Urich, collaborateur du Premier ministre, crée un outil IA de veille des médias, provoquant une faille de sécurité
Selon Haaretz, l'outil envoyait des résumés des articles sur les Netanyahu à des groupes WhatsApp ; accessible à tous en ligne, il exposait des données sensibles comme les numéros de téléphone de hauts responsables
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Selon un article du quotidien Haaretz, Jonatan Urich, proche collaborateur du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a mis au point un système basé sur l’intelligence artificielle destiné à surveiller les informations parues dans les médias concernant le chef du gouvernement et son épouse. Une initiative qui a conduit à une faille de sécurité, laissant filtrer des informations sensibles, avant que le système ne soit désactivé.
Cet outil d’IA, développé par Jonatan Urich à l’aide du moteur Claude d’Anthropic, scanne automatiquement une cinquantaine de sources d’information toutes les 90 secondes, puis envoie des résumés instantanés des articles vers l’un de deux groupes WhatsApp : l’un consacré à l’ensemble de l’actualité concernant le Premier ministre et son parti Likud, et l’autre spécifiquement dédié aux mentions de Sara Netanyahu, a précisé Haaretz.
L’outil, mis en ligne par Urich sur le site de partage de code GitHub, n’était pas chiffré. Il était donc entièrement accessible à tous les internautes, ce qui a provoqué la divulgation d’informations confidentielles, notamment les numéros de téléphone privés de hauts responsables, a indiqué l’article. Il utilisait également un jeton non chiffré – une clé donnant accès aux données des groupes WhatsApp, et permettant à n’importe qui d’envoyer des messages à la place du bot.
Tel était du moins le cas jusqu’à ce que Haaretz contacte Urich pour obtenir ses commentaires. Celui-ci a alors restreint l’accès au compte GitHub, rendant l’outil inaccessible au public sur le site.
D’après le quotidien, l’outil fonctionnait en continu au moins depuis le 1er septembre. En date de jeudi, il avait analysé au moins 19 000 articles de presse.
Parmi les sources analysées par l’outil d’IA figuraient des sites d’information israéliens, notamment le Times of Israel, les comptes de réseaux sociaux de plusieurs grands journalistes, ainsi que des dizaines de comptes de référence en matière de renseignement open source sur Telegram, dont la célèbre chaîne Abu Ali Express.
Le quotidien rapporte que divers mots-clés avaient été fournis à l’outil pour qu’il les surveille. Parmi ceux-ci, les noms de Netanyahu, de son épouse et d’autres personnalités politiques de premier plan du pays, notamment ses adversaires électoraux Gadi Eisenkot, Yair Golan, Naftali Bennett, Yair Lapid et Avigdor Liberman, ainsi que les noms de la dizaine de partis dominant la scène politique israélienne.
L’outil est conçu pour attribuer aux articles un score pondéré fondé sur un indice créé par Urich, lequel classe les articles par ordre d’importance, en donnant la priorité aux articles provenant de médias grand public tels que N12, Ynet et Kan par rapport à la Quatorzième chaîne, qui est favorable à Netanyahu.
L’application a également pour mission de surveiller tous les sondages électoraux publiés par les médias israéliens, et synthétise leurs résultats dans les groupes WhatsApp associés à l’outil d’IA.
Urich a en outre programmé l’outil pour qu’il envoie une suggestion de réponse aux médias pour chaque article. Sur le compte GitHub accessible au public, on peut lire l’invite suivante : « Pour chaque information qui nécessite un commentaire, rédigez une phrase factuelle et précise résumant l’information, expliquez en une phrase pourquoi elle est importante pour nous, et indiquez s’il faut y répondre et comment. »
Selon Haaretz, un composant central de cet outil d’IA était défectueux. Les données montrent qu’il souffrait de plusieurs dysfonctionnements, et qu’il réussissait rarement à accomplir la tâche qui lui était assignée.
Urich, qui a occupé pendant des années le poste de proche conseiller de Netanyahu, a été mis en examen le 11 juin dernier pour avoir transmis des informations classifiées dans l’intention de porter atteinte à la sécurité de l’État, en raison de son implication dans la fuite de documents confidentiels dans la presse. Cette accusation concerne le rôle d’Urich dans la divulgation d’un document classifié provenant des services de renseignement militaire de Tsahal au journal Bild en septembre 2024, semble-t-il dans le cadre d’une tentative destinée à étayer l’affirmation de Netanyahu selon laquelle c’était le Hamas – et non le Premier ministre – qui empêchait la conclusion d’un accord pour la libération des otages retenus à Gaza.
Urich est également mis en cause dans l’affaire dite du Qatargate, dans laquelle lui-même et d’autres conseillers de haut rang de Netanyahu sont soupçonnés d’avoir été payés pour mener une campagne de relations publiques visant à présenter le Qatar sous un jour favorable pendant plus d’un an après le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, alors même que cet État du Golfe hébergeait le groupe terroriste.
Les scandales du Bild et du Qatargate constituent désormais de lourds fardeaux politiques pour Netanyahu ; ils ont notamment suscité des accusations de la part de ses détracteurs quant à des conflits d’intérêts présumés et à des faits de corruption parmi ses plus proches conseillers.
la Communauté du Times of Israël !







