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L’ex-chef du Mossad affirme avoir souvent visité le site nucléaire iranien de Fordo

À un forum à Safed, Yossi Cohen déclare que le bombardement américain du site en 2025 était « l'accomplissement de tous mes rêves » ; selon lui, un enrichissement de l'uranium à 60 % est encore loin de permettre de fabriquer une bombe

L'ancien chef du Mossad, Yossi Cohen, s'exprime lors d'une conférence Shurat HaDin à New York, le 27 octobre 2025. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)
L'ancien chef du Mossad, Yossi Cohen, s'exprime lors d'une conférence Shurat HaDin à New York, le 27 octobre 2025. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

L’ancien chef du Mossad, Yossi Cohen, a affirmé mardi s’être rendu à plusieurs reprises, par le passé, sur le site d’enrichissement d’uranium de Fordo, en Iran.

« Nous avons effectué de nombreuses visites sur le site nucléaire de Fordo, afin d’en comprendre le fonctionnement », a-t-il confié lors du Forum de Galilée à Safed, des propos repris par les médias israéliens.

Il n’a pas précisé à quelle période ces visites avaient eu lieu.

« Le bombardement de ce site par les Américains, c’était l’accomplissement de tous mes rêves », a-t-il ajouté.

Ce site, tout comme ceux d’Ispahan et de Natanz, a été gravement endommagé par les frappes menées pas les États-Unis lors de la guerre de douze jours qui a opposé Israël à l’Iran, en juin 2025.

Selon certaines informations, les 440 kilogrammes d’uranium hautement enrichi entreposés dans ces installations ont été ensevelis. Israël estime néanmoins que l’Iran en a transféré une partie vers le site du mont Kharg après cette guerre.

Le site du mont Kharg n’a pas été touché, ni à l’époque ni pendant la dernière guerre, malgré les menaces répétées du président américain Donald Trump de le bombarder.

Cohen a également indiqué qu’ « un uranium enrichi à 60 % est encore loin de permettre de fabriquer une bombe ». Il semble ainsi contredire des experts tels que David Albright, qui assurent qu’un uranium enrichi à 60 % peut potentiellement être enrichi davantage jusqu’à atteindre un niveau d’enrichissement de qualité militaire en quelques semaines, voire en quelques jours.

Aucune autre citation des propos tenus par Cohen à l’occasion de ce forum n’a été communiquée aux médias.

L’année dernière, Trump a affirmé que l’opération de juin 2025 avait « anéanti » les capacités nucléaires de l’Iran et fait régresser son programme nucléaire de plusieurs décennies. L’ampleur exacte des dégâts reste néanmoins inconnue.

Avant les frappes de l’année dernière, l’Iran enrichissait de l’uranium à 60 %, d’après l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Un taux bien supérieur à toute application civile, et proche des 90 % requis pour fabriquer une arme nucléaire.

Dans un reportage diffusé en janvier dans l’émission d’investigation « Uvda » sur la chaîne N12, Cohen a expliqué qu’Israël avait pour la première fois eu connaissance de ce qui se passait à Fordo en 2010. Le Mossad a alors entamé la préparation d’une opération de grande envergure qui, selon les propos tenus par Cohen à l’époque, « aurait constitué la plus grande opération de l’histoire du pays » si elle avait été menée à bien.

Selon certaines informations, ce projet a été remis en question en raison des ressources colossales qu’il exigeait, de son extrême complexité, de la nécessité de coordonner des activités parfaitement synchronisées, du nombre d’agents requis, ainsi que de la difficulté à trouver un moyen de les faire sortir d’Iran une fois l’attaque menée. Le Mossad privilégiait le recours à ses propres agents formés sur place plutôt qu’à des agents recrutés à l’étranger, ce qui compliquait encore cette mission, qui, aux dires de Cohen, aurait nécessité la participation d’au moins plusieurs dizaines de personnes.

Le porte-parole de l’OIEA, Behrouz Kamalvandi, au centre, informant les médias lors de la visite du site nucléaire de Fordo près de Qom, au sud de Téhéran, en Iran, le 9 novembre 2019. (Crédit : Organisation iranienne de l’énergie atomique via AP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, également à ce poste à l’époque, aurait été très favorable à ce projet. Il aurait d’ailleurs insisté pour que les opérations préparatoires soient menées à bien.

Toutefois, lorsque Cohen a pris la tête du Mossad en 2016, l’administration Obama avait déjà signé un accord avec l’Iran sur le nucléaire. À ce moment-là, Cohen a déclaré avoir perdu sa conviction, jusque-là inébranlable, quant à la faisabilité de l’opération. Celle-ci a donc été abandonnée, et l’accent a été mis sur la préparation d’une frappe contre l’Iran par l’armée israélienne.

En réponse aux informations diffusées, le cabinet du Premier ministre a reconnu que « des plans d’attaque [contre Fordo] avaient été élaborés, parmi lesquels certains n’ont pas pu être mis en œuvre en raison des événements du 7-Octobre », sans donner davantage de détails.

Cohen s’est déjà exprimé publiquement au sujet des opérations spectaculaires menées par le Mossad en Iran et contre ce pays.

Quelques jours après avoir quitté ses fonctions de directeur du Mossad en 2021, il a accordé une interview à la télévision israélienne, au cours de laquelle il a donné des détails sur ces activités. Il a notamment laissé entendre que son agence avait fait exploser l’installation souterraine de centrifugeuses iranienne de Natanz. Il a donné une description précise de l’opération de 2018 lors de laquelle le Mossad avait dérobé les archives iraniennes sur le nucléaire dans les coffres-forts d’un entrepôt de Téhéran. Il a également confirmé que Mohsen Fakhrizadeh, le père du nucléaire iranien assassiné, était dans la ligne de mire du Mossad depuis des années, et a ajouté que le régime devait bien comprendre qu’Israël était sérieux lorsqu’il promettait de faire en sorte que l’Iran ne puisse pas se doter de l’arme nucléaire.

Dans l’émission d’investigation « Uvda » (Fait) d’Ilana Dayan sur la chaîne N12, Cohen avait assuré qu’il connaissait parfaitement les différents sites nucléaires, proposant même à Dayan, si l’occasion s’en présentait, de l’emmener dans la « cave » souterraine de Natanz, dans laquelle, selon lui, « les centrifugeuses fonctionnaient autrefois ».

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