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Lors de l’AG de l’ONU, Israël réitère son soutien à l’Ukraine, mais pas les États-Unis

L'ambassadeur israélien auprès de l'ONU déclare que Jérusalem et Washington "font chacun leurs calculs" ; Gideon Saar va envoyer 117 générateurs électriques dans la région de Kiev

Les résultats du vote approuvant un projet de résolution en faveur d'une paix durable en Ukraine affichés sur un écran lors de la réunion de l'Assemblée générale des Nations unies sur l'Ukraine, au siège de l'ONU, à New York, le 24 février 2026. (Crédit : Leonardo Munoz/AFP)
Les résultats du vote approuvant un projet de résolution en faveur d'une paix durable en Ukraine affichés sur un écran lors de la réunion de l'Assemblée générale des Nations unies sur l'Ukraine, au siège de l'ONU, à New York, le 24 février 2026. (Crédit : Leonardo Munoz/AFP)

À l’occasion du quatrième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté, mardi, une résolution réaffirmant son soutien à Kiev et à son intégrité territoriale, malgré les objections des États-Unis.

Israël a soutenu cette résolution, rompant ainsi exceptionnellement avec les États-Unis, son plus proche allié au sein de l’ONU.

Le texte, adopté par 107 voix pour, 12 contre et 51 abstentions (dont les États-Unis), réitère le « ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, dans ses frontières internationalement reconnues ».

Il réclame également un « cessez-le-feu immédiat, complet et inconditionnel » entre la Russie et l’Ukraine, « une paix globale, juste et durable conforme au droit international » et l’échange complet des prisonniers de guerre.

Selon le Times of Israel, les missions israélienne et américaine auprès des Nations unies ont discuté au préalable du vote à venir.

L’envoyé israélien auprès des Nations unies, Danny Danon, a déclaré au Times of Israel que « les États-Unis et Israël ont chacun leurs propres calculs. Nous prenons en compte un certain nombre de facteurs, notamment les votes russes contre nous à l’ONU. Parfois, le texte de la résolution contient des formulations que les États-Unis ne peuvent accepter ».

L’ambassadeur israélien auprès des Nations unies, Danny Danon, lors d’une session du Conseil de sécurité, le 27 août 2025. (Crédit : Perry Bindelglass/Mission israélienne auprès des Nations unies)

Les États-Unis, dont la demande de voter séparément sur des paragraphes faisant référence à l’intégrité territoriale de l’Ukraine et au droit international a été rejetée, se sont abstenus.

Le passage de Joe Biden à Donald Trump à la Maison Blanche l’an dernier a vu le soutien ferme et inconditionnel des États-Unis à l’Ukraine se refroidir considérablement.

Trump a sorti le dirigeant russe Vladimir Poutine de l’isolement diplomatique, et Washington a refusé à plusieurs reprises de condamner l’invasion russe de 2022.

« Les États-Unis saluent évidemment l’appel à un cessez-le-feu immédiat », mais « cette résolution inclut également des formulations qui risquent de détourner l’attention des négociations en cours au lieu de soutenir toutes les voies diplomatiques qui pourraient mener à une paix durable », a justifié l’ambassadrice américaine adjointe, Tammy Bruce.

Tammy Bruce lors d’une audience de confirmation de la commission des Relations étrangères du Sénat concernant sa nomination au poste de représentante adjointe auprès des Nations unies, au Capitole, à Washington, le 19 novembre 2025. (Crédit : Julia Demaree Nikhinson/AP)

Mardi, les dirigeants du G7, dont Donald Trump, ont pourtant réaffirmé leur « soutien indéfectible à l’Ukraine dans la défense de son intégrité territoriale et de son droit à exister ».

Il y a un an, soit un mois après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les États-Unis avaient voté contre une résolution réclamant une « paix juste », adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU.

Dans la foulée, ils avaient fait adopter par le Conseil de sécurité, avec le soutien de la Russie, une résolution demandant une paix rapide, mais sans mention de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, ce qui avait déplu à leurs alliés européens de Kiev.

Jusqu’alors, le Conseil n’était pas parvenu à se prononcer sur le conflit, car la Russie avait systématiquement exercé son droit de veto.

