Pour un ex-otage, les captifs « paient le prix » de l’échec des négociations sur la trêve
Des dizaines de milliers de personnes ont réclamé un accord de cessez-le-feu définitif lors des manifestations hebdomadaires, alors que les négociations de cessez-le-feu avec le Hamas semblent s'enliser
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Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues d’Israël, samedi dans la soirée, pour participer aux manifestations hebdomadaires en faveur du retour des otages actuellement détenus par les terroristes palestiniens à Gaza, et appelant à la fin de la guerre dans la bande de Gaza.
Ces mouvements de protestation surviennent alors que les négociations entre Israël et le groupe terroriste du Hamas semblent avoir échoué. Jérusalem a rappelé jeudi ses négociateurs qui se trouvaient au Qatar, où des pourparlers étaient en cours depuis des semaines.
Lors du principal rassemblement qui s’est tenu sur la place des Otages à Tel Aviv, des milliers de personnes se sont regroupées pour demander la libération urgente des captifs de Gaza.
Or Levy, qui a été libéré de captivité par le Hamas lors du précédent cessez-le-feu à Gaza, au mois de février, a déclaré que les captifs restants « payaient le prix » des crises dans les négociations sur le cessez-le-feu – un tel accord ouvrirait la porte à la remise en liberté des otages – après qu’Israël et les États-Unis ont rappelé jeudi leurs négociateurs des pourparlers de Doha.
« En ces jours de confusion, de méfiance, de pauses, de ruptures dans les négociations, je veux vous dire très clairement que chaque fois que les négociations s’arrêtent, chaque fois qu’un accord échoue, ceux qui en paient le prix sont les otages », a dit Levy à la foule.
« Nous l’avons ressenti à chaque fois, encore et encore, et à chaque fois c’était plus dur », a-t-il dit. « C’était contre nous. C’était contre nos corps. C’était contre nos âmes. »
« Je vis deux vies », a-t-il souligné. « Je peux vous dire ce que c’est que de souffrir d’une faim sans fin. Je peux vous dire ce que c’est que d’avoir les pieds enchaînés pendant des jours ».
« Je peux vous dire ce que c’est que de vivre à 50 mètres sous terre, sans lumière du jour, sans ciel, avec la peur constante que tout s’arrête », a-t-il ajouté.
« Je peux essayer d’expliquer. Vous pouvez essayer de comprendre. Mais ce que nous avons vécu là-bas, et ce qu’ils vivent encore là-bas, on ne peut vraiment pas le comprendre », a-t-il continué. « Ce que je comprends – et ce que vous comprenez également, et ce que les décideurs comprennent aussi, c’est que ceux qui sont là-bas, en captivité, sont dans une situation très difficile ».
Il a exigé un accord prévoyant le retour de tous les otages – « pas une partie d’entre eux, pas par tranches, sans sélection », a-t-il noté, faisant référence à la pratique consistant, pendant la Shoah, à sélectionner les Juifs valides pour les travaux forcés et à envoyer les autres directement à la mort.
La proposition la plus récente permettrait d’obtenir la libération de 10 otages vivants et les dépouilles de 18 otages tués, sur un total de 50 otages actuellement détenus. Une vingtaine d’entre eux serait encore en vie.
« Il faut ramener tout le monde, pour que nous puissions à nouveau célébrer la vie », a indiqué Levy. « Il faut le faire pour eux. Pour nous. Pour nous tous. »
Après le rassemblement, les manifestants ont rejoint les participants d’autres manifestations dans une marche vers le bureau de l’ambassade des États-Unis, où ils tentent d’exercer des pressions sur Washington. Objectif : que les États-Unis poussent Israël à revenir à la table des négociations.
S’exprimant devant l’ambassade, Iair Horn, qui a été libéré de captivité au mois de février dans le cadre du dernier accord de cessez-le-feu à Gaza, et dont le jeune frère Eitan est toujours otage, a expliqué que « nous n’avons pas le temps » de conclure un accord partiel sur les captifs tel que celui qui est actuellement sur la table.
« Je suis revenu dans le cadre d’un accord partiel qui s’est effondré », a dit Horn, qui est rentré en Israël environ deux semaines avant l’expiration de la première phase de l’accord, d’une durée de 42 jours, en raison du refus d’Israël de négocier la seconde phase, qui aurait exigé le retrait des soldats israéliens de Gaza.
