Netanyahu, qui sera bientôt reçu par Trump, met le Hamas en garde au sujet des otages
Le Premier ministre accuse le Qatar de soutenir le Hamas et admet que les résultats des frappes à Doha sont peu "concluantes"
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Lors d’une conférence de presse à Jérusalem mardi, le dirigeant israélien a déclaré que le président américain Donald Trump l’avait invité à se rendre à la Maison Blanche à la fin du mois, tout en mettant en garde le groupe terroriste palestinien du Hamas contre toute atteinte aux otages alors que l’armée israélienne poursuit ses opérations à Gaza-City.
Selon Netanyahu, cette visite aura lieu le 29 septembre, soit trois jours après le discours prévu du Premier ministre devant l’Assemblée générale des Nations unies, à New York.
Après avoir essuyé de vives critiques pour avoir déclaré la veille que le pays devrait devenir de plus en plus autonome, Netanyahu a annoncé cette réunion au cours d’une conférence de presse consacrée à la situation économique d’Israël.
Le Premier ministre a expliqué que cette invitation lui avait été adressée lors d’un appel téléphonique lundi, ajoutant qu’il avait eu plusieurs conversations avec Trump depuis que Tsahal avait ciblé les dirigeants du Hamas au Qatar le 9 septembre, et que toutes avaient été « bonnes ».
Ce serait la quatrième réunion entre les deux dirigeants à la Maison Blanche depuis le début du deuxième mandat de Trump en janvier.
Cette invitation intervient alors que les États-Unis apportent leur soutien à l’offensive majeure de Tsahal à Gaza-City, qui a débuté mardi matin, et que le secrétaire d’État américain Marco Rubio quittait Israël pour se rendre au Qatar.
Au cours de sa visite, Rubio a manifesté son soutien indéfectible à Israël.
« L’issue idéale » serait que le Hamas se rende purement et simplement, mais cela pourrait « exiger à terme une opération militaire concise pour l’éliminer », a-t-il déclaré.
Le secrétaire d’État américain, qui a choisi de ne pas se joindre aux critiques internationales visant Israël pour ses frappes contre les dirigeants du Hamas à Doha la semaine dernière, a déclaré lundi : « Nous nous concentrons sur la suite des événements. »
Ces frappes, qui ont tué cinq membres non dirigeants du Hamas et un agent de sécurité qatari, mais vraisemblablement aucune des cinq cibles clés parmi les dirigeants du Hamas, ont suscité la fureur des gouvernements arabes, qui se sont réunis en urgence lundi pour discuter de cette attaque.
Trump affirme ne pas avoir été informé à temps pour empêcher l’attaque. Cependant, selon un article d’Axios, le Premier ministre israélien aurait informé le président américain 50 minutes avant qu’il ne donne l’ordre de frapper.
Interrogé mardi pour savoir s’il avait informé Trump avant le lancement des frappes, Netanyahu a répété que la version des faits fournie par la Maison Blanche était « correcte » et qu’Israël était le seul responsable de cette opération.
Interrogé par le Times of Israel pour savoir s’il considérait toujours le Qatar comme un médiateur dans les négociations indirectes avec le Hamas, Netanyahu a répondu que « si le Qatar l’avait voulu, il aurait facilement pu exercer une pression beaucoup plus forte, ce qui nous aurait aidés à faire libérer tous nos otages dès les premiers mois de la guerre ».
« Il est lié au Hamas », a-t-il déclaré à propos du Qatar.
« Il renforce le Hamas. Il héberge le Hamas. Il finance le Hamas. Il dispose de leviers beaucoup plus puissants, mais il a choisi de ne pas les utiliser. »
À ce titre, il a insisté sur le fait que frapper les dirigeants du groupe terroriste palestinien du Hamas au Qatar était « tout à fait justifié ».
« On a tenté de les mettre à contribution de manière partielle » pendant la guerre, a poursuivi Netanyahu, sans mentionner qu’il avait collaboré avec le Qatar pour envoyer des millions de dollars à Gaza chaque mois au cours des années précédant le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, déclenchant ainsi la guerre.
Il a refusé de confirmer si certains des dirigeants du Hamas visés avaient été ou non éliminés : « Nous sommes encore en train de vérifier. Ce n’est pas encore tout à fait concluant. Nous attendons de voir. »
Netanyahu a également refusé de répondre aux questions concernant ses propres conseillers, qui sont soupçonnés d’avoir reçu de l’argent du Qatar pour mener une campagne de relations publiques visant à présenter l’émirat sous un jour favorable après les massacres perpétrés par le Hamas en Israël.
Un avertissement au Hamas
Alors que l’armée israélienne mène des frappes de grande ampleur à Gaza-City et que les familles des otages israéliens, désespérées, disent être « terrifiées » pour leurs proches, les questions posées lors de la conférence de presse de Netanyahu portaient également sur l’offensive dans la plus grande ville de l’enclave.
Netanyahu a précisé avoir abordé la question des otages avec Trump lors de leur dernier entretien téléphonique.
« Nous avons discuté d’une possibilité qui s’était présentée et qui, à mes yeux, est très importante : la question de la sécurité des otages. »
« Comme l’a déclaré le porte-parole du Hamas, ils ont utilisé nos otages comme boucliers humains, c’est-à-dire qu’ils les ont placés dans des endroits dangereux. C’est horrible. Cela a également horrifié le président. Il en a parlé », a souligné Netanyahu, en référence à l’avertissement lancé par Trump au Hamas, lundi, le mettant en garde contre l’utilisation des otages comme boucliers humains.
