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Des proches d’otages s’installent devant la résidence du Premier ministre

Les parents se sont précipitamment rendus à Jérusalem pour rappeler que leurs enfants étaient détenus dans les zones ciblées par Tsahal ; Trump : « Tout est possible » s'il s'avère que le Hamas sort les otages en guise de boucliers humains

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Des proches d'otages détenus à Gaza manifestant devant la résidence du Premier ministre, à Jérusalem, le 16 septembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des proches d'otages détenus à Gaza manifestant devant la résidence du Premier ministre, à Jérusalem, le 16 septembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

C’est en toute dernière minute que les familles des otages retenus à Gaza ont organisé une manifestation au domicile du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, dans la nuit de lundi à mardi, alors que l’armée israélienne commençait ses manœuvres terrestres destinées à prendre contrôle de Gaza-City, lesquelles pourraient, selon les proches, mettre en danger la vie des otages.

Selon plusieurs médias palestiniens, des chars israéliens sont entrés dans la ville du nord de Gaza dans laquelle des centaines de milliers de Palestiniens avaient trouvé refuge, mais ces informations n’ont pas été confirmées et l’armée israélienne n’a rien publié en ce sens.

Quand bien même l’opération terrestre n’aurait pas été lancée, il ne fait aucun doute que l’armée a intensifié ses opérations autour de Gaza-City.

Toujours selon les médias palestiniens, l’armée israélienne aurait frappé Gaza-City avec des avions de chasse, de l’artillerie et des drones, ce qui aurait provoqué des explosions massives audibles de loin. Des habitants du centre d’Israël ont déclaré avoir ressenti des vibrations suite à des frappes.

« Les bombardements sur Gaza-City sont intenses et permanents et le danger ne cesse de monter », a confié Ahmed Ghazal dans la nuit de lundi à mardi, ajoutant que des maisons avaient été détruites et que des habitants étaient coincés sous les décombres.

« Nous entendons leurs cris », a ajouté cet habitant de Gaza âgé de 25 ans.

Mahmoud Bassal, porte-parole de l’agence de défense civile de Gaza, dirigée par le Hamas, a déclaré à l’AFP que « les bombardements se poursuivent dans la ville de Gaza et le nombre de morts et de blessés ne cesse d’augmenter ».

Le ministre de la Défense israélienne, Israel Katz, a écrit sur X que les soldats « se battaient courageusement pour rendre possible la libération des otages et à la défaite du Hamas ».

«Gaza-City est en flammes. L’armée israélienne frappe les infrastructures terroristes avec une main de fer », a-t-il poursuivi. « Nous ne céderons pas et ne reculerons pas tant que notre mission ne sera pas terminée. »

Ces derniers jours, l’armée a mené des centaines de frappes sur Gaza-City, à commencer par des immeubles, avant une offensive imminente contre le Hamas dans la région.

Les autorités israéliennes ont déclaré que, ces dernières semaines, 300 000 Palestiniens avaient répondu aux appels de Tsahal d’évacuer Gaza-City dont la population avait culminé de par l’afflux d’un million de personnes déplacées cette année.

Ces ordres d’évacuation ont toutefois eu un impact limité, car les Palestiniens estiment que les autres parties de la bande de Gaza ne sont pas forcément plus sûres et le Hamas a exhorté les Gazaouis à ne pas tenir compte des avertissements israéliens.

Avant-même le début de l’opération dans Gaza-City, les deux millions d’habitants qui peuplent la bande de Gaza s’étaient déjà entassés dans des zones représentant moins d’un quart de l’enclave.

Les bombardements se sont intensifiés après que le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a affiché son soutien avec cette nouvelle offensive du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, à Gaza-City et son objectif officiel, à savoir éradiquer le Hamas.

De passage à Jérusalem lundi, Rubio n’a témoigné d’aucune dissension avec la position de Netanyahu, en affirmant qu’Israël pouvait « compter sur notre soutien indéfectible » lors de ses manoeuvres militaires à l’intérieur du territoire palestinien dévasté.

