Pour les 50 ans de Ben Gvir : gâteaux aux nœuds coulants au milieu de hauts gradés de la police
Naftali Bennett condamne les invitations du ministre de la Sécurité nationale et promet de licencier les responsables qui politisent leurs fonctions s'il remporte les élections
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Suite à l’invitation lancée samedi soir par le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, à des hauts responsables de la police israélienne pour fêter son 50ᵉ anniversaire, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett a réitéré sa promesse de limoger toute personne qui profiterait de sa fonction publique à des fins politiques s’il remportait les prochaines élections législatives.
Cette fête a suscité la controverse, tant pour la liste des invités que pour les centres de table : des gâteaux d’anniversaire destinés au ministre ultra-nationaliste et ornés de nœuds coulants et d’armes à feu.
Ben Gvir, qui supervise la police, a fêté son anniversaire dans un lieu situé dans le moshav Emunim, près d’Ashdod, dans le sud d’Israël. La liste des invités comprenait des personnalités politiques de haut rang, des activistes de droite et des membres de l’état-major de la police.
Le ministre fait l’objet d’une enquête pour influence indue sur la police, notamment dans le cadre de recours déposés auprès de la Haute Cour de justice demandant sa destitution. Les invitations adressées aux commandants de la police, auxquelles le chef de la police, Danny Levy, a donné son accord, ont suscité de nouvelles inquiétudes quant à la pression exercée par Ben Gvir sur les forces de l’ordre, ce qui, selon les critiques, risquerait de compromettre l’indépendance de la police.
Bennett, qui se présente aux élections d’automne pour renverser le gouvernement actuel dont fait partie Ben Gvir, a fait écho à ces inquiétudes dans un message publié sur le réseau social X, accompagné d’une copie de l’invitation. Il a vivement critiqué la décision de Levy d’autoriser la présence de hauts responsables de la police et a réitéré son engagement à révoquer les fonctionnaires qui politisent leurs fonctions.
« Des dizaines de milliers de policiers israéliens dévoués et compétents méritent un commandement honnête, efficace et digne d’un homme d’État, qui donne l’exemple », a écrit Bennett.
רבבות שוטרות ושוטרי ישראל המסורים והטובים ראויים לפיקוד ישר, יעיל וממלכתי שמעניק דוגמא אישית.
אני מודיע:
משרת ציבור, בכל תפקיד ובכל ארגון ממשלתי, אשר יפר את חובת האמונים שלו למדינה וינצל את תפקידו בצורה פוליטית ולא ממלכתית, יודח באופן מיידי. pic.twitter.com/uO72LIUR66— Naftali Bennett נפתלי בנט (@naftalibennett) May 2, 2026
« Tout fonctionnaire, quel que soit son rôle et l’organe gouvernemental dont il relève, qui manquera à son devoir fiduciaire envers le pays et exploitera sa fonction de manière politique et indigne d’un homme d’État sera immédiatement démis de ses fonctions. »
Ben Gvir a brièvement réagi en écrivant : « Naftali n’a ni amis, ni relations professionnelles – envoyez-lui un gâteau de la part du parti. »
Le député Yoav Segalovitz (Yesh Atid), ancien enquêteur de haut rang de la police, a également qualifié la décision d’autoriser les officiers à participer à la fête de « grave incident sur le plan moral et éthique ».
Peu après, une série de hauts responsables de la police et de personnalités politiques de premier plan ont été aperçus arrivant à la fête.
Parmi les personnalités de droite figuraient Yoav Eliasi, un rappeur connu sous le nom de « The Shadow » et qui a reçu un grade honorifique de la police en 2024, le ministre des Communications Shlomo Karhi (Likud), et Bentzi Gopstein, l’acolyte du défunt rabbin extrémiste Meïr Kahane qui dirige un groupe opposé aux mariages mixtes.
Le ministre des Affaires étrangères Israel Katz (Likud), le président de la Knesset Amir Ohana (Likud), le ministre de l’Éducation, Yoav Kisch (Likud), et le ministre de l’Énergie Eli Cohen (Likud) étaient également présents, selon certaines sources.
Le commissaire adjoint Avshalom Peled, commandant du district de Jérusalem, ainsi que le chef de la police du district sud, Haïm Bublil, le commandant du district central de l’Administration pénitentiaire israélienne (IPS), Sagi Shlomi, le commandant du district sud de l’IPS, Yuval Erlich, et le commandant du district nord de l’IPS, Shmuel Lavi, étaient également présents.