« Nous n’avons plus de temps à perdre avec des accords partiels. Mon frère n’a plus de temps à perdre avec des accords partiels. Nous devons refaire nos calculs et parler d’un accord qui ramènera tout le monde et qui mettra un terme aux combats », a déclaré Horn.
« J’ai été forcé de laisser derrière moi mon frère Eitan, dans les tunnels où on entend des détonations et où on court pour sauver sa vie, où l’eau est salée et où la nourriture est rare », a-t-il expliqué. « Depuis mon retour, je vis avec un fort sentiment de culpabilité et je vis le même cauchemar jour après jour. Je suis toujours retenu en otage à Gaza. Tant que mon frère et les 49 autres otages ne reviendront pas, c’est toute la nation d’Israël qui restera prise en otage à Gaza ».
Yael Adar, dont le fils Tamir a été tué en défendant le kibboutz Nir Oz lors de l’assaut du Hamas, a déclaré à la foule que la poursuite des combats à Gaza mettait en danger les otages et la société israélienne dans son ensemble. Elle a également critiqué les propos du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a déclaré vendredi qu’Israël et les États-Unis « envisageaient d’autres options » pour ramener les captifs à la maison, après que les deux pays ont rappelé leurs négociateurs.
« L’alternative consistant à poursuivre les combats est dangereuse, crée une guerre éternelle et nous enlise dans le bourbier de Gaza », a-t-elle affirmé.
« La seule alternative, c’est un accord global pour ramener tous les otages. Il est temps de déclarer la fin de la guerre, avec une date connue pour le retour du dernier des captifs, et il est temps de nous débarrasser de l’idée d’une libération progressive des otages », a-t-elle ajouté. « Je veux savoir que le gouvernement israélien fait tout ce qui est en son pouvoir pour ramener mon fils et tous les otages ».
Lors d’une autre manifestation hebdomadaire qui a réuni les opposants au gouvernement sur la place Habima de Tel Aviv, quelque 500 personnes se sont rassemblées en début de soirée – une participation plus clairsemée que d’habitude, d’éminents militants anti-gouvernementaux étant allés à un mouvement de protestation organisé à Ness Ziona après qu’une foule d’extrême droite y a agressé le député arabe Ayman Odeh, la semaine dernière, en scandant « Mort aux Arabes ».
Les personnes qui ont pris la parole lors de la manifestation de Tel Aviv ont reproché à Netanyahu et à son gouvernement d’avoir rejeté la création d’une commission d’enquête sur les échecs qui ont conduit au pogrom du Hamas, le 7 octobre 2023 ; d’avoir tenté de codifier l’exemption généralisée du service militaire pour la communauté haredi et d’avoir, semble-t-il, laissé la politique partisane infiltrer les rangs de la police.
Les protestataires ont également demandé la fin de la guerre à Gaza et le rapatriement des otages.
La maîtresse de cérémonie lors du rassemblement, l’avocate Rotem Perlman Farhi, cheffe du groupe de protestation « Libres sur notre terre », a également émis de rares critiques sur les effets de la guerre sur les habitants de la bande de Gaza, où l’ONU et les groupes humanitaires ont fait état d’une famine galopante au cours des sept derniers jours.
« Il est important pour nous de préciser encore et encore que la famine et les meurtres ne sont pas commis en notre nom », a-t-elle déclaré.
Plus tard, l’ancien commissaire de police Moshe Karadi a accusé le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir de faire de la police israélienne une branche de son parti d’extrême droite Otzma Yehudit.
« J’en appelle depuis cette tribune aux agents et commandants de la police israélienne : Votre seul devoir est d’obéir à la loi. Vous n’avez pas à obéir à un ministre et à l’idéologie d’Otzma Yehudit » , a-t-il asséné, reprochant au Premier ministre d’avoir confié le portefeuille de la police à un « homme avec un casier judiciaire ».
Natalia Casarotti, dont le fils Keshet avait été tué en fuyant le festival de musique Nova lors de l’assaut du 7 octobre, a expliqué à la foule : « Cette guerre n’a plus de raison d’être depuis longtemps. Cette guerre ne nous protège pas, elle continue à nous faire saigner. Elle doit cesser. »
À chaque mention de la guerre, les manifestants de gauche qui étaient présents en marge de la manifestation ont appelé les soldats à ne pas servir à Gaza, en scandant : « Refusez ! Refusez ! »
Pendant ce temps, lors du rassemblement qui a eu lieu à Ness Ziona en soutien à Odeh, le leader du parti Hadash-Taal, les organisateurs ont accusé Netanyahu, Ben Gvir et le président de la Knesset Amir Ohana de ne pas avoir condamné les agresseurs d’Odeh, qui ont été félicités par au moins un membre de la coalition.