Trump menace à nouveau le Hamas

Lundi toujours, le président américain Donald Trump a écrit sur Truth Social qu’il avait récemment lu un rapport affirmant que le Hamas avait positionné des otages comme boucliers humains dans Gaza-City – une pratique qu’il a qualifiée d’« atrocité humaine » – et qui l’a conduit à menacer le groupe terroriste.

« Je viens de lire un article de presse selon lequel le Hamas a mis les otages au grand jour pour en faire des boucliers humains contre l’offensive terrestre d’Israël », a écrit Trump.

« J’espère que les dirigeants du Hamas savent dans quoi ils s’embarquent s’ils font cela. Il s’agit d’une atrocité humaine peu commune. Ne laissez pas faire une chose pareille ou TOUT SERA POSSIBLE. LIBÉREZ TOUS LES OTAGES MAINTENANT ! », a-t-il ajouté.

Le président américain a proféré des menaces contre le groupe terroriste du Hamas s’il n’accédait pas à ses demandes, mais sans dire clairement quelles actions il pourrait entreprendre.

Dimanche soir, la mère de l’otage Guy Gilboa-Dalal a annoncé avoir reçu des nouvelles selon lesquelles son fils avait été sorti des tunnels à Gaza-City afin de servir de bouclier humain aux membres du Hamas.

Plus tard, depuis le Bureau ovale, Trump a réitéré ses avertissements au Hamas lors d’un échange avec la presse.

« Merci, président Trump, pour votre soutien indéfectible à la bataille que livre Israël contre le Hamas et pour la libération de nos otages », a tweeté Netanyahu quelques minutes après le post de Trump sur Truth Social.

Le Hamas a ensuite réagi aux propos de Trump en affirmant qu’ils démontraient « un parti pris flagrant en faveur de la propagande sioniste » alors même qu’il savait pertinemment que Netanyahu avait ruiné les chances de parvenir à un accord pour mettre un terme à la guerre à Gaza.

L’organisation terroriste a ajouté que les États-Unis – et Israël – étaient à ses yeux responsables du durcissement de la guerre à Gaza.

« Le criminel de guerre Netanyahu porte l’entière responsabilité de la vie de ses prisonniers dans la bande de Gaza », a déclaré le groupe en ajoutant que la prise de contrôle de Gaza-City risquait de mettre en danger la vie des otages.

« Washington sait que Netanyahu a saboté les négociations en vue d’un accord, dernièrement en tentant d’assassiner les membres de la délégation chargée de négocier au Qatar au moment-même où ils discutaient de l’accord final de Trump », a indiqué le Hamas.

Des proches d’otages campent devant le domicile de Netanyahu

Tandis que des informations laissaient entendre que l’armée israélienne avait commencé son attaque sur Gaza-City, le Forum des familles d’otages a lancé un appel désespéré, tard dans la soirée de lundi, pour tenter de protéger leurs proches, qu’ils accusent Netanyahu de sacrifier.

« Cette 710e nuit à Gaza pourrait être la dernière nuit des otages qui survivent à grand peine, et aussi la dernière nuit pour retrouver la dépouille des otages tués, de façon à pouvoir les inhumer dignement », a déclaré le groupe dans un communiqué.

Le groupe estime en effet qu’une grande partie des 20 otages considérés vivants sont détenus dans la ville de Gaza.

« Le Premier ministre a fait le choix conscient de les sacrifier sur l’autel de considérations politiques », a ajouté le groupe en l’accusant de ne pas avoir voulu suivre les conseils du chef d’État-major de Tsahal, lequel lui aurait déconseillé ces manœuvres.

La mère de l’otage Matan Angrest a déclaré que son fils était détenu dans la zone frappée par l’armée israélienne à Gaza-City dans la nuit de lundi à mardi.

Des proches d’otages détenus à Gaza manifestent devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 16 septembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Je refuse que ce soit sa dernière nuit (en vie). Je me rends à la résidence du Premier ministre à Jérusalem. Venez avec moi ! », a tweeté Anat Angrest.

