Le président iranien Masoud Pezeshkian a expliqué à Al Jazeera que le Qatar et le Pakistan continuaient de jouer un rôle de médiateurs entre Washington et Téhéran – notant toutefois que son pays a perdu confiance en les États-Unis en tant que partenaire de négociation.
« Nous n’avons plus confiance en Washington après les attaques et les sanctions qui ont suivi toutes les négociations », a dit Pezeshkian dans le cadre d’une interview. « Le Qatar et le Pakistan jouent actuellement le rôle de médiateurs entre l’Iran et les États-Unis et ils transmettent nos messages à Washington ».
Des pourparlers qui s’appuient sur le protocole d’accord éphémère que les États-Unis et l’Iran avaient signé au mois de juin dernier et qui a ensuite échoué en raison de différends concernant le détroit d’Ormuz, a noté Pezeshkian.
« La résolution de la crise autour du détroit n’est possible que par la négociation, et non par le recours à la force », a-t-il affirmé, ajoutant que la sécurité sera assurée grâce à la coopération régionale et que « nous n’avons pas besoin d’un gendarme régional ».
« Nous avons résisté aux attaques américano-israéliennes et nous continuerons à tenir bon », a-t-il continué.
Pezeshkian a également nié toute implication de l’Iran dans la reprise des combats entre l’Arabie saoudite et les rebelles houthis du Yémen, qui sont soutenus par Téhéran.
« L’Iran est prêt à contribuer à la résolution du conflit saoudo-yéménite », a-t-il dit, ajoutant que l’Iran « n’aidera pas à déclencher des guerres dans la région ».
Dans une autre interview qui a été accordée à CBS, Pezeshkian a aussi confié que le Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, était « en parfaite santé ».
« Il n’a aucun problème de santé », a déclaré le président, invoquant sa propre formation de médecin.
Khamenei n’a pas été aperçu en public depuis qu’il est devenu guide suprême, après que son père et prédécesseur, Ali Khamenei, a été tué lors des premières frappes de l’offensive américano-israélienne qui avaient eu lieu le 28 février. Le jeune Khamenei avait, semble-t-il, été blessé lors de cette attaque.
Pezeshkian a dit avoir depuis rencontré à deux reprises le nouveau guide suprême, la deuxième rencontre ayant duré « plus de sept heures », selon une transcription qui a été fournie par CBS.
Alors que la chaîne lui demandait si « ses jambes et son visage s’étaient rétablis » et s’il était « capable de s’asseoir par terre » lors de ses entretiens avec Pezeshkian, le président a répondu par l’affirmative aux deux questions.
« Nous avons changé d’angle et de position, nous avons croisé les jambes, etc. Mais, bien sûr, il était en assez bonne santé pour pouvoir supporter toutes ces heures dans cette situation », a affirmé Pezeshkian.