L’ONU pourrait maintenir une présence au Sud-Liban après le départ de la FINUL, dit un responsable
Selon le chef des opérations de paix de l'ONU Jean-Pierre Lacroix, Beyrouth a "clairement fait savoir qu'il souhaitait conserver une présence de l'ONU" ; le Conseil de sécurité a voté l'an dernier la fin de la FINUL
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L’ONU travaille au maintien d’une présence au Liban après le départ de la Finul, dont le mandat se termine à la fin de l’année, a annoncé jeudi Jean-Pierre Lacroix, le secrétaire général adjoint chargé des opérations de paix.
Lacroix a expliqué aux journalistes, à Genève, qu’il consultait toutes les parties sur les options possibles après l’expiration officielle de ce mandat à la fin du mois de décembre, et qu’il transmettrait ses recommandations officielles au Conseil de sécurité d’ici le mois de juin.
« Ils [les Libanais] nous ont clairement fait savoir qu’ils souhaitaient continuer à bénéficier d’une présence de l’ONU », a-t-il précisé. « Nous réfléchissons à une présence qui serait probablement plus réduite que celle de la FINUL. »
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), déployée pour la première fois en 1978, compte plus de 7 000 Casques bleus issus de 47 pays. Cinq d’entre eux – trois Indonésiens et deux Français – ont été tués ces dernières semaines, alors que les combats entre Israël et le Hezbollah faisaient rage.
La France a attribué la mort de ses deux soldats au groupe terroriste libanais chiite soutenu par l’Iran. Une enquête préliminaire de l’ONU a révélé que l’un des Casques bleus indonésien avait été tué par des tirs de chars israéliens, et que les deux autres avaient perdu la vie dans l’explosion d’une bombe artisanale placée par le Hezbollah.
Le mandat de la FINUL prévoit actuellement le contrôle du cessez-le-feu, le soutien à l’armée libanaise pour son déploiement dans le sud, et l’aide à la mise en application de l’interdiction des armes illégales dans cette région.
Les hostilités entre le Hezbollah et Israël ont repris le 2 mars, lorsque le groupe terroriste libanais chiite a ouvert le feu sur l’État juif, en soutien à l’Iran. Un cessez-le-feu fragile est désormais en vigueur. Les violences se poursuivent toutefois dans le sud du Liban, où les soldats israéliens ont instauré une zone de sécurité.
Cinq divisions de l’armée israélienne, totalisant plusieurs dizaines de milliers de soldats, sont actuellement stationnées dans cette nouvelle zone de sécurité, dont les limites sont similaires à celles de la bande qu’Israël contrôlait entre 1985 et 2000.
Les forces israéliennes occupent « une importante bande de terre au nord de la Ligne bleue, qui a été largement détruite et dans laquelle aucun civil n’est autorisé », a estimé Lacroix. La Ligne bleue, établie par l’ONU, sépare le Liban d’Israël.
La FINUL a maintenu sa présence au Liban au cours de conflits successifs, notamment pendant la guerre de 2024, durant laquelle ses positions ont été visées à plusieurs reprises.
Israël affirme depuis longtemps que cette force d’observation a manqué à sa mission, s’étant peu employée à entraver le développement des forces du Hezbollah près de la frontière israélienne au fil des décennies.
L’ONU conduit 11 missions de maintien de la paix à travers le monde, qui mobilisent plus de 46 000 personnes. Elle est toutefois confrontée à des tensions financières dues au non-paiement des cotisations par les États membres, qui l’obligent à réduire ses opérations de 25 %, a déploré Lacroix.
Cette situation peut parfois compromettre sa capacité à protéger les civils et à faire respecter la paix, a-t-il ajouté. « Nous essayons d’atténuer ces conséquences, mais elles sont bien réelles. »
En août 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies a voté à l’unanimité la cessation des activités de la FINUL à la fin de l’année 2026, soit près de cinq décennies après son déploiement.
Israël, qui s’était opposé à toute tentative de prolongation de la mission, a salué le vote du Conseil de sécurité l’année dernière, exhortant le gouvernement libanais à, plutôt, faire valoir son autorité sur l’ensemble de son territoire. Des responsables israéliens et libanais doivent s’entretenir jeudi à Washington dans le cadre d’un deuxième cycle historique de pourparlers directs, visant à ouvrir la voie à un accord de paix.
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