Levin s’engage à faire avancer un projet de loi qui retarderait le procès de Netanyahu
La loi permettrait au ministre de la Défense de limiter les audiences judiciaires en temps de guerre ; les chefs de l'opposition accusent Levin de revenir à son programme de réforme judiciaire et s'engagent à s'opposer au projet de loi
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Mercredi matin, le ministre de la Justice Yariv Levin a fait savoir qu’il apporterait son soutien à un projet de loi controversé qui autoriserait le ministre de la Défense à réduire ou à limiter le nombre d’audiences dans le cadre du procès pénal en cours contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Selon Levin, ce projet de loi permettrait à Netanyahu de consacrer son temps à des questions d’État, ajoutant que le Premier ministre n’aurait d’ailleurs jamais dû être traduit en justice.
Les chefs de l’opposition, pour leur part, ont fustigé cette décision, la décrivant comme une tentative de la coalition de clore le procès de Netanyahu et de relancer le programme de réforme judiciaire porté par le gouvernement, visant à atténuer les contraintes juridiques pesant sur le pouvoir exécutif.
Ces commentaires de Levin interviennent après la reprise, dans la matinée, du procès de Netanyahu pour corruption, qui se tient devant le tribunal de district de Tel Aviv, où plusieurs ministres et députés du Likud se sont rendus, dans le cadre d’une manifestation coordonnée de soutien au Premier ministre.
Le témoignage de Netanyahu devait durer jusqu’à 16h30. Mais le Premier ministre s’est plaint de toux et d’un rhume. Les juges ont donc accepté de mettre fin à l’audience plusieurs heures plus tôt qu’initialement prévu.
C’est Ariel Kallner, député du Likud et partisan de la ligne dure, qui a rédigé le projet de loi que Levin souhaite appuyer – un projet qui n’a pas encore été soumis à la Knesset.
Cette nouvelle loi permettrait au ministre de la Défense de réduire ou de limiter le nombre d’audiences dans un procès pénal en temps de guerre ou en état d’urgence, si une telle mesure était jugée nécessaire pour des raisons de sécurité, et après consultation du ministre de la Justice.
« Ce matin, au lieu de poursuivre sa lutte acharnée pour [assurer] le retour de tous les otages assassinés, désarmer le Hamas et étendre le cercle de la paix, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a été forcé de comparaître devant la cour et de répondre à des questions absurdes à propos de champagne et de cigares », a affirmé Levin, faisant référence à certaines des accusations portées contre Netanyahu, qui est poursuivi pour corruption, fraude et abus de confiance.
Levin a également annoncé qu’il soumettrait le projet de loi de Kallner à l’approbation du Comité ministériel chargé de la législation – qui décide si le gouvernement soutiendra ou non une loi – dès qu’il aura été présenté à la Knesset.
Les figures de l’opposition ont toutefois fustigé Levin pour son soutien au projet de loi, jurant qu’ils s’y opposeront.
« Ceux qui s’imaginent qu’ils peuvent nous faire passer de la guerre à Gaza à une guerre civile n’ont tiré aucune leçon des événements. Ils déshonorent le sacrifice des meilleurs de nos fils et de tout le peuple d’Israël au cours de ces deux terribles années », a déclaré Benny Gantz, chef du parti HaMahane HaMamlahti-Kakhol Lavan.
Le chef des démocrates, Yair Golan, a pour sa part souligné que les commentaires de Levin signifiaient que le pays était « revenu au 6 octobre », une période marquée par de profondes divisions politiques et sociales dans le pays, avant que le gouvernement ne suspende une partie de son programme de réforme judiciaire en raison de la guerre contre le Hamas.
« La lutte ne prendra fin que lorsque nous aurons mis en place un nouveau gouvernement et une commission d’enquête [sur l’invasion et les massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre] », a affirmé Golan.
Mercredi matin, des ministres et des députés du Likud se sont rendus au tribunal de Tel Aviv, afin de manifester publiquement leur soutien à Netanyahu à l’occasion de la reprise de son procès, qui entre désormais dans sa sixième année.
Leur présence fait suite à un appel à assister au procès, lancé mardi soir au sein du Likud, ont rapporté les médias israéliens.
Cette reprise intervient de surcroît deux jours après que le président américain Donald Trump a demandé au président Isaac Herzog de gracier Netanyahu, lors de son discours à la Knesset.
Le ministre de l’Économie Nir Barkat, la ministre de la Protection de l’environnement Idit Silman, le ministre des Communications Shlomo Karhi et les députés Osnat Mark, Nissim Vaturi et Kallner se sont présentés au tribunal de Tel Aviv, après avoir essuyé les critiques d’un groupe de manifestants opposés à Netanyahu, qui se rassemblent devant le tribunal à chaque jour d’audience.
Netanyahu, au cours de l’audience, a été vu en train de tousser. Il a expliqué que son rhume « refusait de guérir », et que son médecin lui avait recommandé de prendre quelques jours de repos ou, tout au moins, de raccourcir ses journées de travail.
L’audience devait initialement se terminer à 16h30. Mais vers midi, Netanyahu a demandé aux juges, qui ont accepté, de ne poursuivre son témoignage que durant une heure ou deux.
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