coalition s’appuie sur des partis nationalistes de droite, l’annexion pourrait constituer un atout électoral précieux en vue des prochaines élections législatives, prévues en novembre 2026.
De hauts responsables européens ont indiqué à Israël que d’autres États s’apprêtaient à reconnaître un État palestinien et ont averti que l’annexion israélienne serait considérée comme une « punition collective » à l’encontre des Palestiniens et mettrait en péril les Accords d’Abraham, a rapporté la chaîne de télévision.
« Israël commettrait une erreur s’il répondait à notre reconnaissance [d’un État palestinien] par des mesures diplomatiques sévères », ont déclaré des responsables européens à Israël, selon cette source.
« Il serait regrettable que nous soyons entraînés dans une nouvelle riposte. Nous n’accepterons pas l’annexion sans réagir. »
« Si Netanyahu et son gouvernement souhaitent détruire la stabilité que nous avons instaurée au Moyen-Orient, ils en subiront les conséquences. »
Si les Émirats arabes unis pourraient revoir à la baisse leurs relations diplomatiques avec Israël en cas d’annexion de tout ou partie de la Cisjordanie par le gouvernement Netanyahu, ils n’envisageraient pas pour autant de rompre complètement leurs relations, ont déclaré jeudi à Reuters trois sources proches des délibérations de cet État arabe du Golfe.
Mais Ynet a ensuite cité des responsables anonymes du Golfe réfutant cette information. « Si Israël procède à une annexion, quelle qu’elle soit, toutes les options sont envisageables… y compris les plus sévères », auraient déclaré ces sources, faisant référence à la possibilité de rompre les relations avec Israël.
Les sources ont souligné que toute forme d’annexion constituerait une ligne rouge pour Abou Dhabi et représenterait un danger « immédiat » pour l’avenir des relations entre Israël et les Émirats arabes unis.
Les Émirats arabes unis sont l’un des rares États arabes à entretenir des relations diplomatiques avec Israël, et un affaiblissement de ces liens constituerait un revers majeur pour les Accords d’Abraham, une réalisation phare de la politique étrangère de Trump et Netanyahu.
Signe d’une tension croissante avec Israël, l’État du Golfe a décidé la semaine dernière d’interdire aux entreprises de défense israéliennes d’exposer au salon aéronautique de Dubaï, en novembre, ont déclaré trois sources. Deux autres sources, un responsable israélien et un dirigeant de l’industrie de la défense israélienne, ont confirmé cette décision.
Au début du mois, le ministre des Finances, Smotrich, a indiqué que des cartes étaient en cours d’élaboration pour annexer la majeure partie de la Cisjordanie, et a exhorté Netanyahu à approuver ce projet. Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, soutient également cette annexion.
Après avoir noué des liens, les Émirats arabes unis et Israël ont établi une relation étroite, axée sur la coopération économique, sécuritaire et en matière de renseignement. Ces relations ont été précédées par des années de contacts discrets.
Cependant, des divergences sont apparues après le retour au pouvoir de Netanyahu en 2023 à la tête d’un gouvernement qualifié de « le plus à droite de l’histoire d’Israël ». Abou Dabi a condamné les efforts répétés de Ben Gvir pour modifier le statu quo du mont du Temple, également appelé complexe Al-Aqsa, afin de permettre aux Juifs d’y prier. Ce site est sacré pour les musulmans et les Juifs. À ce jour, les non-musulmans peuvent le visiter, mais pas y prier.
Les Émirats arabes unis ont également critiqué les politiques d’Israël en Cisjordanie ainsi que son opération militaire à Gaza, lancée en octobre 2023 après l’invasion du sud d’Israël par le groupe terroriste du Hamas, qui a fait plus de 1 200 morts, pour la plupart des civils, et enlevés 251 otages.
Abou Dhabi a déclaré qu’un État palestinien indépendant aux côtés d’Israël était nécessaire pour assurer la stabilité régionale. Netanyahu a déclaré qu’il n’y aurait jamais d’État palestinien.
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