« Ce soir, nous serons tous à Ness Ziona », avaient écrit les organisateurs. « Nous opposerons une résistance non violente, déterminée et morale aux émeutiers de Ben Gvir ».
Le mouvement de protestation a attiré au moins plusieurs centaines de manifestants, qui se sont rassemblés dans un carrefour central et qui ont bloqué la circulation.
נס ציונה- הדלקת פנסים – אלפים נאספו בנס ציונה להפגנת מוצ"ש למען הדמוקרטיה pic.twitter.com/dFvyWTddFo
— ????️????????Bar????????????️ בחירות עכשיו (@barakdor) July 26, 2025
Les manifestants ont demandé au gouvernement et à la police de réclamer des comptes aux agresseurs d’Odeh. Ils ont appelé à la fin de la guerre à Gaza et à la libération des otages.
Ce ne sont pas les valeurs dans lesquelles j’ai grandi
Lors d’un regroupement hebdomadaire à Jérusalem, qui a attiré plusieurs centaines de personnes, certains manifestants ont reproché aux organisateurs du rassemblement de ne pas parler de la situation humanitaire désastreuse à laquelle est confrontée la population civile palestinienne à Gaza.
Yoav Peck, militant anti-guerre de longue date, a déclaré : « Assez de génocide, assez de pathos « .
Une autre femme a crié : « Le temps est aussi venu de crier pour autre chose ! »
Les organisateurs du Forum des familles d’otages et de portés-disparus ont tenté de faire taire ces interventions, mais d’autres s’y sont opposés, insistant sur le fait qu’ils avaient le droit de s’exprimer.
« Ce soir, j’ai perdu patience face au pathos. Nous devons mettre fin à la guerre par tous les moyens possibles, et nous devrons ensuite commencer à traiter les vrais problèmes que nous avons ici », a indiqué Peck.
« Est-ce qu’à la tribune, vous entendez quelque chose, concernant ce qui arrive aux deux millions d’habitants de Gaza ? », a-t-il demandé, affirmant que la majorité des participants au rassemblement pensaient qu’il serait possible de revenir à la normale après la libération des otages.
« Je me sens très mal à l’aise face à tout ça. Ce ne sont pas les valeurs dans lesquelles j’ai grandi. Ce ne sont pas les valeurs de mon pays d’ignorer notre voisin, de se comporter comme si nous pouvions le faire disparaître », a-t-il ajouté.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent 50 otages, dont 49 des 251 personnes qui avaient été kidnappées par les hommes armés du Hamas, le 7 octobre 2023. Parmi eux se trouvent les corps sans vie d’au moins 28 personnes dont la mort a été confirmée par Tsahal. Vingt d’entre eux seraient encore en vie et l’état de santé de deux autres suscite de vives inquiétudes, ont expliqué des responsables israéliens. Le Hamas détient également la dépouille d’un militaire qui avait été tué Gaza en 2014.
Le Hamas a libéré 30 otages – 20 civils israéliens, cinq soldats et cinq ressortissants thaïlandais – et restitué les corps sans vie de huit captifs israéliens au cours d’un cessez-le-feu qui avait commencé au mois de janvier et qui s’était terminé au mois de mars. Un autre captif a été relâché au mois de mai, en guise de « geste de bonne volonté » à l’égard des États-Unis.
Le groupe terroriste avait libéré 105 civils au cours d’une trêve d’une semaine à la fin du mois de novembre 2023, et quatre otages avaient été remis en liberté au cours des premières semaines de la guerre. En échange, Israël a relâché environ 2 000 terroristes palestiniens qui étaient emprisonnés des prisonniers incarcérés pour atteinte à la sécurité nationale – et d’autres personnes soupçonnées de terrorisme qui avaient été appréhendées à Gaza et placées en détention pendant la guerre.
Huit otages encore en vie ont été sauvés de captivité par les soldats. Les dépouilles de 49 autres ont été retrouvées. Parmi elles, les corps de trois Israéliens qui avaient été accidentellement tués par erreur par l’armée israélienne alors qu’ils tentaient d’échapper à leurs ravisseurs, ainsi que le corps sans vie d’un autre soldat qui avait été abattu en 2014.
la Communauté du Times of Israël !







