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Pezeshkian accuse Israël d’avoir tenté de l’assassiner, se dit ouvert à négocier

Interviewé par Tucker Carlson, le président iranien se demande comment il peut faire confiance à Washington si les négociations reprennent

Le commentateur américain Tucker Carlson (à gauche) s'entretenant avec le président iranien Masosud Pezeshkian, dans une interview diffusée le 7 juillet 2025. (Crédit : Capture d'écran de l'émission Tucker Carlson Show)
Le commentateur américain Tucker Carlson (à gauche) s'entretenant avec le président iranien Masosud Pezeshkian, dans une interview diffusée le 7 juillet 2025. (Crédit : Capture d'écran de l'émission Tucker Carlson Show)

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a accusé Israël d’avoir tenté de l’assassiner et a assuré que son pays était disposé à reprendre les pourparlers avec les États-Unis, malgré une campagne de bombardements en juin contre des sites nucléaires iraniens.

Dans un entretien accordé à l’animateur américain Tucker Carlson et diffusé lundi, Pezeshkian a accusé Israël d’avoir tenté de l’assassiner sans préciser si cette tentative avait eu lieu durant la guerre de douze jours entre les deux pays, qui s’est achevée par un cessez-le-feu.

« Ils ont essayé oui. Ils ont agi en conséquence mais ils ont échoué », a affirmé Pezeshkian.

Interrogé sur la manière dont il était sûr d’une telle tentative, il a répondu : « Bien sûr, ce n’étaient pas les États-Unis qui étaient derrière cette tentative d’assassinat… C’était Israël », selon une traduction persan-anglais fournie lors de l’interview.

« J’étais à une réunion […], ils ont tenté de bombarder la zone où nous tenions cette réunion », a ajouté le président iranien, assurant que « c’était Israël », selon une traduction en anglais de ses propos par un interprète.

Pezeshkian n’a pas précisé la date de la tentative d’assassinat présumée, ni si elle s’était produite pendant le conflit du mois dernier.

Israël affirme que son offensive de grande envergure, qui a débuté 61 jours après que le président américain Donald Trump a fixé un délai de 60 jours pour parvenir à un accord sur le nucléaire, et qui visait les principaux dirigeants militaires iraniens, des scientifiques nucléaires, des sites d’enrichissement d’uranium et le programme de missiles balistiques, et était nécessaire pour empêcher la République islamique de mener à bien son projet déclaré de détruire l’État juif.

Parmi les hauts responsables militaires éliminés figuraient le général Hossein Salami, chef du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, le général Amir Ali Hajizadeh, responsable du programme de missiles balistiques du CGRI, et Mohammad Bagheri, général de division du CGRI et numéro deux des forces armées après le dirigeant iranien.

Les dirigeants politiques ont été épargnés par les attaques, et aucune tentative d’attentat contre Pezeshkian n’avait été signalée auparavant.

Lors d’une conférence de presse lundi, le ministre de la Défense israélien, Israel Katz, a affirmé que « le changement de régime n’était pas un objectif » de l’Opération « Rising Lion ».

« Nous voulions simplement les défier et les empêcher de continuer à échanger des coups », a-t-il déclaré.

Le 22 juin, les États-Unis ont rejoint l’offensive en frappant des installations nucléaires iraniennes clés à Natanz, Fordo et Ispahan.

Après la guerre, Trump a affirmé qu’il avait empêché les forces américaines et israéliennes de tuer le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, tandis que Katz a déclaré qu’Israël n’avait pas éliminé Khamenei parce qu’il ignorait où il se cachait sous terre.

L’Iran a toujours nié chercher à se doter d’armes nucléaires. Il a toutefois enrichi de l’uranium à des niveaux qui n’ont aucune application pacifique, a empêché les inspecteurs internationaux de contrôler ses installations nucléaires et a renforcé ses capacités en matière de missiles balistiques. Jérusalem affirme que Téhéran a récemment pris des mesures en vue de se doter d’armes nucléaires.