« Malgré les efforts de paix menés par les États-Unis et soutenus par les partenaires européens, la Fédération de Russie continue de ne pas faire preuve d’une véritable volonté d’arrêter cette agression », a déclaré de son côté la vice-ministre ukrainienne des Affaires étrangères, Mariana Betsa, lors d’une réunion également consacrée à l’Ukraine au Conseil de sécurité.

Elle a accusé Moscou « d’utiliser les négociations pour poursuivre cette guerre d’agression, en misant sur le temps qui passe ».

Betsa a également insisté sur le fait que son pays avait « un besoin urgent d’aide humanitaire et de soutien en matière de défense » pour protéger la population.

Saluant les efforts diplomatiques du président Trump, l’ambassadeur russe Vassili Nebenzia a pour sa part assuré que la Russie participait « de bonne foi » aux négociations.

Il a également critiqué la résolution de l’Assemblée, qu’il a qualifiée « d’écran de fumée » qui « n’a rien à voir avec la réalité et ne permet pas d’avancer vers une solution durable au conflit ».

Il y a un an, Israël s’était joint aux États-Unis et à la Russie pour voter contre une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies réaffirmant l’intégrité territoriale de l’Ukraine, rejetant ainsi une condamnation ferme de l’invasion de ce pays par la Russie, à l’occasion du troisième anniversaire du début de la guerre.

Ce vote, probablement une ouverture à l’égard de Trump, marquait la première fois qu’Israël votait contre l’Ukraine et avec la Russie depuis le début de la guerre.

Israël va fournir des générateurs à l’Ukraine

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a annoncé mardi qu’Israël allait envoyer 117 générateurs électriques à l’Ukraine. Ces appareils seront déployés dans la région de Kiev, a indiqué son bureau dans un communiqué.

Cette décision fait suite à des discussions avec le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, « sur les besoins énergétiques urgents », a-t-il précisé.

« Alors que les communautés continuent de subir des attaques contre des infrastructures critiques, Israël reste déterminé à fournir une aide humanitaire pratique et vitale sur le terrain », indique le communiqué, faisant référence aux attaques russes contre des cibles liées à l’énergie en Ukraine.

Saar s’est également entretenu par téléphone avec le rabbin Meïr Stambler, président de la Fédération des communautés juives d’Ukraine.

Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar aux côtés de son homologue ukrainien Andrii Sybiha, à Kiev, en Ukraine, le 23 juillet 2025. (Crédit : Shlomi Amsalem/GPO)

Dans un communiqué confirmant cet entretien téléphonique avec Saar, Sybiha a déclaré avoir remercié Israël pour son vote à l’ONU.

« Il s’agit de soutenir la vie, la paix et la vérité », a écrit Andrii Sybiha sur le réseau social X.

« Nous avons discuté de notre agenda bilatéral et des défis communs en matière de sécurité, notamment ceux posés par l’Iran. »

« J’ai exprimé ma gratitude pour l’aide humanitaire apportée par Israël pendant cet hiver difficile, en particulier pour les 117 générateurs mobiles qui seront fournis demain à la région de Kiev », a ajouté Sybiha.

Israël a refusé de fournir des armes à l’Ukraine, qui avait demandé des systèmes de défense aérienne, affirmant qu’il devait éviter de compromettre ses relations diplomatiques avec Moscou.

Au début de la guerre, une deuxième raison principale avait été invoquée : la nécessité stratégique de maintenir la liberté d’opérations en Syrie, où les forces russes contrôlaient en grande partie l’espace aérien.

Cependant, cette situation a changé depuis la chute du régime Assad, allié de Moscou, l’an dernier.

Saar a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky et Sybiha à Kiev en juillet, où ils ont convenu d’entamer un dialogue stratégique bilatéral sur la menace iranienne.

Ce dialogue devrait avoir lieu le mois prochain.

L’Ukraine a récemment pris une série de mesures en faveur des positions israéliennes. En décembre dernier, elle s’est abstenue lors d’un vote de l’ONU contre Israël à la Cour internationale de justice (CIJ), et en février, elle a désigné le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, comme une organisation terroriste.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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