Mamdani annonce une campagne contre l’antisémitisme, sans évoquer l’antisionisme
Le programme prévoit des financements pour les institutions juives, des campagnes de sensibilisation et des initiatives éducatives, mais ne définit pas l’antisémitisme ni n’aborde ses liens avec la haine d’Israël
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Mardi, le maire anti-Israël de New York, Zohran Mamdani, a annoncé son plan tant attendu de lutte contre l’antisémitisme. Il prévoit des programmes éducatifs, des campagnes de sensibilisation et un financement pour les institutions juives.
Toutefois, ce plan ne donne pas de définition de l’antisémitisme et n’aborde pas son lien avec l’antisionisme, éludant ainsi les questions centrales qui sous-tendent les relations tendues entre la communauté juive traditionnelle et la mairie.
Mamdani a annoncé ce plan dans une déclaration vidéo publiée sur les réseaux sociaux et a détaillé sa « Stratégie de lutte contre l’antisémitisme » dans un rapport de 33 pages publié par son cabinet.
Les Juifs représentent environ 10 % de la population de la ville et sont la cible de la moitié de tous les crimes de haine confirmés dans la ville, selon les données du département de la police de New York (NYPD).
Mamdani a déclaré qu’il rencontrait des New-Yorkais juifs depuis un an.
« À maintes reprises, j’ai entendu la même chose : l’antisémitisme est bien réel et il ne cesse de se développer », a-t-il déclaré.
The Talmud teaches that anyone who sustains one soul, has sustained an entire world. For generations, Jewish New Yorkers have sustained our city. Today, we are launching the first-ever municipal Strategy to Combat Antisemitism.
Together, we will ensure Jewish New Yorkers are… pic.twitter.com/nUpTy7mFlT
— Mayor Zohran Kwame Mamdani (@NYCMayor) September 29, 2026
« Ce n’est pas seulement inacceptable, c’est une situation que nous avons tous le devoir de changer, et la mairie montrera la voie. »
Dès son premier jour en fonction, Mamdani a abrogé l’adhésion de l’administration précédente à la définition de l’antisémitisme de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA).
Cette définition qualifie certaines formes de critique d’Israël de discriminatoires, tout en affirmant qu’il est légitime de critiquer Israël comme on le fait pour d’autres pays.
Le rapport du maire reconnaît plusieurs définitions de l’antisémitisme, tout en précisant que la ville peut « lutter efficacement contre l’antisémitisme sans avoir besoin d’en adopter une ».
Le plan de Mamdani met l’accent sur l’éducation et la prévention des crimes de haine, et inscrit la lutte contre l’antisémitisme dans le cadre d’un combat plus large contre la haine.
« Une forme de haine ne peut être combattue isolément. L’antisémitisme peut, et doit, être abordé de concert avec toutes les autres formes de haine », indique le document.
Mamdani s’est engagé à augmenter de 26 millions de dollars le budget consacré à la prévention des crimes de haine, comme il l’avait déjà annoncé, précisant qu’il s’agissait d’une hausse de 800 % par rapport à l’année précédente.
Le plan de Mamdani prévoit également une enveloppe de 6,4 millions de dollars pour les subventions « Partners Against the Hate », destinées à la prévention générale des crimes de haine, ainsi que 26 millions de dollars pour le Bureau de prévention des crimes de haine, chargé de lutter contre la discrimination envers tous les groupes.
Le rapport indique que le système scolaire municipal a recruté un coordinateur « Title VI » pour l’ensemble du cycle scolaire (de la maternelle à la terminale), chargé de gérer les plaintes liées à la discrimination, y compris l’antisémitisme.
Les écoles publiques de la ville multiplieront les visites scolaires au Musée du patrimoine juif, un centre de sensibilisation à la Shoah.
LinkNYC, un réseau de bornes numériques installées sur les trottoirs de la ville, accueillera une campagne consacrée aux contributions de la communauté juive à la ville.
Mamdani a déclaré que la ville investirait 2 millions de dollars dans le Jardin commémoratif de la Shoah du Queens et 2,5 millions de dollars dans le Centre pour la nouvelle culture juive de Brooklyn.
