Des proches d’otages décrètent l’état d’urgence et campent devant le domicile de Netanyahu
Le Forum des otages "restera là" jusqu'à ce que les 48 otages soient libérés ; le Forum Tikva exhorte à anéantir le Hamas ou à cesser de risquer la vie des soldats

Le Forum des familles des otages et disparus, qui représente la majorité des proches des otages dans le pays, a déclaré mardi « l’état d’urgence » en raison du lancement de la nouvelle offensive de l’armée israélienne à Gaza-City, annonçant qu’il avait installé un campement de tentes devant la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem pendant la nuit.
L’annonce de ce campement, qui selon le forum a été approuvé par la police, est survenue après que certains proches des otages ont campé devant la résidence lundi soir, après avoir appris le lancement de l’opération à Gaza-City.
« Suite à des informations faisant état d’incursions de chars et de bombardements massifs à Gaza-City, des familles d’otages, terrifiées par le sort de leurs proches, se sont spontanément rassemblées tard dans la nuit devant la résidence du Premier ministre, rue Azza, à Jérusalem, pour demander que l’on vienne en aide à leurs proches et aux autres otages », a déclaré par voie de communiqué ce groupe qui représente les proches de la plupart des otages.
« Rejoignez-nous devant la résidence du Premier ministre », a déclaré le forum dans un appel lancé à la population.
« L’heure est venue ! Il n’y aura pas d’autre occasion de sauver nos frères et sœurs qui souffrent dans les tunnels depuis 711 jours. Nous ne pouvons pas sacrifier les otages. Ensemble, nous sauverons Israël ! »
Des proches d’otages ont exprimé leurs craintes de plus en plus pressantes que l’opération visant à prendre le contrôle de Gaza-City mette encore davantage leurs proches en danger. Quarante-huit otages sont détenus par des groupes terroristes à Gaza, dont vingt seraient encore en vie.
Le forum a souligné que le campement « restera en place jusqu’à ce que Netanyahu écoute et mette en œuvre la volonté du peuple, à savoir le retour immédiat de tous les otages et la fin de la guerre », ajoutant que des manifestations y seront organisées tous les soirs à 19 h 30.
Ruth Strom, mère de l’otage Eitan Horn et de son frère, Iaïr, relâché des geôles de Gaza en février, a déclaré à Ynet que mardi avait été « une journée horrible ».
« Mon gouvernement ne fait rien pour ramener les otages. Je ne pensais pas que nous en arriverions là. Je pensais que quelques personnes au sein du gouvernement auraient du cœur et comprendraient que la bonne chose à faire était de ramener tout le monde à la maison », a-t-elle poursuivi.
« Je ne suis pas une politicienne. Je suis juste une mère qui, malheureusement, a vu deux de ses trois fils pris en otages. Nous avons vu la pression militaire tuer des otages. Cela n’a pas aidé. J’ai toujours pensé que mon gouvernement en prendrait conscience et déciderait qu’il faut parfois renoncer à certaines choses pour obtenir ce que l’on veut : le retour de tous les otages. »
Strom a ajouté qu’elle pensait à Eitan en permanence et qu’elle ne pouvait pas renoncer à se battre pour son retour tant qu’elle le savait en vie.
Michel Illouz, père de l’otage assassiné Guy Illouz, a déclaré à Ynet que les familles n’avaient pas l’intention de quitter la rue Azza, où réside Netanyahu.
« La rue Azza s’appellera désormais rue des Otages. Nous allons nous fortifier, ériger une ville de tentes, envahir chaque parcelle de Jérusalem jusqu’à ce que le Premier ministre mette fin à la guerre », a-t-il déclaré.
Illouz a qualifié de « mensonge » l’affirmation répétée du gouvernement selon laquelle la pression militaire permettrait de récupérer les otages.
« Est-ce que quelqu’un trouve normal que je me batte depuis presque deux ans pour que mon fils ait une tombe ? Mon fils a été enlevé alors qu’il était encore en vie, et il fait partie des 42 otages qui ont été assassinés pendant leur captivité. Que veulent-ils faire maintenant ? Continuer à assassiner d’autres otages ? » a-t-il demandé.
