Mladenov : Seule la mise en œuvre intégrale du plan pour Gaza peut « garantir » qu’un 7-Octobre ne se reproduise pas
L'envoyé spécial du Conseil de Paix a déclaré à N12 que le plan de désarmement "ne repose pas sur la confiance", mais sur une vérification complète des progrès réalisés ; la Maison Blanche se dit sereine face au rejet de Benjamin Netanyahu
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Nickolay Mladenov, l’envoyé spécial du Conseil de Paix à Gaza, soutenu par les États-Unis, a cherché à dissiper le scepticisme qui règne en Israël à l’égard de la feuille de route du Conseil de Paix visant le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza. Il a affirmé que la mise en œuvre intégrale de ce plan était la seule « garantie » pour Israël d’empêcher la répétition du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien le 7 octobre 2023. Ce plan reposerait sur des mesures vérifiables et non sur une confiance accordée au Hamas.
L’interview de Mladenov accordée dimanche à la chaîne N12 a été diffusée quelques heures seulement après l’annonce par le Premier ministre Benjamin Netanyahu du rejet catégorique du plan en quinze points, et d’un revirement de situation, puisqu’il a suspendu un léger retrait de l’armée israélienne de certaines zones du sud de Gaza qu’il avait précédemment approuvé.
La Maison Blanche a balayé d’un revers de main les propos du Premier ministre, les qualifiant de rhétorique électorale à l’approche des élections israéliennes du 27 octobre, tandis qu’un médiateur palestinien de premier plan les a vivement critiqués.
L’objectif de cette feuille de route est « de veiller à ce que Gaza ne constitue plus jamais une menace pour la sécurité d’Israël – à ce que ce qui s’est passé avant le 7-Octobre ne se reproduise plus jamais », a déclaré Mladenov à la chaîne N12, faisant référence à l’assaut barbare et sanglant qui a déclenché la guerre.
« Ce qui s’est passé le 7-Octobre ne se reproduira jamais, jamais, tant que nous aurons une mise en œuvre intégrale du plan du Conseil de Paix… L’option que nous proposons aujourd’hui est la seule voie à suivre pour garantir que cette tragédie ne se reproduira pas », a-t-il ajouté.
Mladenov a souligné qu’Israël ne devrait pas retirer les troupes de Tsahal de leurs positions actuelles tant que des mesures concrètes de désarmement du Hamas n’auront pas été prises, conformément à la feuille de route que le groupe terroriste a approuvée la semaine dernière. Ce plan prévoit que le Hamas cède le contrôle à un organe technocratique palestinien relevant du Conseil de Paix, le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG).
????In an exclusive interview with Channel 12 News, (Amit Segal) Board of Peace CEO Nickolay Mladenov addressed the framework for demilitarizing Gaza and the IDF’s gradual withdrawal, shortly after Prime Minister Benjamin Netanyahu announced that Israel had rejected the “15-point… pic.twitter.com/XMKyMycjbk
— Iris (@streetwize) August 9, 2026
« Personne n’est tenu de faire quoi que ce soit – et encore moins Israël – avant que nous ayons effectivement vérifié les mesures prises sur le terrain », a déclaré Mladenov.
« Si un désarmement est confirmé, si les armes sont retirées aux factions, stockées, puis rendues inutilisables, Israël se retirera alors de Gaza. »
Il a précisé que, pour l’instant, le plan n’exigeait pas le retrait de Tsahal de la « Ligne jaune », qui divisait Gaza en zones à peu près égales entre celles sous contrôle israélien et celles sous contrôle du Hamas, conformément au cessez-le-feu d’octobre 2025. Depuis, Israël a pris le contrôle de territoires situés au-delà de cette ligne et en contrôle désormais plus de 60 %.
« Ce que nous demandons, c’est que Tsahal ne déploie pas de troupes plus loin [à l’intérieur de Gaza] que la Ligne jaune, car celle-ci a été convenue dans le cadre du plan global », a-t-il ajouté, faisant référence au cessez-le-feu d’octobre 2025.
« Nous souhaitons donc qu’elles restent sur ces positions et qu’elles veillent à ne pas tirer sur des personnes à moins qu’elles ne constituent une menace réelle pour les soldats de Tsahal… »
« La Ligne jaune sera bien sûr repoussée une fois que le désarmement aura eu lieu à Gaza », a-t-il poursuivi.
« Une fois que chaque secteur [géographique] aura été désarmé et que les armes auront été certifiées – c’est-à-dire qu’elles auront été saisies et stockées par le NCAG, le Conseil de Paix, et rendues inutilisables -, Israël sera alors tenu de se retirer progressivement, étape par étape, pour aboutir finalement à la barrière [frontalière] de Gaza. »
Mladenov a, par ailleurs, souligné qu’Israël ne serait pas limité dans ses réponses militaires aux menaces « imminentes » dans le cadre de la feuille de route pour Gaza.
« Aucun des plans que nous préparons ne limite les options d’Israël pour réagir à une menace imminente qui mettrait réellement ses troupes en danger. »
Soulignant qu’il faudrait « plus d’une décennie » pour détruire l’ensemble du vaste réseau de tunnels du Hamas dans la bande de Gaza, Mladenov a fait valoir que le recours au Conseil de Paix pourrait accélérer ce processus.
