Près d’un an après sa libération de Gaza, Evyatar David reste hanté par les cauchemars
L'ex-otage déplore que le gouvernement ne l'aide pas suffisamment et raconte que ses geôliers du Hamas "mangeaient des gâteaux et buvaient du thé" alors qu'ils le laissaient mourir de faim dans un tunnel
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Evyatar David, qui avait été l’un des derniers otages relâchés par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu qui avait été conclu en octobre 2025, a déclaré à CNN qu’il se réveillait encore en proie à des cauchemars, près d’un an après son retour.
« Ça peut m’arriver à tout moment : un instant, je vais bien et je suis heureux, et l’instant d’après, je me souviens de quelque chose de ma captivité et j’ai des flashbacks. Je me réveille en pleine nuit avec des cauchemars, et ça m’affecte toute la journée qui suit. C’est très instable et aléatoire », a-t-il expliqué lors d’une interview qui a été diffusée mercredi.
Au cours de cet entretien, le premier accordé par David à un média international, ce jeune homme de 25 ans, qui avait été enlevé par des terroristes lors du festival de musique Nova le 7 octobre 2023, s’est souvenu qu’il avait dû creuser sa propre tombe dans une vidéo de propagande du Hamas l’été dernier.
« On peut voir l’état de mon corps ; je pouvais à peine bouger et quand j’ai essayé de creuser la tombe, rien que tenir la pelle était presque impossible, ça a probablement été l’effort physique le plus difficile que j’aie jamais fourni », a-t-il expliqué.
David a déclaré que lui et son compagnon d’infortune, Guy Gilboa-Dalal, « n’avaient pas mangé pendant trois mois ».
« J’entendais [les geôliers du Hamas] rire, manger des gâteaux et boire du thé, comme s’il n’y avait personne à côté d’eux qui ressemblait à un squelette », a-t-il déclaré à CNN.
Il a ajouté que ses geôliers étaient bien nourris et qu’ils avaient accès à la climatisation et à la télévision, tandis qu’ils affamaient leurs otages.
« Ils nous disaient qu’il n’y avait pas de nourriture à Gaza, mais nous savions que c’était faux, car nous voyions toujours les terroristes : ils étaient gros et musclés. Nous savions qu’ils mentaient et qu’ils nous affamaient », a-t-il déclaré.
Au cours de l’interview, David a également déploré le fait que le gouvernement israélien n’apportait pas suffisamment d’aide aux anciens otages, une plainte qui a été partagée par d’autres otages libérés depuis leur retour de Gaza.
« J’espère que le prochain gouvernement fera mieux ; je ne sais pas qui ce sera, mais je suis convaincu qu’il fera mieux », a-t-il déclaré, expliquant qu’il avait comblé son déficit financier grâce à une campagne de financement participatif.
En novembre dernier, environ un mois après le retour de David et des derniers otages dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis, la coalition avait rejeté un projet de loi qui aurait alloué 4 millions de shekels pour une aide financière immédiate aux anciens otages. Ce vote avait été vivement critiqué par l’opposition.
Cette interview accordée à CNN a été la première de David avec un média international, même s’il s’était déjà exprimé dans l’émission « Uvda » de la chaîne N12 fin juillet.
Son frère et lui se rendront aux États-Unis le mois prochain pour parler de leur expérience, a-t-il indiqué à CNN.
Interrogé sur ses espoirs quant à un avenir sans le Hamas pour Gaza, dans le cadre d’un effort de paix soutenu par les États-Unis, David a répondu : « Non, je ne pense pas que ce soit possible. »
« Ils sont animés par une idéologie pure et dure ; ils veulent simplement s’emparer de tout le territoire », a-t-il ajouté.
« Ils ne se soucient pas vraiment de Gaza. Je pouvais le lire dans leurs yeux. »
« Je n’avais jamais rien vu de tel. C’est effrayant, vraiment », a-t-il souligné.
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