Royaume-Uni et Allemagne mettent en garde Israël contre l’annexion de la Cisjordanie
La ministre britannique des Affaires étrangères dit avoir clairement indiqué à Saar que la reconnaissance d'un état palestinien était le meilleur moyen de respecter la sécurité d'Israël et des Palestiniens
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Lundi, la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a annoncé que le gouvernement du Royaume-Uni avait mis en garde Israël contre toute annexion de secteurs de la Cisjordanie en représailles à la reconnaissance d’un État palestinien par la Grande-Bretagne et d’autres pays occidentaux.
Un porte-parole du gouvernement allemand, qui a pour sa part refusé de reconnaître un État palestinien, a également fait savoir dans un communiqué qu’Israël ne devait en aucun cas annexer d’autres territoires palestiniens.
Des déclarations qui surviennent au lendemain de la reconnaissance d’un État palestinien par la Grande-Bretagne, l’Australie, le Canada et le Portugal. Six autres pays — la France, la Belgique, le Luxembourg, Malte, Saint-Marin et Andorre — ont prévu d’annoncer leur reconnaissance d’un État palestinien lundi, au cours d’un sommet des Nations unies organisé par la France et l’Arabie saoudite et consacré à la solution à deux États au conflit israélo-palestinien, en préalable aux discours des dirigeants mondiaux devant l’Assemblée générale de l’organisation internationale.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a quant à lui rejeté ces reconnaissances – ainsi que l’idée même d’un État palestinien -, promettant une réponse à son retour de l’ONU. Certains ministres de son gouvernement poussent Israël à annexer une partie de la Cisjordanie en riposte à cette série de reconnaissances, qui, disent-ils, sont une récompense accordée aux terroristes du Hamas pour le massacre perpétré le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.
Israël contrôle la Cisjordanie depuis la guerre des Six Jours, en juin 1967. Les implantations de l’État juif dans cette région sont considérées comme illégales par la plupart des nations, à l’exception des États-Unis. Selon certaines informations, l’Arabie saoudite, avec laquelle Israël cherche à normaliser ses relations, a averti qu’une annexion de la Cisjordanie aurait « des conséquences majeures ». Les Émirats arabes unis, avec lesquels Israël entretient des relations, ont pour leur part qualifié l’annexion de « ligne rouge ».
Interrogée par la BBC lundi, en amont du sommet sur la solution à deux États lundi, Cooper a déclaré avoir « clairement indiqué » à son homologue israélien Gideon Saar, durant leurs échanges, que la reconnaissance par la Grande-Bretagne d’un État palestinien était dans l’intérêt d’Israël et que l’État juif ne devait pas réagir en annexant certaines parties de la Cisjordanie.
« J’ai clairement fait savoir au ministre israélien des Affaires étrangères [et] nous avons clairement fait savoir au gouvernement israélien qu’ils ne devaient pas agir ainsi », a ajouté Cooper. « Nous avons clairement expliqué que notre décision est le meilleur moyen de respecter la sécurité d’Israël et celle des Palestiniens. »
« Il s’agit de protéger la paix, la justice et, par dessus tout, la sécurité au Moyen-Orient. Nous continuerons à collaborer avec tous les acteurs de la région dans ce but », a-t-elle poursuivi.
Et Cooper de souligner l’obligation morale qui est celle du Royaume-Uni : soutenir la solution à deux États, dans un contexte où « les extrémistes de tous bords » souhaitent la voir disparaître.
« Le plus simple, ce serait d’abandonner, de dire que ‘c’est trop difficile' », a confié Cooper. « Mais nous sommes convaincus que ce serait une erreur, après avoir vu tant de destruction et de souffrance. »
« Tout comme nous reconnaissons Israël, l’État d’Israël (…) nous avons l’obligation de reconnaître également le droit des Palestiniens à avoir leur propre État », a-t-elle martelé.
Cooper a également fait savoir que, suite à la reconnaissance par la Grande-Bretagne d’un État palestinien, l’Autorité palestinienne était désormais autorisée à « ouvrir une ambassade » au Royaume-Uni et à nommer le chef de la mission au poste d’ambassadeur.
Toutefois, le consulat général britannique à Jérusalem-Est, annexée par Israël à l’issue de la guerre des Six Jours mais que l’Autorité palestinienne revendique comme capitale d’un futur État, ne deviendrait pas encore une ambassade, a précisé Cooper.
« Le consulat général à Jérusalem existe depuis plus longtemps que l’État d’Israël lui-même. Il continuera donc d’exister, et rien ne changera pour le moment. Nous allons entamer (…) différents processus diplomatiques avec l’Autorité palestinienne concernant les prochaines étapes », a-t-elle ajouté.
Reuters a contribué à cet article.
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