WASHINGTON — L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, a fait savoir qu’Israël souhaitait que le protocole d’accord conclu la semaine dernière entre les États-Unis et l’Iran soit couronné de succès.
« Nous soutenons tous la vision du président Trump, qui consiste à empêcher l’Iran de disposer à l’avenir de capacités nucléaires, de missiles balistiques ou de la possibilité de financer ses proxys pour menacer ses voisins et maintenir son hégémonie dans la région », a déclaré Leiter dans un communiqué.
La semaine dernière, Trump a refusé d’interdire à l’Iran de posséder des missiles balistiques, arguant notamment que Téhéran devrait être autorisé à détenir de tels missiles si d’autres pays de la région en disposaient. Ces propos ont suscité une nouvelle vague d’inquiétude à Jérusalem.
Cette inquiétude a atteint son paroxysme hier, lorsque les États-Unis ont annoncé la création d’une nouvelle cellule de désescalade dans le cadre de leurs négociations avec l’Iran, qui aura pour mission d’empêcher toute nouvelle recrudescence des conflits au Liban. Cette cellule de désescalade viserait à limiter la capacité d’Israël à mener des opérations contre le Hezbollah, et remplacerait un mécanisme déjà existant dans lequel Jérusalem joue un rôle plus actif.
« Je crains que le concept de désescalade ne soit pas approprié », a ajouté Leiter, en référence à la nouvelle cellule.
« Israël n’est pas en conflit avec le Liban. La désescalade n’est donc pas la question. C’est une coordination avec le Liban qui est nécessaire », a poursuivi l’ambassadeur. « C’est le Hezbollah qui pose problème. Il faut vaincre le Hezbollah et le faire disparaître de l’équation. Il y a au contraire un risque que le Hezbollah soit renforcé. Il se sent certainement plus fort et plus audacieux. »
Leiter a ensuite posé des questions dont il n’a pas précisé à qui elles s’adressaient, mais qui semblaient être destinées aux Américains.
Il a rappelé que la précédente réunion avait abouti à une déclaration commune des États-Unis, d’Israël et du Liban quant à la nécessité de désarmer le Hezbollah, et a demandé si cette position constituait toujours la base des discussions à Washington.
« Pour nous, cela doit rester ainsi », a-t-il dit. « Nous avons accepté un cessez-le-feu conditionné au retrait du Hezbollah vers le nord. Cet accord est-il toujours valable ? », a demandé Leiter.
« Nous ne pouvons pas nous permettre des engagements sans lendemain. Et nous devons être clairs : Israël agira contre les menaces immédiates et émergentes qui pèsent sur ses citoyens et ses soldats », a-t-il précisé.
« L’Iran devrait bénéficier d’un afflux de fonds dans le cadre du protocole d’accord. Comment pouvons-nous garantir que ces fonds ne finiront pas entre les mains du Hezbollah ? », a poursuivi Leiter.
« Si nous ne pouvons pas le garantir, alors toutes les mesures que nous convenons ici n’auront aucune incidence, puisque le Hezbollah se reconstruira, tout simplement », a-t-il averti.