Six autres pays reconnaîtront un État palestinien lors du sommet franco-saoudien
Israël, qui qualifie le Sommet mondial sur la solution à 2 États de "cirque", promet de réagir à la vague de reconnaissances ; faute de visa, Mahmoud Abbas s'exprimera par visioconférence
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La France et l’Arabie saoudite réuniront lundi une dizaine de dirigeants mondiaux afin de rallier leur soutien à une solution à deux États. Plusieurs d’entre eux devraient reconnaître officiellement un État palestinien, une décision qui pourrait susciter de vives réactions de la part d’Israël et des États-Unis.
Israël et les États-Unis boycotteront le sommet, a déclaré l’ambassadeur israélien auprès des Nations unies, Danny Danon, qualifiant l’événement de « cirque ».
« Nous ne pensons pas que cela soit utile. Nous pensons que cela récompense en réalité le terrorisme », a-t-il déclaré jeudi aux journalistes.
Le Royaume-Uni, le Canada, le Portugal et l’Australie ont annoncé dimanche qu’ils reconnaissaient officiellement un État de Palestine, et six autres pays devraient faire de même lundi, avant les discours des dirigeants mondiaux devant l’Assemblée générale de l’ONU.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejeté ces reconnaissances ainsi que l’idée même d’un État palestinien, et il a promis de réagir à son retour de l’ONU. Certains de ses ministres préconisent qu’en réponse, Israël annexe une partie de la Cisjordanie.
L’Arabie saoudite aurait averti que l’annexion de la Cisjordanie aurait « des implications majeures ». Les Émirats arabes unis, avec lesquels Israël entretient des relations, ont également qualifié l’annexion de « ligne rouge ».
Un porte-parole du département d’État américain a qualifié ces reconnaissances de « théâtrales », déclarant à l’AFP sous couvert d’anonymat : « Nous continuons à nous concentrer sur une diplomatie sérieuse et non sur des gestes théâtraux. Nos priorités sont claires : la libération des otages, la sécurité d’Israël, ainsi que la paix et la prospérité pour toute la région, ce qui n’est possible qu’en l’absence du Hamas. »
L’administration américaine a également mis en garde contre les conséquences possibles pour quiconque prendrait des mesures contre Israël, y compris contre la France dont le président, Emmanuel Macron, accueille le sommet de New York. Jérusalem envisagerait également de prendre des mesures bilatérales spécifiques contre Paris, ont déclaré des responsables israéliens.
Ce sommet fait suite au lancement par Israël d’une offensive terrestre à Gaza-City – qui serait le dernier bastion du Hamas – et intervient alors que les perspectives d’un cessez-le-feu sont minces, près de deux ans après le début de la guerre à Gaza, une guerre qui avait été déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien le 7 octobre 2023.
Les pays occidentaux qui reconnaissent un État palestinien ont invoqué l’urgence d’agir maintenant, avant que l’idée d’une solution à deux États ne disparaisse à jamais. Israël a dénoncé ces déclarations en évoquant une « récompense pour le terrorisme », alors que le Hamas détient toujours 48 otages et que les massacres du 7 octobre sont encore dans toutes les mémoires.
L’Assemblée générale a récemment approuvé une déclaration de sept pages décrivant les « mesures concrètes, assorties de délais et irréversibles » à prendre pour parvenir à une solution à deux États, tout en condamnant le Hamas et en l’appelant à se rendre et à déposer les armes.
Ces efforts ont immédiatement été critiqués par Israël et les États-Unis.
« La Déclaration de New York n’est pas une vague promesse pour un avenir lointain, mais plutôt une feuille de route qui commence par les priorités absolues : un cessez-le-feu, la libération des otages et l’entrée sans entrave de l’aide humanitaire à Gaza », a déclaré jeudi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot à la presse.
« Une fois le cessez-le-feu et la libération des otages obtenus, la prochaine étape consistera à élaborer un plan pour le jour d’après, qui sera à l’ordre du jour des discussions de lundi. »
La France a été à l’origine de cette initiative, espérant que l’annonce faite en juillet par Macron de reconnaître un État palestinien donnerait un nouvel élan à un mouvement jusqu’alors dominé par des nations généralement plus critiques à l’égard de l’État juif.
Certains des pays qui reconnaissent un État palestinien ont déclaré qu’ils poseraient des conditions, tandis que d’autres ont indiqué que la normalisation des relations diplomatiques se ferait progressivement et dépendrait des progrès réalisés par l’Autorité palestinienne (AP) basée en Cisjordanie pour mettre en œuvre ses promesses de réforme.
Israël ne croit absolument pas que le dirigeant de l’AP, Mahmoud Abbas, 89 ans, tiendra les promesses de réforme et de modernisation qu’il a formulées dans une lettre adressée à Macron en juin.
Abbas et des dizaines de responsables palestiniens ne pourront pas assister à la conférence en personne, les États-Unis, alliés indéfectibles d’Israël, ayant refusé de leur accorder des visas. Abbas devrait donc s’exprimer par visioconférence lors du sommet de l’ONU.
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane ne sera pas présent, bien qu’il coorganise l’événement. Vendredi, l’Assemblée générale a décidé à l’unanimité et sans vote qu’il pourrait participer par vidéoconférence à la réunion de lundi.
« Le monde entier réclame à grands cris un État palestinien, et nous devons concrétiser cette demande. Il leur faut maintenant montrer quelles sont ces mesures », a déclaré dimanche aux journalistes le ministre des Affaires étrangères de l’AP, Varsen Aghabekian Shahin.
L’AFP a contribué à cet article.
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