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Vance : L’Iran a invité les inspecteurs de l’AIEA à revenir dans le pays

Selon le vice-président, le Hezbollah fera partie du nouveau mécanisme de gestion des conflits au Liban ; les négociateurs ont élaboré un dispositif limitant l'utilisation des fonds iraniens débloqués à l'achat de produits américains

Le vice-président JD Vance s'adresse aux médias à l'issue des pourparlers de haut niveau entre les États-Unis et l'Iran qui se sont tenus au Bürgenstock Resort à Obbuergen, près de Lucerne, en Suisse, le 22 juin 2026. (Crédit : Nathan Howard/Pool Photo via AP)
Le vice-président JD Vance s'adresse aux médias à l'issue des pourparlers de haut niveau entre les États-Unis et l'Iran qui se sont tenus au Bürgenstock Resort à Obbuergen, près de Lucerne, en Suisse, le 22 juin 2026. (Crédit : Nathan Howard/Pool Photo via AP)

L’Iran a accepté de rétablir l’accès des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur son territoire, a annoncé lundi le vice-président américain JD Vance à l’issue du premier cycle de pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran qui s’est tenu en Suisse, ajoutant que des « progrès très encourageants » avaient été enregistrés dans la résolution de la crise au Liban.

« Les Iraniens ont accepté de rétablir l’accès des inspecteurs de l’AIEA sur leur territoire », a indiqué Vance aux journalistes au Bürgenstock. Il a qualifié l’invitation adressée par l’Iran aux inspecteurs de l’ONU chargés du dossier nucléaire d’ « avancée majeure pour le peuple américain et de premier pas vers la dénucléarisation définitive » ou « la fin définitive du programme d’armes nucléaires en Iran ».

« Nous avons posé des bases très solides pour aboutir à un accord final fructueux », a affirmé Vance. « L’accord final, c’est la maison… Nous n’avons pas encore construit la maison, mais nous avons posé des fondations solides qui permettront d’aboutir à une issue favorable pour le peuple américain. »

L’AIEA a accusé l’Iran de faire obstruction aux inspections et de n’avoir pas fourni de compte rendu complet de ses stocks d’uranium hautement enrichi, après que ces matières ont apparemment été ensevelies suite aux frappes américaines qui ont visé des sites nucléaires iraniens stratégiques lors de la guerre de 12 jours qui a opposé Israël à l’Iran en juin dernier.

Les commentaires de Vance font suite aux déclarations du porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, selon lesquelles, hormis une « brève discussion » non précisée, les pourparlers en Suisse n’avaient pas abordé la question du programme nucléaire iranien.

« L’un des points soulevés par la délégation américaine concernait la présentation de ses positions sur la question nucléaire », a rapporté Baghaei. « Une très brève discussion a eu lieu au sujet de la question nucléaire, mais aucun détail n’a été abordé. On ne peut donc pas dire que les négociations sur la question nucléaire aient commencé. »

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, troisième à partir de la droite, et le président du Parlement iranien, Mohammed Bagher Ghalibaf, deuxième à partir de la droite, aux côtés de la délégation iranienne lors du sommet du lac des Quatre-Cantons, qui s’est tenu à l’hôtel Bürgenstock, en Suisse, le 21 juin 2026. (Crédit : Urs Flueeler, photo de pool via AP)

Alors que l’Iran, dont les dirigeants ont juré de détruire Israël, nie chercher à se doter d’armes nucléaires, il a accumulé de l’uranium enrichi à des niveaux ne permettant aucune application pacifique.

Israël et les États-Unis ont lancé une campagne de bombardements contre l’Iran le 28 février, dans le but de déstabiliser le régime de Téhéran et de détruire ses programmes balistique et nucléaire. Toutefois, les combats ont abouti à un cessez-le-feu le 8 avril, sans qu’aucun de ces objectifs n’ait été atteint.

