Les États-Unis s’emploient à faire de l’OTAN arabe un rempart contre l’Iran
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Les États-Unis s’emploient à faire de l’OTAN arabe un rempart contre l’Iran

Le Conseil de sécurité nationale a déclaré que l'alliance stratégique proposée pour le Moyen Orient "apportera la stabilité au Moyen Orient", contrecarrant l'"agression iranienne"

Le président américain Donald Trump, le roi Salman bin Abdulaziz al-Saud d'Arabie saoudite, le roi de Jordanie Abdallah II, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et d'autres responsables prennent la pose pour une photo durant le sommet entre les Etats-Unis et le monde musulman au centre de conférences du roi Abdulaziz à Riyadh, le 21 mai 2017 (Crédit : Mandel NGAN/AFP)
Le président américain Donald Trump, le roi Salman bin Abdulaziz al-Saud d'Arabie saoudite, le roi de Jordanie Abdallah II, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et d'autres responsables prennent la pose pour une photo durant le sommet entre les Etats-Unis et le monde musulman au centre de conférences du roi Abdulaziz à Riyadh, le 21 mai 2017 (Crédit : Mandel NGAN/AFP)

Les Etats-Unis travailleraient à la mise en place d’une alliance de sécurité « OTAN arabe » regroupant des Etats amis du Moyen Orient dans le cadre de leurs efforts pour contrecarrer l’expansionnisme militaire de l’Iran dans la région.

L’alliance – qui comprendrait l’Égypte, la Jordanie et les six pays du Conseil de coopération du Golfe – vise à encourager la coopération militaire entre les pays, notamment en matière de défense antimissile et de lutte contre le terrorisme, a rapporté Reuters vendredi.

Ce projet de pacte, connu sous le nom d’Alliance stratégique pour le Moyen-Orient [Middle East Strategic Alliance – MESA], viserait également à approfondir les liens économiques et diplomatiques, selon des sources américaines et arabes citées par l’agence de presse.

« Le MESA servira de rempart contre l’agression iranienne, le terrorisme, l’extrémisme et apportera la stabilité au Moyen-Orient », a déclaré un porte-parole du Conseil national de sécurité des États-Unis.

Selon Reuters, l’alliance envisagée pourrait être discutée lors d’un sommet à Washington en octobre, bien que le porte-parole du Conseil national de sécurité n’ait pas confirmé si le président américain Donald Trump sera l’hôte de cette rencontre.

Selon le rapport, l’idée a été évoquée pour la première fois par l’Arabie saoudite avant la visite de Trump à Ryad l’année dernière, mais elle est restée lettre morte.

Le président américain Donald Trump et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui est aussi ministre de la Défense, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 14 mars 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Un responsable iranien dont le nom n’a pas été mentionné a déclaré que le pacte de sécurité ne ferait qu’accentuer le fossé entre l’Iran et les États alliés des États-Unis dans la région.

« Sous prétexte d’assurer la stabilité au Moyen Orient, les Américains et leurs alliés régionaux fomentent des conflits dans la région », a-t-il déclaré à Reuters.

Alors que la querelle diplomatique en cours entre le Qatar et ses voisins, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pourrait être un obstacle à l’alliance, un responsable cité dans le rapport a déclaré que les États-Unis ont reçu des assurances de Riyad et d’Abou Dhabi que ce ne serait pas le cas.

L’artillerie de l’armée saoudienne déployée vers le Yémen, à une position proche de la frontière saoudo-yéménite, dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite, le 13 avril 2015. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)

Ces dernières années, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont adopté une approche plus agressive à l’égard de l’Iran rival chiite, l’accusant de soutenir des organisations terroristes et d’alimenter les conflits dans les pays de la région.

Les deux États sunnites dirigent une coalition militaire au Yémen visant à renverser le groupe rebelle Houthi soutenu par l’Iran et à ramener au pouvoir le gouvernement internationalement reconnu.

Sous l’administration Trump, les États-Unis ont adopté une position beaucoup plus autoritaire à l’égard de Téhéran que sous son prédécesseur Barack Obama, ce qui a abouti à la décision prise en mai de quitter l’accord de 2015 visant à freiner le programme nucléaire de l’Iran et à réimposer des sanctions punitives.

Bien qu’il soit encore difficile de savoir comment cette alliance militaire compte contrer l’Iran, un rapport de CNN a déclaré vendredi que les Etats-Unis étudient les moyens militaires de leurs alliés régionaux tels que l’Arabie Saoudite afin de maintenir ouvertes les principales routes de navigation pétrolière au Moyen-Orient dans le cadre des menaces iraniennes contre les voies navigables.

Le rapport de CNN est paru juste quelques jours après que des rebelles Houthi soutenus par l’Iran au Yémen ont attaqué deux pétroliers saoudiens qui traversaient le détroit de Bab al-Mandab menant à la mer Rouge. La voie navigable est l’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde.

Les dirigeants iraniens ont également menacé récemment de fermer le détroit d’Ormuz, par lequel passe un tiers des réserves mondiales de pétrole en provenance du golfe Persique.

Les États-Unis se sont à leur tour engagés à maintenir ouvert le détroit d’Ormuz et à ne pas permettre à l’Iran de faire obstacle à l’approvisionnement mondial en pétrole.

Satellite view of the Strait of Hormuz (photo credit: NASA/Public domain)
Vue satellite du détroit d’Ormuz (Crédit photo : NASA/Domaine public)

Plus tôt cette semaine, le président américain Donald Trump a lancé un avertissement sévère contre Téhéran, les menaçant de « subir des conséquences que peu de gens dans l’histoire ont connues auparavant ».

La menace est intervenue après que le président iranien Hassan Rouhani, dimanche dernier, a averti le dirigeant américain de ne pas « jouer avec la queue du lion », affirmant que le conflit avec l’Iran serait la « mère de toutes les guerres ».

Cependant, Trump a tempéré sa menace mardi, en déclarant « nous sommes prêts à conclure un véritable accord » avec l’Iran.

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