Qatargate: Suspension prolongée pour Yoav Mordechai, adjoint aux négociations sur les otages
Le général de division, suspendu en août après un témoignage jugé "problématique" par la police, devra également continuer à se tenir à l'écart des autres hauts responsables.
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Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.
L’adjoint de Tsahal pour les négociations sur les otages a accepté la demande de la police de prolonger sa suspension de l’équipe de négociation, dans le cadre de l’enquête en cours sur le « Qatargate ».
Le général de division (Rés.) Yoav Mordechai, dit Poli, a également accepté de rester à l’écart de plusieurs hauts responsables.
Il avait été suspendu après un interrogatoire le 21 août, la police ayant jugé son témoignage « problématique », ce qui avait conduit à une suspension initiale de 14 jours.
Il a aujourd’hui accepté une nouvelle exclusion de 30 jours. Il n’est pas autorisé à entrer en contact avec le général de division (rés.) Nitzan Alon, chef de la liaison de Tsahal pour les négociations, ainsi qu’avec l’ancien directeur du Shin Bet Ronen Bar et le directeur adjoint du service.
Cet accord a rendu inutile une audience prévue au tribunal de première instance de Rishon Lezion, qui devait officialiser la prolongation des restrictions imposées à Mordechai.
Ancien chef de l’unité de liaison palestinienne du coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) du ministère de la Défense et ex-porte-parole de Tsahal, Mordechai occupe depuis un an et demi le poste d’adjoint d’Alon dans les négociations sur les otages, menées avec des médiateurs qataris.
L’affaire dite du « Qatargate » concerne principalement les soupçons visant deux proches collaborateurs de Benjamin Netanyahu, Jonatan Urich et Eli Feldstein. Ils sont accusés d’avoir travaillé pour une société de lobbying pro-Qatar et soupçonnés notamment de contacts avec un agent étranger et d’actes de corruption impliquant des lobbyistes et des hommes d’affaires.
L’interrogatoire mené en août était le deuxième auquel Yoav Mordechai était soumis. Le premier, début juillet, portait déjà sur des soupçons de contact avec un agent étranger et d’acceptation de pots-de-vin.
À l’époque, des informations avaient affirmé que sa société, Novard, avait transféré d’importantes sommes à Urich pour financer une campagne en ligne visant à améliorer l’image du Qatar en Israël.
Selon Ynet, Novard a représenté ces dernières années les entreprises de défense Rafael et Elbit auprès du gouvernement qatari. L’entreprise aurait aussi signé un contrat avec Perception, la société de relations publiques de Srulik Einhorn, un ancien collaborateur de Netanyahu, dans le cadre d’une campagne de communication en amont de la Coupe du monde 2022. Urich travaillait lui-même pour Perception à cette époque.
Mordechai est resté dans l’équipe de négociation même après la révélation de ses liens avec le Qatar. Mercredi, la Treizième chaîne a rapporté qu’Alon avait été convoqué pour témoigner sur les rôles de Mordechai et d’un ancien haut responsable du Mossad, en se concentrant sur leurs relations commerciales avec le Qatar. Le chef par intérim du Shin Bet, dont le nom est sous embargo, devrait également être entendu.
Lorsqu’il a commenté sa suspension en août, Mordechai a affirmé avoir « toujours respecté strictement la lettre de la loi et aidé l’État d’Israël chaque fois que cela était nécessaire ».
« Même dans cette affaire, bien que tout ait été fait de manière ouverte et transparente et signalé conformément à la loi, je ferai tout ce qui est nécessaire pour aider les autorités judiciaires à découvrir la vérité et j’agirai selon leurs instructions, ne serait-ce que parce que la vérité prouvera qu’il n’y a eu aucune irrégularité ni aucune faute dans ma conduite », avait-il déclaré à l’époque dans un communiqué diffusé par son avocat Gadi Zilbershlag.
Tsahal a également soutenu Mordechai, soulignant qu’il est pleinement engagé au sein de l’équipe de négociation des otages, qu’il ne mène pas directement les pourparlers avec les intermédiaires et qu’il apporte une contribution essentielle aux opérations.
L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.
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