Vance : Washington souhaite limiter l’utilisation des fonds iraniens débloqués à l’achat de produits agricoles américains

S’exprimant au Bürgenstock resort, M. Vance a indiqué que les États-Unis cherchaient à limiter l’utilisation des avoirs iraniens débloqués à l’achat de produits agricoles auprès des agriculteurs américains, dans l’intérêt du peuple iranien, plutôt que pour financer le terrorisme.

Selon Vance, ce plan a été élaboré par Jared Kushner, gendre et conseiller officieux du président américain Donald Trump, en collaboration avec des médiateurs qataris. Il prévoit que les fonds iraniens ne pourront être débloqués dans le cadre d’un accord de paix qu’après avoir reçu l’approbation de Doha et de Washington.

L’initiative profiterait à la fois à Washington et à Téhéran. En effet, « si les avoirs iraniens venaient à être débloqués, ils serviraient à enrichir les agriculteurs américains et à nourrir le peuple iranien », a expliqué Vance. Il a attribué les inquiétudes publiques concernant le déblocage des avoirs iraniens à des « informations erronées » sur la question.

Le vice-président américain JD Vance (à gauche) attendant, aux côtés de Steve Witkoff (au centre), envoyé spécial du président américain Donald Trump, et de Jared Kushner, de rencontrer le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif (hors champ), au complexe hôtelier de luxe du Burgenstock surplombant le lac des Quatre-Cantons, en Suisse, le 21 juin 2026 (Crédit : Nathan Howard/POOL/AFP)

Vance a également affirmé que les États-Unis étaient en « contact régulier » avec Israël et d’autres partenaires régionaux tout au long des discussions avec l’Iran.

« Nous nous efforçons constamment de tenir nos partenaires régionaux informés de l’évolution de la situation. Il ne s’agit pas là d’un accord que les États-Unis imposent à la région. C’est un accord que la région a demandé avec insistance aux États-Unis de mettre en place », a-t-il soutenu.

Trump cherche à « jeter les fondations, à voir si nous pouvons parvenir à une paix permanente. Si nous échouons, le président des États-Unis dispose encore de nombreuses options pour atteindre les objectifs de sécurité de l’Amérique », a souligné Vance. « Mais il nous a clairement engagés dans cette voie, et nous allons poursuivre nos efforts et voir quels résultats nous pourrons obtenir. »

« De très bons progrès » sur la « désescalade » au Liban, selon Vance

Outre le retour des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en Iran, le vice-président américain, JD Vance, a déclaré que les pourparlers menés en Suisse avec Téhéran avaient permis d’atteindre trois objectifs américains, notamment la mise en place d’un « mécanisme visant à maintenir le détroit d’Ormuz ouvert » et d’un « mécanisme similaire destiné à éviter les conflits dans le cadre du cessez-le-feu régional », principalement le conflit entre Israël et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

« Comme l’a lui-même déclaré le président des États-Unis, ces cessez-le-feu signifient parfois simplement que l’on tire un peu moins. Mais nous voulions nous assurer d’avoir mis en place une coordination adéquate, de sorte que, si des tirs sont échangés, si le Hezbollah tire sur Israël ou si Israël riposte, ou si d’autres conflits éclatent dans la région, nous puissions

L’objectif de ce mécanisme est d’autoriser une communication directe lorsque des incidents surviennent entre Israël, le Liban, le Hezbollah et d’autres partenaires régionaux, a-t-il expliqué, affirmant à tort qu’« il n’existait en réalité aucun mécanisme permettant de mener ces discussions jusqu’à [hier], lorsque nous l’avons mis en place ».

En réalité, un mécanisme de désescalade quasi identique avait été mis en place sous l’administration Biden, dans le cadre du cessez-le-feu qu’elle avait négocié au Liban en novembre 2024. Ce panel comprenait des représentants d’Israël, du gouvernement libanais, des États-Unis, de l’ONU et de la France. Il est toujours en place à ce jour, bien que son efficacité soit limitée.

Une différence notable entre le mécanisme de désescalade décrit par Vance et celui déjà en place réside dans la participation annoncée du Hezbollah aux discussions, selon le vice-président.

