Pas d’écart de croissance entre bébés végétariens, végétaliens et les autres – étude
Des chercheuses de l'Université Ben Gurion et le ministère de la Santé ont suivi 1,2 million de nourrissons pendant 10 ans ; leur recherche a dissipé le mythe de la viande
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Une étude révolutionnaire menée auprès de près de 1,2 million de nourrissons par des chercheuses de l’Université Ben Gurion du Néguev et par le département de nutrition du ministère de la Santé a révélé que les nourrissons issus de foyers végétariens et végétaliens suivaient une courbe de croissance presque identique à celle de leurs pairs omnivores à l’âge de 2 ans.
Cette étude évaluée par des pairs, menée par Kerem Avital, diététicienne clinicienne et doctorante, et par la professeure Danit R. Shahar, toutes deux de l’Université Ben Gurion du Néguev, a récemment été publiée dans JAMA Network Open.
« Dans le contexte des pays développés, ces résultats sont très rassurants », a déclaré Avital au site Zman Yisrael, la version en hébreu du Times of Israel.
« Les données suggèrent que dans un environnement approprié, les régimes à base de plantes ne compromettent pas le développement physique fondamental des nourrissons », a-t-elle ajouté.
Le ministère de la Santé a fourni des données couvrant la période comprise entre 2014 et 2023, qui ont permis de suivre le développement d’environ 70 % des enfants du pays.
« Il s’agit d’une énorme quantité de données auxquelles nous avons eu accès grâce au fait qu’en Israël, près de 95 % des bébés sont amenés dans un Tipat Halav [centre de bien-être pour bébés] », a déclaré Avital.
« C’est une statistique incroyable. »
Statistiques vitales sur les nourrissons
Les chercheuses ont recueilli des données sur le développement des bébés : poids, taille et périmètre crânien au cours des deux premières années de vie.
Elles ont ensuite comparé trois groupes : les bébés issus de familles omnivores, végétariennes ou végétaliennes.
Avital a expliqué que le terme « omnivore » désignait la famille et non le bébé, car on part du principe que les habitudes alimentaires déclarées par les parents s’appliquent également au bébé.
Cette étude a révélé que les nourrissons issus de foyers végétaliens suivaient de près leurs pairs omnivores pour toutes les mesures, y compris en ce qui concerne le poids, la taille et le périmètre crânien.
Si les nourrissons végétaliens ont présenté un risque accru d’être en sous-poids durant les 60 premiers jours de leur vie, cette disparité s’est atténuée et elle n’a plus été statistiquement significative à l’âge de 24 mois.
Selon Avital, la cause de cet écart de poids à la naissance est que les mères végétaliennes ont tendance à avoir un indice de masse corporelle (IMC) plus faible.
En outre, les taux de retard de croissance sont restés faibles dans le cadre de tous les régimes alimentaires, sans différence statistiquement significative entre les groupes à l’âge de deux ans.
La chercheuse a souligné l’importance de régimes alimentaires à base de plantes bien planifiés, accompagnés de conseils nutritionnels pendant la grossesse et la petite enfance, pour favoriser un développement optimal du nourrisson.
« Contrairement à la croyance populaire, les aliments végétaux contiennent plus de fer que la viande »
Avital a récemment présenté les résultats de l’étude à des médecins dans un centre de santé familiale. « Ils m’ont posé beaucoup de questions et ils ont fini par me dire : ‘Waouh, vous avez brisé certains mythes’ », a-t-elle relaté.
Avital recueille actuellement des données dans le cadre d’une étude visant à déterminer s’il existe une différence dans le taux de fer chez les bébés issus de familles végétaliennes, végétariennes et omnivores.
« Je peux déjà vous dire qu’il n’y aura aucune différence », a-t-elle déclaré.
« Contrairement à la croyance populaire, les aliments végétaux comme les haricots contiennent plus de fer que la viande. »
« Bien que le fer contenu dans la viande soit absorbé plus rapidement, les mères végétaliennes donnent à leurs enfants les aliments les plus riches en fer, comme le tofu, les légumineuses, les graines et les noix, ce qui finit par équilibrer les choses. »
La chercheuse a souligné que le message principal à faire passer aux parents était qu’un nourrisson n’a pas besoin de manger de viande pour grandir.
Selon elle, l’essentiel est que le bébé « mange de vrais aliments et non des aliments ultra-transformés et de la malbouffe ».
« Le monde végétalien regorge également de substituts transformés aujourd’hui. Les Bamba et le Coca-Cola font partie d’un menu végétalien, mais ce n’est pas un menu avec lequel un enfant que vous aimez devrait grandir. »
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