Dans une note interne du chef de la police obtenue par les médias israéliens, Levy a écrit que seuls les membres du haut commandement de la police étaient autorisés à se rendre à la fête.
מפקד המשמר הלאומי נחשון מגלר ומפקד מחוז ירושלים אבשי פלד. pic.twitter.com/jW0YIAhk5k
— Josh Breiner (@JoshBreiner) May 2, 2026
« Les policiers qui ne font pas partie du haut commandement et qui ont été invités à l’événement ne sont pas autorisés à y assister », indiquait la note.
Les controverses entourant cette fête ne se sont toutefois pas limitées à la liste des invités.
Une photo publiée sur Instagram par le ministre ultra-nationaliste montrait qu’on lui avait offert une grande pièce montée à trois étages, surmontée d’un nœud coulant doré – une référence à la loi controversée imposant la peine de mort aux terroristes palestiniens condamnés, défendue de longue date par Ben Gvir et son parti Otzma Yehudit et adoptée par la Knesset au mois de mars.
Le niveau inférieur du gâteau représentait deux armes à feu pointées vers une carte d’Israël incluant Gaza et la Cisjordanie, symbolisant les politiques controversées de Ben Gvir en matière d’armes à feu, considérablement assouplies pendant son mandat.
חגיגות יום ההולדת של השר איתמר בן גביר:
על העוגה – סמל של חבל תלייה לצד הכיתוב ״לפעמים חלומות מתגשמים״ pic.twitter.com/rEzCh6wstZ— Lee Ayash (@lee_ayash) May 2, 2026
Selon les images de la fête, l’épouse de Ben Gvir, Ayala, lui a offert un autre gâteau d’anniversaire, plus petit, également orné d’une grande photo d’un nœud coulant.
Le texte autour du nœud coulant disait : « Félicitations au ministre Ben Gvir. Les rêves deviennent parfois réalité. »
Lors d’une série d’interviews télévisées accordées cette semaine, Bennett s’est engagé à licencier les fonctionnaires politisés, après avoir fusionné son parti avec la faction centriste Yesh Atid de Yaïr Lapid dans le but de détrôner le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Interrogé par la chaîne N12, Bennett a déclaré que les fonctionnaires seraient évalués « non pas sur les intentions [de leur nomination], mais sur leurs performances, sur ce qu’ils font » dans le cadre de leurs fonctions.
Sans citer de noms, il a ajouté avoir constaté des « choses insensées » au sein de la police israélienne.
« Ils se politisent », a-t-il déclaré.
« Je le signale dès maintenant et je le dis à tous les responsables de la police et à tous les fonctionnaires : vous êtes désormais sous ma surveillance. »
Bennett faisait probablement référence à Ben Gvir, qui a exercé une influence politique significative sur les forces de police, placées sous la tutelle de son ministère.
La procureure générale, Gali Baharav-Miara, et plusieurs requérants ont fait valoir devant la Haute Cour que ce politicien ultra-nationaliste avait outrepassé son autorité et porté atteinte à l’indépendance des forces de l’ordre.
Cette semaine, Bennett a nommé l’ancien commandant de la police du district de Tel Aviv, Amichaï Eshed, pour superviser l’intégrité des prochaines élections au nom de sa nouvelle liste et de celle de Lapid, baptisée « BeYahad » (« Ensemble » en hébreu). Eshed avait démissionné de son poste en 2023 à la suite d’une dispute avec Ben Gvir.
Le mois dernier, la Haute Cour a demandé à Ben Gvir, au Premier ministre Benjamin Netanyahu et à la procureure générale Gali Baharav-Miara de trouver un accord pour limiter toute influence indue de Ben Gvir sur le travail de la police. Ses détracteurs affirment qu’il s’est immiscé de manière inappropriée dans les enquêtes, le maintien de l’ordre lors des manifestations et les promotions.
Cette injonction fait suite à une longue audience au cours de laquelle Baharav-Miara a soutenu des recours exigeant que Netanyahu contraigne Ben Gvir à démissionner après les violations répétées présumées par le ministre de son engagement envers la procureure générale de ne pas s’ingérer politiquement dans le travail de la police.
Mais Ben Gvir a répondu par une déclaration provocante, affirmant qu’il « continuerait à nommer [des officiers de police] en fonction de ceux qui mettent en œuvre [sa] politique, comme il l’a fait jusqu’à présent, et que si la procureure générale s’en mêlait, les négociations seraient rompues ».
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