« Il arrive parfois qu’un subalterne (du Hezbollah) lance un drone sans l’autorisation du haut commandement. Israël doit bien sûr réagir à cela, mais une situation plus pacifique pourrait être obtenue si Israël répondait dans le cadre du dialogue en cours entre le Hezbollah, le Liban, Israël et d’autres partenaires de la région », a indiqué Vance.

Les secouristes et la population recherchant des survivants sous les décombres d’un bâtiment détruit, touché par une frappe aérienne israélienne dans le village de Qannarit, au sud du Liban, le 20 juin 2026. (Crédit : Mohammed Zaatari/AP)

« Washington estime qu’il est possible “d’aboutir à une situation où l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban seraient protégées, tout comme la sécurité d’Israël”, a déclaré Vance. « Pour cela, une certaine coordination avec les forces armées libanaises sera nécessaire, et il faudra également que les Iraniens mettent un frein au Hezbollah. »

Il a fait remarquer que les négociateurs iraniens avaient menacé de quitter la table des négociations après que le président américain Donald Trump avait menacé de « frapper à nouveau très fort l’Iran » si celui-ci ne parvenait pas à empêcher ses « proxys grassement rémunérés au Liban de provoquer des troubles ».

Le vice-président a soutenu les propos de Trump.

« Ce que nous avons dit aux Iraniens hier, c’est que lorsque vous vous livrez à ce que nous, les milléniaux, appellerions des ‘propos injurieux’, vous ne pouvez pas vous attendre à ce que le président des États-Unis reste sans réagir et ne remette pas les choses au clair », a poursuivi Vance.

Par ailleurs, le cabinet du président libanais Joseph Aoun a indiqué que ce dernier avait reçu lundi un appel de Vance, Kushner et du Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, au sujet du cessez-le-feu au Liban et de la « cellule de désescalade ».

Selon la présidence libanaise, les discussions ont porté sur « la question de la consolidation du cessez-le-feu au Liban, de la fin de l’escalade militaire israélienne et des mesures à prendre à cet égard, notamment la possibilité de créer une cellule à cette fin ».

Le président libanais Joseph Aoun s’adressant au peuple libanais lors d’un discours télévisé depuis le palais présidentiel de Baabda, à l’est de la capitale Beyrouth, le 17 avril 2026. (Crédit : Présidence libanaise)

En vertu du protocole d’accord conclu la semaine dernière entre les États-Unis et l’Iran, qui sert de base aux pourparlers de Bürgenstock, les hostilités doivent cesser dans toute la région, notamment au Liban.

Israël, qui n’est partie ni au protocole d’accord ni aux discussions, a promis de rester au Liban. Les responsables israéliens ont d’ailleurs dénoncé ce protocole d’accord. Parallèlement, la Maison Blanche a formulé des critiques sans précédent à l’encontre d’Israël concernant ses opérations au Liban.

Les discussions techniques se poursuivront tout au long de la semaine

Les négociations, qui ont abouti à un accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord final dans un délai de 60 jours, devraient se poursuivre sous la forme de discussions techniques à un niveau inférieur tout au long de la semaine.

L’équipe de négociation iranienne de haut niveau avait déjà quitté la Suisse pour Téhéran lorsque Vance a pris la parole lundi, à l’issue de 18 heures de discussions « intensives », ont indiqué les médias d’État iraniens.

La délégation iranienne, conduite par le président du Parlement Mohammad Bagher Galibaf, a laissé sur place une équipe d’experts sous la direction du vice-ministre des Affaires étrangères Kazem Gharib Abadi pour les discussions techniques, a indiqué l’agence de presse semi-officielle iranienne Tasnim.

Un responsable impliqué dans les négociations a déclaré au Times of Israel que les délégations de haut niveau des États-Unis, du Qatar et du Pakistan se trouvaient toujours au Bürgenstock, mais qu’elles devraient également partir sous peu, laissant derrière elles des experts chargés des discussions techniques.

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