« LES JEUX SERONT FAITS » si les informations selon lesquelles le groupe terroriste palestinien ferait remonter des otages à la surface pour empêcher l’armée israélienne de prendre le contrôle de Gaza-City s’avéraient exactes, avait écrit le président sur son réseau social, Truth Social.
Netanyahu a ajouté son propre avertissement à l’intention du Hamas, déclarant que « s’ils touchent ne serait-ce qu’un seul cheveu d’un seul otage, nous les traquerons avec une force encore plus grande jusqu’à la fin de leur vie – et cette fin arrivera beaucoup plus vite qu’ils ne le pensent. »
« Et voici ce que je dis aux dirigeants du Hamas : vous n’aurez plus aucun endroit où vous réfugier. Mais nos efforts pour vous atteindre seront multipliés par sept, et nous vous atteindrons beaucoup plus vite que vous ne le pensez. »
Des familles d’otages ont exprimé leur profonde inquiétude pour leurs proches après avoir appris que le Hamas retenait des otages à Gaza-City afin de dissuader les troupes israéliennes d’attaquer.
Répondant aux informations faisant état d’un désaccord profond entre le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, et lui-même sur la manière de mener la guerre à Gaza, Netanyahu a déclaré que les fuites « mensongères » et les briefings « partiaux » nuisaient à l’effort de guerre.
« Je trouve absolument inacceptable que des fuites, souvent fausses, et des communiqués, presque toujours biaisés et motivés par des intérêts particuliers, soient rendus publics », a-t-il ajouté.
« Ces événements compliquent la gestion de la guerre, retardent clairement la libération de nos otages, mettent en danger nos soldats et sapent leur moral », a-t-il poursuivi.
« Ces choses-là ne doivent pas se produire. C’est pourquoi je ne ferai aucun commentaire sur ce genre de questions spécifiques. »
Lors de la conférence de presse – au cours de laquelle les journalistes s’étaient précipités dans le sous-sol du bureau du Premier ministre peu avant, alors que les sirènes d’alerte retentissaient en raison du lancement d’un missile houthi depuis le Yémen – Netanyahu a appelé à accélérer les efforts d’évacuation des Palestiniens de Gaza-City, affirmant que cela permettrait de mettre rapidement fin à cette guerre.
« En ce moment même, les Gazaouis quittent Gaza-City et près de 400 000 personnes ont déjà quitté les lieux », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il avait demandé, lors d’une discussion dans le bunker de commandement militaire, aux quartiers généraux de l’armée de la Kirya, à Tel Aviv plus tôt dans la journée, « je leur ai demandé de trouver des moyens de faciliter leur évacuation ».
« Ils veulent partir, ils veulent quitter la ville parce qu’ils le souhaitent. Ils répondent à nos appels, pas à ceux du Hamas qui, soit dit en passant, leur tire parfois dessus pour les en empêcher », a-t-il souligné.
Netanyahu a déclaré que les efforts visant à évacuer les Gazaouis avant le lancement de l’offensive majeure « portent leurs fruits, mais nous devons les intensifier, les accélérer, car nous avons intérêt à mettre fin rapidement à la guerre, et non à la terminer par une défaite ».
« À ceux qui disent : ‘Allez, finissez-en, mettez-y un terme.’ Mettre fin à cela par une défaite serait une énorme victoire pour les forces du mal, pour l’axe du mal iranien, qui s’en remettrait rapidement, car tout le monde surveille qui gagne. Si [le Hamas] survit, s’il reste là-bas, il considérera cela comme une victoire – et bien sûr, nous voulons obtenir l’effet inverse », a-t-il poursuivi.
La semaine dernière, Tsahal a ordonné aux habitants palestiniens de tous les quartiers de Gaza-City d’évacuer sans délai avant le lancement de l’Opération « Chars de Gédéon B ». Cependant, se déplacer peut coûter cher, et l’espace est limité dans le sud surpeuplé de la bande de Gaza. Beaucoup ont déclaré qu’ils ne partiraient pas, épuisés par les déplacements répétés au cours des vingt-trois mois de guerre.
Selon les estimations militaires communiquées mardi matin, plus de 370 000 habitants auraient quitté Gaza-City. Cette estimation contredit toutefois une précédente estimation de l’ONU, publiée plus tôt dans la journée, selon laquelle environ 220 000 Gazaouis avaient fui le nord de l’enclave au cours du mois dernier.
Concernant le départ volontaire des Gazaouis – un objectif que les partenaires d’extrême droite de la coalition Netanyahu souhaitent vivement voir se réaliser – le Premier ministre a déclaré : « Cette possibilité existe bel et bien ; elle n’a pas été écartée. Mais nous ne menons pas de campagne active dans ce sens. Ce n’est pas quelque chose que nous encourageons. »
Il a néanmoins condamné l’opposition internationale à cette idée.
« Contrairement à d’autres zones de guerre dans le monde, ils disent qu’il est immoral de les laisser partir. Je pense que ce qui est immoral, c’est de ne pas les laisser partir », a-t-il fait valoir.
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