L’ancienne administration municipale, dirigée par Eric Adams, avait annoncé l’an dernier une enveloppe identique de 2 millions de dollars pour le site de la Shoah du Queens et de 2,5 millions de dollars pour le centre de Brooklyn. Il est difficile de dire si le financement annoncé par Mamdani est venu s’ajouter à ces dotations ou s’il s’agit de la poursuite des mêmes projets. Le bureau du maire n’a pas répondu à une demande d’éclaircissements.
Le projet de Mamdani visant à créer un groupe de travail interinstitutionnel sur les infrastructures de sécurité afin de coordonner la réponse à l’antisémitisme entre les différentes agences municipales semblait également similaire à une initiative lancée par Adams.
Le plan de Mamdani met moins l’accent sur le renforcement de la sécurité des institutions juives. Il prévoit en effet 1 million de dollars pour la sécurité des associations à but non lucratif, notamment des synagogues et autres lieux de culte.
Au début du mois, les Jewish Federations of North America (JFNA) ont indiqué que les institutions juives aux États-Unis consacraient en moyenne environ 225 000 dollars par an à la sécurité. Des subventions d’État et fédérales apportent également un financement.
Cette annonce a fait suite à une série de rencontres avec la communauté juive, menée par Phylisa Wisdom, directrice du Bureau de lutte contre l’antisémitisme de Mamdani. Les membres de la communauté juive ont fait état de rencontres constructives avec Wisdom au cours de cette tournée.
Le plan précise que les stratégies de lutte contre la haine « n’ont de sens que si les New-Yorkais peuvent évaluer leur efficacité », mais ne fournit pas d’indicateurs de mesure, tels qu’une baisse future des crimes de haine.
Les crimes de haine antisémites ont augmenté d’environ 8 % depuis l’entrée en fonction de Mamdani, parallèlement à une hausse des crimes de haine visant d’autres groupes.
Les groupes juifs de gauche, qui présentent souvent l’antisémitisme comme s’inscrivant dans une lutte plus universelle contre la haine, ont salué cette initiative.
« La stratégie du maire Mamdani repose sur une prise de conscience importante : la lutte contre l’antisémitisme est un élément essentiel de la lutte plus large contre le sectarisme », a déclaré Jonathan Jacoby, directeur du Nexus Project, dans un communiqué.
« Les Juifs ont toujours prospéré dans des démocraties pluralistes. Lorsque nous nous défendons les uns les autres et que nous construisons une société où aucun groupe ne peut être victime de discrimination, nous sommes tous plus en sécurité. »
Les groupes traditionnels ont réagi de manière mitigée, saluant certains aspects du plan tout en critiquant le fait qu’il ne tienne pas compte de l’antisionisme.
L’UJA-Federation of New York, le Jewish Community Relations Council of New York, le bureau new-yorkais de l’American Jewish Committee (AJC) et le New York Board of Rabbis, tous des groupes majeurs de la communauté juive de la ville, ont déclaré que le plan « comportait un certain nombre d’éléments positifs, notamment une augmentation des crédits alloués à la sécurité des institutions juives et l’extension de programmes ayant fait leurs preuves ».
La déclaration précise toutefois que le plan « ne traite pas d’une question centrale que le maire lui-même a perpétuée : une rhétorique qui diabolise et délégitime Israël conduit inévitablement à ce que les New-Yorkais juifs soient pris pour cibles ».
Moshe Davis, qui dirigeait le Bureau de lutte contre l’antisémitisme de la mairie sous l’administration précédente, a déclaré que les mesures de sécurité prévues dans ce plan « contribueront grandement à protéger les New-Yorkais juifs contre les tentatives d’attaques terroristes menées par ceux qui cherchent à ‘mondialiser l’Intifada’ ».
« Le dernier rapport semble ignorer les manifestants anti-Israël qui prennent pour cible les synagogues, ainsi que la haine véhiculée dans nos établissements scolaires », a-t-il ajouté.
« Ce faisant, il semble s’efforcer délibérément d’effacer le lien entre la violence à l’encontre des Juifs à laquelle nous assistons dans notre ville et la propagande anti-Israël qui l’alimente clairement. »
la Communauté du Times of Israël !