Cette image satellite fournie par Maxar Technologies et datée du 1ᵉʳ juillet 2025 montre une vue d’ensemble du complexe d’enrichissement d’uranium de Fordo, dans le centre de l’Iran. (Crédit : Image satellite ©2025 Maxar Technologies/AFP)

L’Iran a riposté aux frappes israéliennes en lançant plus de 500 missiles balistiques et environ 1 100 drones contre Israël. Selon les autorités sanitaires et les hôpitaux, ces attaques ont fait 28 morts et plus de 3 000 blessés en Israël.

Samedi, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a participé à une cérémonie religieuse à Téhéran, selon des images diffusées par les médias d’État, les premières le montrant en public depuis le cessez-le-feu avec Israël, le 24 juin.

Malgré les bombardements américains, Pezeshkian a déclaré que l’Iran n’avait « aucun problème » à reprendre des discussions sur le nucléaire avec les États-Unis.

Une sixième session de ces pourparlers, qui devait se tenir le 15 juin sous médiation omanaise, avait été annulée après le déclenchement de l’attaque israélienne.

La couverture d’un magazine dans un kiosque à Téhéran le 19 avril 2025, consacrée aux négociations entre l’Iran et les États-Unis sur le programme nucléaire iranien qui devaient débuter le même jour à Rome. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Le président iranien s’est toutefois demandé « comment » son pays pourrait « à nouveau faire confiance » aux États-Unis.

« Comment pouvons-nous savoir avec certitude qu’au milieu des négociations, le régime israélien ne sera pas autorisé à nous attaquer à nouveau ? », s’est également interrogé le président iranien, élu sur la promesse de renouer le dialogue avec l’Occident afin d’obtenir la levée des sanctions qui plombent l’économie iranienne.

« Même à l’heure actuelle […] rien n’empêche » des investissements américains en Iran, a souligné Pezeshkian.

Jeudi, Axios a rapporté que l’envoyé spécial de la Maison Blanche, Steve Witkoff, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, allaient reprendre les négociations sur le nucléaire à Oslo, lors de leur première rencontre depuis le début de la guerre.

Ni Washington ni Téhéran n’ont confirmé cette information.

Dimanche, Trump a déclaré que son administration « travaillait sur beaucoup de choses » avec Israël, notamment « probablement un accord permanent avec l’Iran ».

Le principal obstacle à un accord réside dans l’insistance de l’Iran à vouloir conserver son programme d’enrichissement d’uranium, alors que Washington exige que Téhéran y renonce complètement.

Dans son entretien avec Carlson, Pezeshkian a insisté sur le fait que l’Iran ne cherchait pas à se doter d’armes nucléaires, affirmant que « c’est Netanyahu, depuis 1984, qui a créé cette fausse idée reçue selon laquelle l’Iran cherche à se doter de la bombe atomique », et qu’Israël « l’a inculquée à tous les présidents américains depuis lors ».

Interrogé sur les menaces iraniennes envers les États-Unis, il a répondu : « Je tiens à vous rappeler que l’Iran n’a jamais envahi un autre pays au cours des 200 dernières années. »

Après avoir repoussé l’invasion initiale de l’Irak en 1980, les forces iraniennes ont lancé leurs propres offensives à l’intérieur du territoire irakien. De plus, ses mandataires ont combattu dans des conflits à travers le Moyen-Orient depuis la Révolution islamique de 1979.

« Quand ils disent ‘mort aux États-Unis’, ils ne visent pas le peuple américain ni même les dirigeants américains. Ils veulent dire : mort aux crimes, mort aux massacres et aux carnages, mort au soutien du meurtre d’autrui, mort à l’insécurité et à l’instabilité. Avez-vous déjà entendu d’un Iranien qui aurait tué un Américain ? », a demandé Pezeshkian.

Depuis 1979, le régime iranien a mené plusieurs attaques contre des citoyens américains par l’intermédiaire de ses mandataires, a pris en otage des diplomates américains pendant 444 jours pendant la révolution et a été accusé d’avoir tenté d’assassiner des responsables américains, dont Trump.

De plus, en 2020, la famille de l’ancien agent du FBI Robert Levinson a affirmé qu’il était mort dans une prison iranienne, après avoir disparu dans ce pays en 2007.

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