Qatar: Sommet des dirigeants musulmans pour dénoncer l’attaque israélienne à Doha
Selon Doha, cette réunion reflète la solidarité avec le Qatar après une "lâche agression" ; l'Égypte chercherait à relancer ses projets d'alliance type "OTAN" des États arabes
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Le Qatar a annoncé samedi qu’il accueillerait un sommet des dirigeants arabes et musulmans pour dénoncer l’attaque israélienne contre des responsables du groupe terroriste palestinien du Hamas à Doha, et pour manifester sa solidarité avec cet État du Golfe.
La réunion de lundi examinera « un projet de résolution sur l’attaque israélienne contre l’État du Qatar » qui sera rédigé dimanche lors d’une réunion ministérielle, a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.
Ce sommet illustre « la large solidarité arabe et islamique envers l’État du Qatar face à l’agression lâche d’Israël… et le rejet catégorique du terrorisme d’État israélien », a-t-il déclaré, cité par l’agence de presse officielle QNA.
Parmi les dirigeants présents figureront le président iranien, Massoud Pezeshkian, et le Premier ministre irakien, Mohammed Shia al-Sudani. Le président turc Recep Tayyip Erdogan sera également présent à Doha, mais sa participation à la réunion n’est pas encore confirmée.
Israël a pris pour cible mardi les dirigeants du Hamas en frappant la capitale qatarie, tuant cinq membres du groupe terroriste et un agent de sécurité qatari. Les responsables israéliens de la sécurité semblent de plus en plus convaincus que cette attaque n’a pas permis d’éliminer les hauts responsables du Hamas.
Cette attaque a suscité une condamnation internationale généralisée, y compris de la part des monarchies du Golfe, alliées des États-Unis, qui sont le principal soutien d’Israël.
Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a justifié ces frappes en les comparant aux actions menées par les États-Unis à la suite des attentats du 11 septembre 2001, et aux opérations menées par Israël à la suite du pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023.
Dans une vidéo en anglais, il a adopté un ton provocateur pour défendre les actions d’Israël et il a averti le Qatar qu’il devait soit « expulser » les membres du bureau politique du Hamas, soit « les traduire en justice », ajoutant que, dans le cas contraire, Israël le ferait.
Le Qatar, qui abrite la plus grande base américaine de la région, joue un rôle de médiateur dans la guerre à Gaza aux côtés des États-Unis et de l’Égypte.
Selon les analystes, ce sommet vise à envoyer un signal clair à Israël.
Les frappes israéliennes ont été « considérées dans tout le Golfe comme une violation sans précédent de la souveraineté et comme une attaque contre la diplomatie elle-même », a déclaré Andreas Krieg, du King’s College de Londres, ajoutant que le sommet avait signifié que « de telles agressions ne sauraient être banalisées ».
« L’objectif est de tracer des lignes rouges claires et de mettre fin au sentiment qu’Israël peut agir en toute impunité », a-t-il ajouté.
« Attendez-vous à une position plus ferme sur la Palestine et à une attitude plus dure envers les actions israéliennes. »
L’Égypte envisage la création d’une force similaire à l’OTAN pour les pays arabes
Alors que le Qatar cherche à rallier ses alliés arabes pour une réponse unie aux récentes frappes israéliennes, l’Égypte tente d’obtenir le soutien d’une force arabe de type OTAN qui protégerait les pays arabes en cas d’attaques, a rapporté samedi le journal libanais Al-Akhbar, citant un responsable égyptien anonyme.
Cette proposition avait déjà été faite il y a environ neuf ans, mais elle n’avait pas abouti, selon Al-Akhbar.
Bien que l’article ne l’exprime pas explicitement, il suggère que les récentes frappes israéliennes sur les dirigeants du Hamas au Qatar ont redonné de l’élan à cette initiative.
Selon ce responsable, l’Égypte proposerait d’intégrer quelque 20 000 membres de son personnel militaire à cette force et travaillerait à l’élaboration du mécanisme qui permettrait de la mettre en place.
« Elle pourrait ainsi être utilisée en cas de besoin, tout en étant constituée de manière compatible avec les populations des pays arabes et leurs forces armées, tout en tenant compte des équilibres régionaux et politiques lors de sa formation, qu’il s’agisse de l’intégration de militaires de pays tels que le Maroc et l’Algérie ou du partage des postes de commandement. »
« Le Caire souhaite conserver la première place tout en accordant la deuxième à l’Arabie saoudite ou à l’un des États du Golfe », a-t-il ajouté.
L’article n’a pas précisé quels pays l’Égypte envisageait de recruter pour une telle force et le responsable égyptien cité a déclaré que « plusieurs obstacles pratiques subsistaient à cette proposition », notamment les détails des accords de défense mutuelle et les mécanismes d’intervention.
La source a ajouté que les consultations entre l’Égypte et ses alliés arabes, notamment l’Arabie saoudite, étaient en cours, et que les diplomates participant aux discussions estimaient qu’il était important d’éviter une déclaration de guerre contre Israël. Elle a également indiqué que certains pays pourraient chercher à utiliser l’alliance militaire comme prétexte à une intervention militaire directe contre Israël.
L’idée d’une alliance militaire arabe commune a été évoquée pour la première fois il y a plusieurs années, avec la contribution des États-Unis, comme un rempart potentiel contre l’influence iranienne dans la région. Toutefois, les progrès ont été interrompus en 2022 et aucun accord n’a été conclu.
Les projets initiaux prévoyaient un partenariat avec Israël, voire son adhésion à l’alliance, mais l’article publié samedi suggère que la nouvelle initiative viserait à dissuader Israël – et pas seulement l’Iran – de mener des attaques contre ses membres, notamment après les frappes menées au Qatar.
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