L’armée israélienne assure prendre des mesures pour éviter de cibler les zones dans lesquelles les otages sont retenus, alors même qu’elle l’a déjà fait par le passé, sans le savoir, ce qui avait conduit, directement ou indirectement, à la mort d’un certain nombre d’otages.

Einav Zangauker, dont le fils Matan est lui aussi séquestré à Gaza, a tweeté : « Nous entendons les bombardements qui pleuvent sur nos enfants et nous ne pouvons pas rester chez nous sans rien faire. »

Elle a accusé Netanyahu d’avoir pris la décision de tuer les otages et de « sacrifier un pays entier à son avenir politique ».

« Nous voulons le retour de nos enfants dans le cadre d’un accord global qui mette aussi fin à la guerre », a ajouté Zangauker.

La mère de l’otage Nimrod Cohen, Vicky Cohen, s’est adressée directement à son fils en écrivant sur X.

« Mon enfant, je sais que les bombardements autour de toi ébranlent le tunnel dans lequel tu te trouves », a-t-elle écrit.

« J’aimerais pouvoir te dire de prendre soin de toi, mais nous savons tous les deux que ce n’est pas toi qui décide. Je t’envoie de la force et je te le demande : Sois fort et ne perds pas espoir. »

L’ex-otage Arbel Yehoud, dont le petit ami Ariel Cunio est toujours séquestré à Gaza, en a appelé à la population, sur Instagram, en chemin pour Jérusalem, pour aller manifester devant la résidence de Netanyahu.

« Mon Ariel est en grand danger. Le bruit des explosions à Gaza fait trembler les murs de ma maison tout autant que mon cœur. Je vais à Jérusalem à la résidence du Premier ministre, et j’ai besoin de vous avec moi pour sauver tout le monde », a-t-elle écrit.

Le Forum des familles d’otages a ensuite publié une déclaration disant que Netanyahu cavait été informé du projet des « familles de venir manifester près de chez lui à Jérusalem et qu’il était parti précipitamment ».

Le forum a réitéré son appel à la population afin qu’elle se joigne à la manifestation à Jérusalem.

La participation à cette manifestation n’a pas été très importante, sans doute en raison de son organisation en toute dernière minute et à une heure tardive.

Les parents des otages Matan Zangauker, Matan Angrest et Rom Braslavski ont campé dans des sacs de couchage dans la rue Azza, la police leur ayant interdit d’installer des tentes dans la rue. Ils ont été rejoints par le père de l’otage tué Guy Iluz et d’autres proches des 48 otages toujours aux mains de Gaza.

La mère de Zangauker, Einav, a déclaré aux journalistes que les familles n’avaient pas l’intention de partir car elles craignaient que les opérations militaires ordonnées par le gouvernement ne mettent en danger la vie de leurs proches.

« Sara (Netanyahu), venez ici et redîtes-moi ce que vous m’avez promis à Nir Oz. Il y a d’autres pères et mères ici. Venez me dire que vous m’avez menti les yeux dans les yeux, que vous m’avez assurée que vous alliez conclure un accord pour faire libérer tout le monde. Venez me dire que vous m’avez menti. Vous savez vous y prendre pour voir les familles à huis clos, loin des médias, loin de tout, et leur raconter n’importe quoi. Ça suffit ! J’entends presque Zangauker crier. »

« Je veux une chose : que ce pays se réveille et fasse revenir mon enfant et les 47 autres otages – les vivants et les morts – et que nos soldats rentrent chez eux », a-t-elle poursuivi.

Netanyahu « n’est pas content de nous entendre, surtout ici, alors il s’est enfui comme un lâche. Mais nous le suivrons partout, de jour comme de nuit. C’est fini. Les hostilités sont ouvertes. S’il ne revient pas sur sa décision et envoie nos précieux, courageux et héroïques soldats se battre alors que nos otages servent de boucliers humains, c’est qu’il n’est plus digne d’être Premier ministre ! » a-t-elle conclu.

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