Espace aérien ouvert : l’Arabie saoudite envoie un signe à Israël – experts
"Une signature imminente par l'Arabie des Accords d'Abraham parait improbable, mais on peut s'attendre à une plus grande coopération en coulisses", estime Torbjorn Soltvedt
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L’autorisation donnée par l’Arabie saoudite aux avions israéliens de survoler son espace aérien, une décision qualifiée d’ « historique » par le président américain Joe Biden, est un signe officiel d’une possible ouverture du royaume envers Israël, selon des experts.
L’Autorité de l’aviation civile saoudienne a annoncé vendredi l’ouverture de son espace aérien à « tous les transporteurs », remplissant les conditions réglementaires de survol, à quelques heures de l’arrivée de Joe Biden dans la monarchie du Golfe.
M. Biden arrive dans l’après-midi à Jeddah dans l’ouest du royaume, à bord d’un vol direct en provenance de Tel-Aviv, le premier du genre entre Israël et l’Arabie saoudite qui ne reconnaît pas officiellement l’Etat hébreu.
Cette décision « historique » peut « contribuer à créer un élan en vue d’une intégration plus poussée d’Israël dans la région », a déclaré le président américain.
Pour le Premier ministre israélien Yaïr Lapid, il « s’agit seulement d’un premier pas », résultat de « longues, intenses et secrètes tractations diplomatiques » entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, des pays alliés.
Chef de file des monarchies arabes du Golfe et poids lourd régional, l’Arabie saoudite a toujours conditionné une normalisation avec Israël à un règlement du conflit israélo-palestinien et à la création d’un Etat palestinien, aux côtés d’Israël.
L’ouverture de l’espace aérien aux avions israéliens a été présenté par Ryad comme un « moyen de « consolider la position du royaume en tant que hub mondial ».
Mais pour l’expert Torbjorn Soltvedt, du cabinet d’analyse de risque Verisk Maplecroft, « il marque une nouvelle étape vers l’objectif final de normaliser les relations entre l’Arabie saoudite et Israël ».
Le royaume saoudien n’avait manifesté aucune opposition lorsque son allié régional, les Emirats arabes unis, avait normalisé ses relations avec Israël en 2020, suivi par Bahreïn et le Maroc, dans le cadre des accords d’Abraham négociés par les Etats-Unis de Donald Trump, le prédécesseur de Joe Biden.
Peu après l’annonce des accords d’Abraham, l’Arabie saoudite avait autorisé le survol de son territoire par un avion israélien en route vers Abou Dhabi, et avait annoncé que les vols depuis les Emirats à destination de « tous les pays » pouvaient survoler le royaume.
« Une signature imminente par l’Arabie des Accords d’Abraham parait improbable, mais on peut s’attendre à une plus grande coopération en coulisses », estime Torbjorn Soltvedt.
Un autre accord pourrait ainsi être annoncé à propos de deux îlots stratégiques en mer Rouge, Tiran et Sanafir, actuellement aux mains de l’Egypte, qui permettent de contrôler l’accès au port israélien d’Eilat.
Les deux îlots ont été rétrocédés par l’Egypte à l’Arabie saoudite mais la transaction doit être approuvée par Israël en vertu du traité de paix de 1979 entre l’Egypte et l’Etat hébreu.
Vendredi, des sources proches du dossier en Israël ont affirmé à l’AFP que ce pays n’avait « aucune objection » au transfert des deux îlots à l’Arabie saoudite, considéré comme un pré-requis à un éventuel processus de normalisation entre ces deux pays.
Il y « a un changement majeur dans la façon de penser des Saoudiens » sous l’influence du prince héritier et homme fort du royaume, Mohammed ben Salmane, affirme Dan Shapiro, ancien ambassadeur des États-Unis en Israël et membre du cercle de réflexion The Atlantic Council.
« La normalisation pourrait prendre du temps, et se faire en plusieurs phases », mais elle apparaît presque « inévitable », ajoute-t-il.
Avant le voyage du président américain au Moyen-Orient, le premier depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Washington avait laissé entendre que davantage de pays arabes pourraient nouer des relations avec Israël, alimentant les spéculations à propos de l’Arabie saoudite, rivale régionale de l’Iran, pays ennemi des Etats-Unis et d’Israël.
En mars dernier, dans un entretien au journal américain The Atlantic, le prince héritier saoudien avait parlé d’Israël comme d’un « allié potentiel », soulignant des intérêts communs entre les deux Etats.
« Mais nous devons résoudre certains problèmes avant d’en arriver là (…). Nous espérons que le conflit entre Israéliens et Palestiniens soit résolu », a-t-il dit.
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