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Levy et Baharav-Miara fustigent Ben Gvir qui a bloqué la promotion d’une policière impliquée dans l’Affaire 4 000

Le chef de la police demande à la Cour de le laisser promouvoir la commissaire Rinat Saban ; la procureure générale accuse le ministre de la Sécurité nationale de bafouer l'État de droit et la démocratie

La commissaire Rinat Saban s'exprimant sur des questions policières, dans une vidéo diffusée fin 2021. (Crédit : Police israélienne)
La commissaire Rinat Saban s'exprimant sur des questions policières, dans une vidéo diffusée fin 2021. (Crédit : Police israélienne)

Le chef de la police israélienne Daniel Levy et la procureure générale, Gali Baharav-Miara ont vivement critiqué mardi le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, dans des documents judiciaires, lui reprochant d’avoir entravé la promotion d’une policière impliquée dans l’affaire de corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu, l’Affaire 4 000.

Ces documents ont été joints à un recours déposé auprès du tribunal de Jérusalem par la commissaire Rinat Saban, une haute gradée de la division des enquêtes et des renseignements de la police, qui a témoigné contre Netanyahu devant le tribunal plus tôt cette année.

Ben Gvir bloque depuis des mois la promotion de Saban au grade de commissaire principale, alors qu’il l’avait approuvée en décembre 2024 à condition qu’elle suive la formation de commandement et d’état-major de la police. Elle l’a suivie en avril 2025, soit un mois après avoir témoigné contre le Premier ministre devant le tribunal.

Dans les documents judiciaires joints à son recours, le chef de la police a fait valoir que le refus de Ben Gvir de la promouvoir « pourrait semer la peur parmi les policiers qui témoignent dans le cadre d’enquêtes criminelles ».

Selon le recours, cela pourrait « dissuader les policiers dévoués de remplir leur devoir d’enquêter sur des personnalités publiques ou sur la corruption au sein du gouvernement, car cela pourrait inciter les dirigeants politiques à bloquer leur promotion ».

Levy a également demandé au tribunal l’autorisation de passer outre Ben Gvir et de promouvoir Saban, au cas où le ministre de la Sécurité nationale refuserait une éventuelle décision de justice l’y obligeant.

Le chef de la police, Danny Levy, en compagnie du ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, lors d’une cérémonie à l’Académie nationale de police, à Beit Shemesh, le 15 septembre 2025. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)

Dans les documents judiciaires, Baharav-Miara, qui a accusé Ben Gvir d’exercer une influence illégale sur la politique et les nominations de la police, a fait valoir que son refus « sans précédent » d’autoriser la promotion de Saban était motivé par des « considérations politiques » plutôt que par une réelle préoccupation concernant ses capacités.

En refusant d’autoriser cette promotion, Ben Gvir a enfreint « l’État de droit, les principes de la démocratie et la pureté morale dans la fonction publique », a fait valoir le bureau de la procureure générale.

Le recours souligne que le ministre de la Sécurité nationale « n’a pas le droit d’interférer dans les enquêtes policières individuelles, de tenter de les influencer ou d’agir de manière à influencer les enquêteurs et la façon dont ils s’acquittent de leur rôle ».

Saban, dont la promotion a été bloquée par Ben Gvir depuis le début du mois de juin, avait témoigné contre Netanyahu en mars et avait précédemment enquêté sur ses conseillers, Jonatan Urich et Ofer Golan, soupçonnés d’avoir harcelé Shlomo Filber, témoin à charge dans l’Affaire 4 000, la plus grave des trois affaires pour lesquelles le Premier ministre est actuellement jugé pour corruption.

La procureure générale, Gali Baharav-Miara s’apprêtant à prendre la parole lors d’une cérémonie de départ à la retraite du juge de la Cour suprême Yosef Elron, à la Cour suprême, à Jérusalem, le 18 septembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En juillet, Baharav-Miara a accusé Ben Gvir d’avoir pris en compte des considérations politiques dans sa décision de bloquer la promotion de Saban, qualifiant son comportement de « très inhabituel et sans précédent par rapport aux promotions policières passées ».

À l’époque, elle avait averti le ministre dans une lettre que son comportement était « non seulement inapproprié, mais aussi abusif », et avait exigé, en vain, qu’il approuve immédiatement la promotion de Saban, car sa signature n’avait pour but que de valider la procédure et ne lui conférait aucun pouvoir sur le processus de promotion.

En avril, Baharav-Miara et Ben Gvir avaient conclu un accord dans lequel ce dernier s’engageait à limiter son implication dans les promotions au sein de la police ainsi que dans les décisions opérationnelles. Cet accord était une condition préalable posée par la procureure générale pour accepter de défendre Ben Gvir devant la Haute Cour contre les recours demandant son renvoi.

L’accord interdisait à Ben Gvir d’interviewer les officiers jusqu’au grade de commissaire pour une promotion, l’éloignant ainsi du processus de promotion des policiers de rang intermédiaire.

Cependant, une semaine seulement après la conclusion de l’accord, Ben Gvir a nié avoir cédé le pouvoir de nommer et de promouvoir des policiers, insistant sur le fait qu’il avait simplement accepté de ne pas mener d’entretiens avec les agents.

Plus tôt cette année, Ben Gvir avait déclaré qu’il ne proposerait des promotions aux policiers que s’il était convaincu qu’ils mettraient en œuvre ses politiques, notamment la « compassion envers les militants de droite » et la destruction de « villages entiers » construits illégalement par les Bédouins sur des terres appartenant à l’État dans le Néguev.

Charlie Summers a contribué à cet article.

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