L’ONU massivement favorable à l’appel non contraignant à un État palestinien sans le Hamas
Adoptée par 142 voix contre 10, la résolution condamne le massacre du 7 octobre et appelle le Hamas à libérer les otages ; ont voté contre les États-Unis et Israël, ce dernier au motif qu'elle récompense le Hamas
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Vendredi dernier, l’Assemblée générale des Nations Unies a approuvé à une écrasante majorité une déclaration décrivant des « mesures tangibles, limitées dans le temps et irréversibles », en vue d’une solution à deux États entre Israël et les Palestiniens, sans le Hamas.
Israël s’est insurgé contre cette déclaration, qu’il a qualifiée de récompense pour l’organisation terroriste.
Cent quarante-deux pays ont voté en faveur de cette résolution non contraignante qui consacre la Déclaration de New York, laquelle appelle par ailleurs le Hamas à libérer tous les otages et condamne l’attaque menée par lui le 7 octobre 2023.
L’Argentine, la Hongrie, la Micronésie, Nauru, les Palaos, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Paraguay et les Tonga se sont joints à Israël et aux États-Unis pour s’opposer à la résolution. Douze pays se sont abstenus.
Cette déclaration appelle également à « une action collective pour mettre fin à la guerre à Gaza, afin de parvenir à un règlement juste, pacifique et durable du conflit israélo-palestinien, basé sur la mise en œuvre effective de la solution à deux États ».
Approuvée par la Ligue arabe et co-signée en juillet par 17 États membres de l’ONU, parmi lesquels plusieurs pays arabes, la déclaration va au-delà de la simple condamnation du Hamas en plaidant en faveur du retrait total du groupe terroriste de la direction de Gaza.
« Dans le contexte de la fin de la guerre à Gaza, le Hamas doit mettre fin à son pouvoir à Gaza et remettre ses armes à l’Autorité palestinienne, avec un engagement et un soutien internationaux, conformément à l’objectif d’un État palestinien souverain et indépendant », peut-on lire dans la déclaration.
Watch the moment the General Assembly overwhelmingly voted to endorse the New York Declaration on the Peaceful Settlement of the Question of Palestine and the Implementation of the Two-State Solution.
The world chooses peace.
Palestine chooses peace. pic.twitter.com/U91yVEuCJc— State of Palestine (@Palestine_UN) September 12, 2025
Dans la perspective d’un futur cessez-le-feu, elle évoque également le « déploiement d’une mission internationale temporaire de stabilisation » à Gaza, sous mandat du Conseil de sécurité de l’ONU, pour protéger la population, soutenir le renforcement des capacités de l’Etat palestinien et apporter des « garanties de sécurité à la Palestine et à Israël ».
Ce vote précède un sommet de l’ONU co-présidé par Riyad et Paris, qui se tiendra le 22 septembre prochain à New York, au cours duquel la Grande-Bretagne, la France, le Canada, l’Australie et la Belgique devraient reconnaître officiellement un État palestinien.
Pour Israël, aux yeux desquels la reconnaissance d’un État palestinien serait une « récompense pour le terrorisme », a rejeté cette motion vendredi dernier.
« Le seul bénéficiaire est le Hamas… Lorsque ce sont les terroristes qui applaudissent, vous ne promouvez pas la paix ; vous promouvez le terrorisme », a déclaré l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon.
Le ministère des Affaires étrangères a qualifié cette résolution de honte absolue.
Le porte-parole du ministère, Oren Marmorstein, a déclaré sur X qu’Israël « rejetait absolument » cette déclaration, qualifiée de preuve que l’Assemblée générale était devenue « un cirque politique totalement déconnecté des réalités ».
Israel utterly rejects the decision of the UN General Assembly this evening.
Once again, it has been proven how much the General Assembly is a political circus detached from reality: in the dozens of clauses of the declaration endorsed by this resolution, there is not a single… pic.twitter.com/UAT2VaAysi
— Oren Marmorstein (@OrenMarmorstein) September 12, 2025
« Il n’y a aucune allusion au fait que le Hamas soit le seul et unique responsable de la poursuite de la guerre, de par son refus de libérer les otages et de désarmer », a ajouté Marmorstein.
« Cette résolution ne promeut pas une solution de paix – bien au contraire, elle encourage le Hamas à poursuivre la guerre », a-t-il souligné.
