Première réunion du groupe de travail de la ville de NY contre l’antisémitisme
Des agences municipales se sont réunies à l’hôtel de ville autour du premier groupe anti-antisémitisme mis en place par une grande ville américaine, à l’initiative du maire Adams
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

NEW YORK – Le groupe de travail sur l’antisémitisme mis en place par le maire de New York, Eric Adams, a tenu jeudi sa réunion inaugurale, alors que ses orientations et ses méthodes commencent à se préciser.
En raison de la multiplication des crimes de haine antisémites depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, Adams a créé en mai 2025 un Bureau de lutte contre l’antisémitisme, un service municipal placé sous sa tutelle.
Il s’agit du premier du genre dans une grande ville américaine, venant renforcer l’action du Bureau de prévention des crimes de haine de la ville. À New York, les Juifs sont plus visés par les crimes de haine que tous les autres groupes réunis.
La réunion, organisée à l’hôtel de ville de Manhattan, a réuni des représentants d’un large éventail d’agences municipales, dont la police de New York, le bureau du maire, la commission des droits de l’homme, et le bureau des crimes de haine, mais aussi les départements des parcs, des petites entreprises ou encore des transports.
La session était dirigée par Moshe Davis, responsable du groupe de travail, et Randy Mastro, premier adjoint au maire. Le Times of Israel a assisté au discours d’ouverture de la réunion, mais les discussions internes ont été fermées à la presse afin de permettre aux représentants des agences municipales de s’exprimer en toute liberté.
« Nous sommes réunis ici pour faire de notre ville un exemple de ce qu’il faut faire, de ce qu’il ne faut pas faire, et de ce que nous ne tolérerons pas », a déclaré Mastro. « Nous n’avons, hélas, pas toujours été exemplaires, mais nous n’accepterons désormais rien de moins que la perfection. Tolérance zéro. »
Davis a indiqué avoir déjà rencontré individuellement les représentants municipaux avant cette réunion, qui a permis de définir le mandat du groupe et de discuter des prochaines étapes. Il a notamment été question de la définition de l’antisémitisme retenue par l’IHRA, adoptée par Adams le mois dernier, afin d’uniformiser la compréhension du phénomène au sein des agences.
« Cette réunion a été un excellent point de départ : elle a permis de rassembler tout le monde autour de la table et de dire ‘Voilà ce que nous pourrions apporter à chacun’ », a-t-il expliqué. « Des collaborations intéressantes ont émergé, et la discussion a nourri la réflexion. »
Le groupe entend coordonner la lutte contre l’antisémitisme à l’échelle municipale, chaque agence devant jouer un rôle, a-t-il déclaré. Citant en exemple le fait que près de 4 % des crimes de haine antisémites se produisent dans les parcs de la ville, Davis a expliqué que le personnel des parcs pourra intervenir rapidement pour effacer les graffitis antisémites, notamment les croix gammées. Le ministère des Transports pourra lui veiller à la sécurité aux abords des synagogues, tandis que celui de l’Éducation pourra surveiller les programmes scolaires.
Le groupe a également discuté des « quartiers à risque » où les incidents antisémites sont les plus fréquents, tels que Crown Heights, Williamsburg et l’Upper East Side, qui comptent d’importantes populations juives, et de la manière de réagir à la discrimination qui sévit dans ces quartiers, a poursuivi Davis.
Le groupe de travail se réunira en présentiel chaque trimestre, avec des réunions bilatérales plus fréquentes.
Interrogé sur les réactions des agences municipales, Davis a répondu qu’ils étaient unanimes, « il y a un problème, et nous pouvons faire partie de la solution. »
Depuis plusieurs mois, Adams a pris diverses initiatives en faveur des communautés juives, dont la création du groupe de travail, l’adoption de la définition de l’IHRA et la mise en place d’une alliance économique entre New York et Israël.
Mastro a annoncé que d’autres mesures étaient en préparation, comme un projet de loi sur le port du masque. L’objectif est de rétablir, sous une nouvelle forme, une législation abrogée pendant la pandémie de COVID-19. L’État de New York a déjà adopté en mai une loi durcissant les sanctions contre les délits commis en étant masqué, sans pour autant interdire le port du masque. Le texte new-yorkais devra être validé par le conseil municipal.
Adams est candidat à sa réélection pour les élections générales de novembre. Son adversaire, Zohran Mamdani, membre de l’assemblée de la ville de New York et critique virulent d’Israël, a remporté les primaires démocrates et part favori pour le scrutin.
Le maire n’a pas assisté à la réunion, mais se trouvait à l’extérieur de l’hôtel de ville pour un rassemblement électoral. Des slogans tels que « Quatre ans de plus » ont été entendus pendant la réunion.
Adams est un fervent partisan d’Israël et entretient des liens étroits avec les communautés juives de la ville, notamment à Brooklyn, où il a été président d’arrondissement avant de devenir maire.
L’ancien gouverneur Andrew Cuomo, arrivé deuxième aux primaires, se présente également en indépendant, en s’appuyant lui aussi sur l’électorat juif et pro-Israël. Cuomo et Adams partagent une base modérée similaire.
Adams a promulgué la création du groupe de travail et l’adoption de l’IHRA par décrets. S’il ne remportait pas les élections, son successeur aurait le choix de maintenir ou d’abroger ces mesures.
la Communauté du Times of Israël !







