Pour le Hezbollah, une « bataille existentielle » avec Israël qui pourrait être la dernière
Selon une source au sein du groupe terroriste, le Hezbollah "avait pris la décision d'entrer en guerre depuis des mois et attendait un changement régional, survenu avec l'offensive américano-israélienne"
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Sorti très affaibli de sa précédente guerre contre Israël, il y a quinze mois, le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah a réorganisé ses forces et mène aujourd’hui une bataille « existentielle » contre son ennemi juré, qui, selon des analystes, pourrait être la dernière.
Le groupe terroriste armé et financé par Téhéran a entraîné le Liban dans la guerre régionale en tirant des missiles contre Israël le 2 mars, pour venger la mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.
En représailles, Israël a lancé une campagne de frappes aériennes massive qui aurait fait plus de 770 morts, et menace désormais d’une incursion terrestre.
Ces chiffres sont invérifiables et ne font pas la distinction entre civils et terroristes.
Vendredi soir, dans un discours, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a parlé de « bataille existentielle » contre Israël, se disant prêt à « une longue confrontation ».
Qassem a succédé à Hassan Nasrallah, éliminé lors de la précédente guerre en 2024 par Israël, qui a décapité le groupe terroriste et détruit une partie de son arsenal.
« Le parti est entré en guerre avec tout ce qu’il possède. Soit il est annihilé, soit il consacre une nouvelle équation qui implique le retrait complet d’Israël du Liban et l’arrêt de ses agressions », affirme à l’AFP une source au sein du groupe terroriste pro-République islamique.
Cette source précise, sous couvert d’anonymat, que le Hezbollah « avait pris la décision d’entrer en guerre depuis des mois et attendait un changement régional, survenu avec l’offensive américano-israélienne contre l’Iran ».
« Il savait parfaitement que, quelle qu’en soit l’issue, son tour viendrait et qu’Israël lancerait une vaste campagne à son encontre. »
« Jusqu’au dernier souffle »
Depuis la fin de la dernière guerre en novembre 2024, le Hezbollah respectait le cessez-le-feu et s’était abstenu de répondre aux attaques israéliennes régulières qui auraient fait quelque 500 morts, dont un grand nombre de terroristes, jusqu’à ce nouveau conflit.
« Il a absorbé les chocs, pansé ses plaies, comblé ses lacunes et a réorganisé ses rangs », décrit la même source.
« Il mène aujourd’hui la bataille à laquelle il s’est préparé. »
« Pour le Hezbollah, c’est une bataille existentielle, car c’est sa tête qui est mise à prix, et il combattra donc jusqu’au dernier souffle », analyse l’expert militaire Hassan Jouni.
« Pour Israël, c’est la dernière bataille avec le Hezbollah », car il considère que « les conditions lui sont propices pour l’anéantir », ajoute-t-il.
En effet, la relation entre l’État libanais et le Hezbollah est au plus bas, l’administration Trump veut en finir avec le groupe terroriste et le régime iranien est « très affaibli ».
Cette semaine, le président libanais, Joseph Aoun, a accusé le Hezbollah d’œuvrer à « l’effondrement du Liban » pour le compte de l’Iran, et le gouvernement a interdit, dès le 2 mars, les activités « militaires » et sécuritaires du groupe terroriste.
Il avait déjà adopté un plan pour le désarmer et l’armée avait affirmé en janvier avoir achevé la première phase de ce plan de désarmement, couvrant la région située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.
Timing surprise
Jusqu’à tard dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 mars, aucun responsable libanais n’était au courant de la décision du Hezbollah d’entraîner le pays dans la guerre régionale.
Une demi-heure avant le lancement des premiers missiles, le groupe terroriste a envoyé une délégation pour informer son allié chiite, le président du Parlement Nabih Berri, de sa décision, révèle une source proche du dossier à l’AFP.
Elle a surpris ses alliés comme ses adversaires par sa capacité à lancer des attaques menaçant Israël, et à s’opposer à l’armée israélienne sur le terrain, malgré les coups sévères subis ces dernières années et la perte de sa principale route d’approvisionnement à travers la Syrie après la chute de Bachar al-Assad.
Mais le coût de cette guerre est énorme : une grande partie des plus de 800 000 déplacés viennent des bastions traditionnels du groupe terroriste chiite, qui jusqu’alors l’avaient toujours vu comme un vainqueur.
Le Hezbollah semble déterminé à aller jusqu’au bout, tandis que l’État libanais, qui n’a pas obtenu de réponse à son offre de négociations directes avec Israël, est dépassé.
Israël continue de menacer son voisin s’il n’agit pas davantage pour désarmer le groupe terroriste.
Pour le professeur universitaire et avocat Ali Mourad, « il est clair que la priorité du Hezbollah était d’ouvrir le front du Liban pour servir l’agenda iranien, alors qu’il n’a pas agi pendant quinze mois malgré les frappes » israéliennes.
« Il a cessé d’être une force régionale et une arme stratégique », poursuit-il, estimant que « cette guerre ne se terminera pas par une victoire ».
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