L’ex-otage Segev Kalfon : Les dirigeants privilégient la guerre aux vies humaines
Ce survivant de Nova de 27 ans se souvient avoir craint de mourir sous les bombardements de Tsahal et fustige le gouvernement pour l'aide financière dérisoire accordée aux ex-otages
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L’ancien otage Segev Kalfon, relâché en octobre après 738 jours de captivité dans les geôles du Hamas, a accusé mercredi le gouvernement de mener la guerre contre le groupe terroriste palestinien à ses dépens.
« Le Hamas m’a enlevé à l’intérieur des frontières du pays. Pourquoi ai-je dû payer le prix fort ? Pourquoi ai-je dû supporter le coût de cette guerre ? », a-t-il demandé sur la radio publique Kan.
« S’ils m’avaient fait sortir, ils auraient dû arrêter la guerre – ils ne voulaient pas me faire sortir, car ils ont fait de [la guerre] leur priorité absolue, au-delà des vies humaines », a accusé Kalfon.
« Où est [l’obligation religieuse de] racheter les captifs ? », a-t-il demandé.
« Vous êtes un gouvernement de droite. Où sont tous les religieux qui siègent à la Knesset ? »
L’armée israélienne « m’a bombardé tellement de fois » pendant le conflit, a déclaré Kalfon, soulignant le danger que représentaient les combats pour sa propre vie.
« J’en suis arrivé à me dire : ‘Super, si je ne meurs pas aux mains du Hamas, je mourrai peut-être accidentellement, des mains de ma propre armée.’ »
« À deux reprises, je suis sorti des ruines. Ils m’ont bombardé huit ou neuf fois. Imaginez un peu. J’en suis arrivé au point où je voulais descendre dans un tunnel », a-t-il raconté.
Kalfon a finalement été emmené sous terre.
Kalfon a également critiqué le gouvernement pour ne pas avoir versé la totalité des indemnités d’invalidité aux anciens otages, soulignant que « même quelqu’un qui n’a passé qu’une seule journée en captivité a le droit de passer le reste de sa vie sur une plage au Mexique, une noix de coco à la main, et c’est au gouvernement de payer pour tout cela ».
Le mois dernier, la coalition a rejeté un projet de loi, présenté par un député de l’opposition, qui aurait accordé une aide de 4 millions de shekels aux anciens otages et à leurs familles.
Kalfon a également répété que lorsque le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, avait plusieurs fois déclaré au cours de la guerre qu’il avait aggravé les conditions de détention des prisonniers palestiniens, ses geôliers du Hamas avaient intensifié leurs sévices.
Il a également raconté qu’il avait été autorisé à écouter la radio à Gaza et qu’après environ seize mois de captivité, il avait par hasard entendu la voix de sa mère qui faisait campagne pour sa libération. Ce moment, a-t-il déclaré, a marqué un tournant dans sa volonté de rester en vie.
« Pendant les seize premiers mois, j’ai perdu espoir à plusieurs reprises. J’en suis arrivé à un point où j’ai pensé à me suicider, car je ne voulais pas leur donner la satisfaction de me tuer », a-t-il expliqué.
« Mais ensuite, après un an et quatre mois, j’ai reçu un signe de ma mère. J’ai alors compris qu’il ne s’agissait pas seulement d’un signe de ma mère, mais d’un signe de Dieu qui voulait que je continue à survivre malgré les difficultés. »
Kalfon a expliqué se réveiller souvent au milieu de la nuit, depuis son retour.
« Je ne dors pas beaucoup. »
« Je suis en thérapie, j’ai un thérapeute, mais personne n’a vécu ce que j’ai vécu », a-t-il confié à l’interviewer.
« Je m’accorde une heure, deux heures, la nuit, pour m’effondrer si j’en ai besoin. Mes yeux ont vu des choses, mes oreilles ont entendu des choses, mon corps a ressenti des choses que l’on ne peut pas effacer. »
Résident de Dimona, Kalfon a tenté de s’enfuir du festival Nova le 7-Octobre, lorsque les terroristes du Hamas ont pris d’assaut le site, tuant plus de 360 personnes et en enlevant des dizaines d’autres, au milieu d’un assaut barbare et sanglant plus large qui a fait plus de 1 200 morts, pour la plupart des civils, et au cours duquel 251 personnes ont été prises en otage.
Lorsque Kalfon a traversé la Route 232, la principale autoroute menant hors de la zone, les terroristes l’ont repéré et enlevé.
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