Les Saoudiens pourraient envisager le développement d’armes nucléaires – médias américains
Un groupe de sénateurs démocrates, au Congrès, a dit à Rubio que les termes de l'accord « permettront certainement à Ryad d'acquérir les moyens d'enrichir de l'uranium » et, partant, de pouvoir mettre au point une bombe atomique
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Selon certaines informations, le Congrès américain aurait reçu une note confidentielle émanant des services de renseignement, selon laquelle l’Arabie saoudite n’aurait pas écarté la possibilité de développer un programme d’armement nucléaire.
Washington et Ryad ont confirmé en juillet avoir conclu un accord qui pourrait permettre au royaume de se doter de capacités d’enrichissement d’uranium dans le cadre de son programme nucléaire civil.
Des parlementaires américains des deux partis et des responsables israéliens ont fait part de leur profonde inquiétude face à un tel projet, craignant en effet que l’Arabie saoudite ne finisse par s’en servir pour développer une arme nucléaire ; toutefois, il semble peu probable que le Congrès, à majorité républicaine, en bloque la mise en œuvre.
Selon un article du Washington Post, un groupe de sénateurs démocrates, mené par Ed Markey (Massachusetts) et Jeff Merkley (Oregon), a adressé vendredi une lettre au secrétaire d’État Marco Rubio dans laquelle il met en garde contre cette rupture avec la pratique antérieure, laquelle pourrait déclencher un processus « qui permettra presque certainement à Ryad d’acquérir les moyens nécessaires pour enrichir de l’uranium et, à terme, de développer une arme nucléaire ».
Merkley a expliqué au journal que la situation était « complètement absurde » ; il a fait valoir que les demandes saoudiennes semblaient indiquer que les intentions du royaume en matière de programme nucléaire allaient bien au-delà d’une application civile.
« S’ils avaient renoncé à leurs projets de développement d’une arme nucléaire, alors ils devraient aussi renoncer à leurs capacités nationales d’enrichissement et de retraitement, n’est-ce pas ? Ils auraient accepté des inspections approfondies de l’AIEA », a-t-il affirmé, évoquant l’agence de surveillance nucléaire de l’ONU par son acronyme.
Markey a par ailleurs fait le lien entre ses inquiétudes et la guerre en cours avec l’Iran. Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a en effet déjà déclaré que Ryad chercherait à se doter de l’arme nucléaire si Téhéran y parvenait.
« Il apparaît clairement, à mesure que cette guerre en Iran évolue, que les Iraniens sont prêts à défendre farouchement leur capacité à développer un programme d’armement nucléaire. Par conséquent, toute mesure que nous prendrions en Arabie saoudite ne ferait qu’accélérer davantage la course aux armements nucléaires dans la région », a estimé Markey.
Dans leur lettre, les sénateurs démocrates ont également pointé du doigt les responsables de l’administration Trump qui, ont-ils fait remarquer, tireraient profit de cet accord.
« Jared Kushner, par exemple, a accepté un investissement de 2 milliards de dollars d’un fonds souverain saoudien après avoir quitté la Maison Blanche à la fin du premier mandat de Trump », peut-on lire dans la missive.
« Westinghouse Electric, quant à elle, devrait engranger des dizaines de milliards de dollars si cet accord était conclu. L’actionnaire majoritaire de Westinghouse est étroitement lié à Newmark, la société immobilière dirigée et détenue en partie par les fils du secrétaire au Commerce Howard Lutnick. »
Ryad n’a pas répondu directement aux questions du Washington Post et s’est contenté de relayer une déclaration antérieure de son ministre de l’Énergie, qui insistait sur le caractère « pacifique » de son projet.
Le Département d’État américain a fait savoir que Washington « ne soutient pas et ne soutiendra pas un programme d’armement nucléaire saoudien », et a défendu sa décision. Le Washington Post a indiqué que l’évaluation du Département d’État jointe aux documents classifiés se montrait bien plus optimiste quant aux garanties prévues par l’accord et aux promesses du gouvernement saoudien.
La CIA a également refusé de commenter.
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