« Avec le Conseil de Paix, ensemble, cela peut être fait beaucoup plus rapidement et beaucoup plus efficacement », a-t-il déclaré.
Mladenov met l’accent sur la vérification, et non sur la confiance
Mladenov a également salué la Turquie et le Qatar – des États qui se sont montrés hostiles à Israël et ont accueilli des dirigeants du Hamas – pour leur rôle de médiateurs dans les négociations sur la feuille de route. En Israël, on s’inquiète de plus en plus de voir la Turquie et le Qatar rejoindre la Force internationale de stabilisation (ISF), chargée d’assurer la sécurité de l’enclave pendant sa période de transition.
« D’après mon expérience au cours des huit derniers mois, sans l’Égypte et les autres médiateurs, à savoir la Turquie et le Qatar, nous n’aurions pas pu parvenir à une situation où le Hamas accepterait la feuille de route. Leur contribution a été essentielle à cet égard », a-t-il déclaré, ajoutant qu’un « mécanisme de vérification » serait mis en place pour s’assurer que toutes les parties respectent la feuille de route, et que l’ensemble du processus serait interrompu si les engagements n’étaient pas honorés.
Mladenov a reconnu les risques liés à la mise en œuvre du plan, mais a précisé que ses dispositions reposaient sur la vérification plutôt que sur la confiance entre les parties.
Interrogé sur la méfiance généralisée en Israël à l’égard de l’ensemble du plan, Mladenov a répondu que beaucoup en Israël « pensent que nous avons fondé tout ce plan sur la confiance ».
« Mais la seule façon d’y parvenir est que nous convenions tous que rien ne repose sur la confiance, que tout doit être vérifié et que tout doit se faire selon une approche progressive. »
« Je ne fonde rien de tout cela sur la confiance, et aucun d’entre nous ne le fait. Nous avons pleinement conscience des risques à venir », a assuré Mladenov.
« Nous nous appuyons sur la vérification, et c’est là le principe fondamental auquel j’aimerais que les deux parties adhèrent pleinement : grâce à ce processus, nous avons réellement une chance d’y parvenir. »
Le Premier ministre a annulé in extremis un léger retrait de Rafah – sources
Dimanche également, juste après le rejet du plan du Conseil de Paix par Netanyahu, la chaîne N12 a rapporté que le Premier ministre avait personnellement approuvé un retrait pilote de Tsahal de trois petites zones proches de Rafah, dans le sud de Gaza, avant de changer d’avis au cours des 24 heures suivantes et d’annoncer, dimanche, au Conseil des ministres, qu’Israël ne se retirerait d’aucune partie de Gaza tant que le Hamas n’aurait pas rendu toutes ses armes.
Selon le reportage, qui cite des sources au sein des services de sécurité, l’armée israélienne et les services de sécurité n’auraient appris le revirement de Netanyahu que dimanche, par les médias.
Les retraits dans la région de Rafah auraient été discutés lors de consultations la semaine dernière, en présence de Netanyahu et du chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, et approuvés par l’armée, par Netanyahu et par les États-Unis.
Les discussions ont porté sur les détails relatifs aux lieux précis du retrait de Tsahal, aux zones de redéploiement des troupes et à la manière dont elles coopéreraient avec les forces de l’ISF qui devaient arriver.
Selon N12, l’annonce par Netanyahu de son rejet du plan du Conseil de Paix et de son refus de tout retrait de Tsahal de Gaza avant le désarmement complet du Hamas a constitué « un choc majeur » pour les responsables de la sécurité.
La chaîne a cité un responsable de la sécurité qui a souhaité garder l’anonymat et qui a déclaré : « Le revirement de position du Premier ministre s’est produit au cours de la dernière journée. Nous n’en avons pris connaissance qu’aujourd’hui, par le biais des médias. Lors des discussions précédentes, le Premier ministre avait donné son accord personnel à ce plan et au retrait des positions situées dans la région de Rafah. »
Le bureau du Premier ministre n’a pas encore commenté cette information.
La Maison Blanche ne s’inquiète pas de la position de Netanyahu
Après le refus déclaré de Netanyahu de se rallier au plan soutenu par les États-Unis, des responsables de la Maison Blanche auraient déclaré ne pas être préoccupés par la position du Premier ministre, qu’ils considèrent comme relevant de la rhétorique de campagne électorale.
Ces responsables ont également souligné qu’Israël avait en fait suspendu ses frappes à Gaza depuis cinq jours.
« Nous ne sommes pas préoccupés par ces commentaires de Netanyahu », a déclaré une source américaine de haut rang à la chaîne N12.
« Nous comprenons ses impératifs politiques [en cette période électorale]. Cela ne nous pose aucun problème, tant qu’il continue à faire ce que nous lui demandons – notamment en ce qui concerne la limitation des frappes à Gaza. »
Selon le reportage de N12, Netanyahu s’est entretenu la semaine dernière avec Jared Kushner, envoyé de Trump et gendre de ce dernier, et lui a déclaré qu’il ne pensait pas que le Hamas accepterait de déposer les armes, mais qu’il était prêt à donner une chance au plan en quinze points – à la fois en limitant les frappes à Gaza et en ne déployant pas Tsahal au-delà de la « Ligne jaune ».
Les responsables cités dans le reportage ont déclaré que les États-Unis surveillaient de très près la situation à Gaza et que, jusqu’à présent, Netanyahu avait tenu parole.
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