S’il est élu, Bennett s’engage à limoger les fonctionnaires politisés
Au cours d'une série d'interviews, l'ex-Premier ministre dit avoir vu des "choses insensées" dans la police, qu'il qualifie de "politisée" ; il exhorte Gadi Eisenkot à s'allier à Yaïr Lapid ; et met en garde contre les Haredim anti-enrôlement
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Mercredi, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett a déclaré lors de sa première série d’interviews télévisées depuis son alliance politique avec le parti Yesh Atid du chef de l’opposition Yaïr Lapid, conclue cette semaine, qu’il limogerait « sans aucun doute » les responsables qu’il estime servir des intérêts politiques plutôt que ceux du pays, s’il redevenait Premier ministre.
Lors d’une interview accordée à la chaîne N12, Bennett a déclaré que les fonctionnaires seraient évalués « non pas sur les intentions [de leur nomination], mais sur leurs performances, sur ce qu’ils font » dans le cadre de leurs fonctions.
Les interviews qu’il a accordées à d’autres grandes chaînes de télévision ont été diffusées simultanément.
Sans citer de noms, il a ajouté avoir constaté des « choses insensées » au sein de la police israélienne.
« Ils se politisent », a-t-il déclaré.
« Je le signale dès maintenant et je le dis à tous les responsables de la police et à tous les fonctionnaires : vous êtes désormais sous ma surveillance. »
Bennett faisait probablement référence au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui a exercé une influence politique significative sur les forces de police, placées sous la tutelle de son ministère.
La procureure générale, Gali Baharav-Miara, et plusieurs requérants ont fait valoir devant la Haute Cour que ce politicien ultranationaliste avait outrepassé son autorité et porté atteinte à l’indépendance des forces de l’ordre.
Bennett faisait peut-être également référence aux nominations controversées de plusieurs hauts responsables, dont David Zini, le chef du Shin Bet, critiqué pour avoir prétendument politisé l’agence de sécurité intérieure, et Kobi Yaakobi, le commissaire de l’Administration pénitentiaire israélienne (IPS), un proche allié de Ben Gvir, qui serait sur le point d’être inculpé pour abus de confiance et entrave à une enquête.
« Partout où je constate une exploitation politique de la fonction et un comportement indigne d’un homme d’État, je n’hésiterai pas à [les écarter] », a déclaré Bennett mercredi.
Commentant son alliance politique avec Lapid, avec lequel il se présente aux élections de cette année sur une liste commune baptisée « BeYahad » (« Ensemble » en hébreu), Bennett a déclaré que lui et son allié centriste avaient « fait preuve de leadership » avec cette initiative.
Il a appelé Gadi Eisenkot, autre candidat face au Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui dirige le parti Yashar !, à unir également ses forces sous sa direction.
« J’ai pris une décision et fait preuve de leadership, Lapid a fait preuve de leadership, c’est maintenant au tour de Gadi de faire preuve de leadership et de se joindre à nous ; la balle est dans son camp. »
Bennett a exhorté les membres de l’opposition sioniste à s’inspirer de l’exemple de la coalition au pouvoir actuelle pour apprendre à s’unir derrière un leader.
« Une chose que je dois reconnaître à leur crédit [celui de la coalition], c’est qu’ils se rangent tous derrière Netanyahu. Je pense que le bloc de l’opposition sioniste sous ma direction doit en tirer les leçons », a-t-il déclaré.
« Même si je ne suis pas exactement du goût de tout le monde, ce n’est pas grave. »
Évoquant le projet de loi de la coalition visant à ancrer la non-conscription généralisée des Haredim dans l’armée israélienne, il a déclaré que le refus de faire son service militaire « tue nos soldats » et a accusé Netanyahu et son gouvernement d’en être responsables.
« La décision de la coalition de transférer des milliards à ces réfractaires, pour empêcher une conscription qui aurait facilité la tâche de nos soldats… nous coûte des vies », a-t-il ajouté.
Interrogé sur la responsabilité de Netanyahu dans cette situation, il a répondu : « C’est toute la coalition, ce n’est pas seulement lui, cela nous coûte des vies humaines. »
Interrogé sur la possibilité de s’allier à Raam, le parti islamiste qui faisait partie de sa précédente coalition, Bennett a indiqué qu’il n’en était plus question.
« Depuis le 7-Octobre, nous devons compter sur l’union des soldats et du peuple sioniste. C’est ainsi. »
« Est-ce que je me soucierai des citoyens arabes d’Israël ? Bien sûr. Mais dépendre [d’un parti politique arabe] ? Non », a-t-il ajouté.
Netanyahu et Bennett mènent tous deux à nouveau campagne en affirmant qu’ils ne formeront pas de coalition avec des partis à majorité arabe.
Bennett s’était engagé à ne pas siéger dans le même gouvernement que Raam lors de la campagne électorale de 2021, mais il a fini par le faire pour former une coalition. Dimanche, Bennett a déclaré que Netanyahu était prêt à faire de même, une affirmation que le chef de Raam, Mansour Abbas, a répétée à plusieurs reprises.
Alors que le gouvernement Bennett-Lapid de 2021-2022 semblait avoir brisé le tabou d’une telle coopération politique de haut niveau avec des partis à majorité arabe, les attitudes à l’égard d’une telle collaboration se sont détériorées à la suite du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Un sondage réalisé lundi par la chaîne N12 a montré que Bennett et Lapid remporteraient un total de 26 sièges si des élections avaient lieu, dépassant le Likud de Netanyahu pour devenir le plus grand parti de la Knesset.
Dans ce sondage – le premier réalisé par la chaîne depuis l’annonce de l’union dimanche soir – le bloc de Netanyahu (droite, religieux et extrême-droite) n’a remporté que 50 des 120 sièges de la Knesset, tandis que les partis d’opposition sionistes en ont obtenu 60 et les factions arabes 10, soit un résultat identique à celui du sondage de la chaîne N12 de jeudi dernier.
Le score combiné de 26 sièges de la plateforme Bennett-Lapid est inférieur d’un siège à celui obtenu séparément par les deux partis lors du sondage précédent, dans lequel Bennett 2026 et Yesh Atid avaient recueilli respectivement 21 et 7 sièges.
Ils étaient suivis dans le sondage de lundi par le Likud avec 25 sièges, le parti centriste Yashar d’Eisenkot avec 15 sièges, Les Démocrates de gauche avec 10 sièges, le parti ultra-orthodoxe séfarade Shas, le parti laïc de droite Yisrael Beytenu et le parti d’extrême-droite Otzma Yehudit, avec 9 sièges chacun, le parti ultra-orthodoxe ashkénaze Yahadout HaTorah avec 7 sièges, et les partis Hadash-Taal, à majorité arabe, et islamiste Raam, avec 5 sièges chacun.
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