Einav Zangauker, mère de l’otage Matan Zangauker, a déclaré que puisque Netanyahu et son équipe avaient « opté pour une guerre éternelle », les familles des otages ne laisseraient pas leurs foyers tranquilles.
« À chaque mesure unilatérale qui ne correspond pas à nos exigences, nous réagirons comme nous l’avons fait hier soir. Si Matan n’est pas en sécurité, les décideurs devront se méfier sérieusement de nous », a-t-elle menacé.
« Nous ne leur laisserons pas de répit. Nous ne les laisserons pas donner de conférences, se réunir pendant Shabbat ou célébrer les fêtes. Cela n’arrivera pas. Nous en avons assez d’être polis, nous en avons assez de bloquer les routes une demi-heure de temps. Nous en avons assez d’être gentils. Si les décideurs annoncent qu’ils mettent fin à la guerre à Gaza et qu’ils ont un véritable plan, alors seulement nous cesserons. À partir de maintenant, nous ne ferons que hausser le ton. »
Anat Angrest, mère du soldat otage Matan Angrest, a appelé les Israéliens à se joindre à la manifestation.
« Cette fois-ci, nous ne bougerons pas. Nous voulons rester ici au moins jusqu’à la veille de Rosh HaShana [lundi soir] », a-t-elle assuré.
« Nous affirmons que cela doit cesser. Nous allons mettre fin au cycle de violence pour les otages et nos soldats à Gaza. »
Cependant, toutes les familles des otages ne se sont pas opposées à cette nouvelle opération. Le Forum Tikva, qui représente certaines familles d’otages et de soldats tombés au combat, a exhorté Netanyahu à mener l’offensive aussi loin que nécessaire afin de vaincre définitivement le groupe terroriste palestinien du Hamas.
« Monsieur le Premier ministre, cette fois-ci, allez jusqu’au bout », a déclaré le Forum Tikva.
« Il n’y a aucune chance que cette opération se termine par des atermoiements. Il est impossible que vous ne vainquiez pas le Hamas dans cette opération. »
La nouvelle opération s’intitule « Chars de Gédéon B ». Elle fait suite à l’Opération « Chars de Gédéon », lancée en mai avec pour objectif d’occuper 75 % de la bande de Gaza afin de contraindre le groupe terroriste à relâcher les otages, mais qui s’est achevée sans avoir atteint ses objectifs.
Le Forum Tikva a déclaré qu’il « ne devait pas y avoir de ‘Chars de Gédéon C’ ».
« Nous vous avons apporté notre soutien depuis le début pour que le Hamas soit vaincu et que les otages soient libérés », a poursuivi le Forum Tikva.
« Si ce n’est pas votre intention, ne mettez pas les soldats en danger. »
« Nous vous sommes reconnaissants, nous vous soutenons et nous prions pour votre retour en toute sécurité, jusqu’à ce que le Hamas soit vaincu et que nos proches reviennent », a ajouté le Forum Tikva à l’adresse des soldats de Tsahal.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 48 otages, dont 47 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.
Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 26 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont exprimé de vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.
Le Hamas a relâché 30 otages – 20 civils, 5 soldates et 5 ressortissants thaïlandais – ainsi que les corps de huit otages israéliens au cours de l’accord de cessez-le-feu en vigueur entre janvier et mars. Puis, en guise de « signe de bonne volonté » envers les États-Unis, il a libéré un autre otage, un citoyen américano-israélien, en mai.
Il avait précédemment libéré 105 civils au cours de la semaine de trêve de la fin novembre 2023, et quatre otages avaient été libérées auparavant, au cours des premières semaines de la guerre.
En échange, Israël a libéré quelque 2 000 terroristes palestiniens emprisonnés, ainsi que des prisonniers et des suspects de terrorisme gazaouis arrêtés pendant la guerre.
Huit otages vivants ont été secourus par les soldats et les dépouilles de 51 otages ont été récupérées, dont celles de trois Israéliens tués accidentellement par Tsahal et d’un soldat tué en 2014.