« Israël remercie tous les pays qui n’ont pas prêté main forte à cette décision honteuse de l’Assemblée générale. »
Le vice-président de l’Autorité palestinienne, Hussein al-Sheikh, s’est réjoui de ce vote en écrivant sur X : « Cette résolution exprime la volonté internationale de soutenir les droits de notre peuple et constitue une étape importante vers la fin de l’occupation et la réalisation de notre État indépendant sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est (annexée par Israël) pour capitale. »
Les États-Unis ont qualifié le vote de « nouveau coup de publicité malavisé et inopportun » qui ruine les efforts diplomatiques sérieux destinés à mettre fin au conflit.
« Ne vous y trompez pas, cette résolution est un cadeau pour le Hamas », a déclaré le diplomate américain Morgan Ortagus à l’Assemblée générale. « Loin de promouvoir la paix, la conférence prolonge la guerre, enhardit le Hamas et nuit aux perspectives de paix à court et à long terme. »
Le président français, Emmanuel Macron, a salué l’adoption de cette Déclaration en laquelle il dit voir une étape sur le « chemin irréversible vers la paix ».
Watch the moment the General Assembly overwhelmingly voted to endorse the New York Declaration on the Peaceful Settlement of the Question of Palestine and the Implementation of the Two-State Solution.
The world chooses peace.
Palestine chooses peace. pic.twitter.com/U91yVEuCJc— State of Palestine (@Palestine_UN) September 12, 2025
« Sous l’impulsion de la France et de l’Arabie Saoudite, 142 pays ont adopté la Déclaration de New York sur la mise en œuvre de la solution à deux États », s’est félicité le chef de l’Etat sur X.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a pour sa part déclaré que cette résolution garantissait l’isolement international du Hamas.
« Pour la première fois aujourd’hui, les Nations unies ont adopté un texte qui condamne ses crimes et demande sa reddition et son désarmement », a-t-il déclaré sur X.
« Le fait que l’Assemblée générale soutienne enfin un texte qui condamne directement le Hamas est significatif », même si « les Israéliens estiment que c’est bien trop peu et bien trop tard », a déclaré à l’AFP Richard Gowan, directeur de l’ONU à l’International Crisis Group.
« Maintenant, au moins, les États qui soutiennent les Palestiniens peuvent repousser les accusations israéliennes selon lesquelles ils tolèrent implicitement le Hamas », a-t-il dit en ajoutant que cela leur « offrait un bouclier contre les critiques israéliennes ».
La guerre à Gaza a commencé avec l’attaque du 7 octobre 2023, lorsque des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont envahi Israël pour y tuer 1 200 personnes et faire 251 otages.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, plus de 64 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats dans la bande de Gaza, sans que ce bilan puisse être vérifié ou fasse le distinguo entre civils et hommes armés. En janvier dernier, Israël revendiquait la mort de 22 000 hommes armés lors des combats sans compter les 1 600 terroristes tués en territoire israélien lors du pogrom du 7 octobre.
Israël assure faire en sorte de limiter les pertes civiles et rappelle que le Hamas utilise les civils de Gaza comme des boucliers humains en combattant depuis des zones civiles -maisons, hôpitaux, écoles et mosquées.
Côté israélien, le bilan humain de la guerre contre le Hamas à Gaza et dans les opérations militaires le long de la frontière avec l’enclave s’élève à 465.
Selon les autorités israéliennes, les groupes terroristes dans la bande de Gaza détiennent 48 otages, dont les corps d’au moins 26 morts confirmés par Tsahal, auxquels s’ajoutent vingt otages en vie, et deux autres dont l’état de santé suscite les plus vives inquiétudes.
Environ les trois quarts des 193 États membres de l’ONU reconnaissent l’État palestinien proclamé en 1988 par les dirigeants palestiniens en exil.
Cependant, après deux ans de guerre qui ont ravagé la bande de Gaza, sans compter l’expansion des implantations israéliennes en Cisjordanie et l’intention claire des autorités israéliennes d’annexer le territoire, la crainte que la création d’un État palestinien indépendant devienne bientôt impossible a enflé.
« Nous allons tenir notre promesse : il n’y aura pas d’État palestinien », a promis jeudi le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, quant à lui, pourrait être empêché de se rendre à New York pour le sommet de l’ONU, les autorités américaines ayant fait savoir qu’elles ne lui délivreraient pas de visa.
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