Rechercher

Les partis haredim prolongent leur boycott et bloquent l’agenda de la coalition

Le bras de fer autour de la loi sur les crèches menace plusieurs textes clés du gouvernement, notamment sur la procureure générale, le 7-Octobre et les médias

Des députés participent à un vote sur la dissolution de la 25ᵉ Knesset lors d’une séance plénière de la Knesset, le 20 mai 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des députés participent à un vote sur la dissolution de la 25ᵉ Knesset lors d’une séance plénière de la Knesset, le 20 mai 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les partis ultra-orthodoxes de la Knesset poursuivent pour le deuxième jour consécutif leur boycott des projets de loi de la coalition, a confié mardi une source politique haredi de haut rang au Times of Israel, après l’absence d’avancée sur le projet de loi dit « sur les crèches », destiné à rétablir les subventions gouvernementales pour les enfants des étudiants de yeshivot haredim qui ne répondent pas aux ordres de conscription.

Selon cette source, les partis haredim ne s’attendent plus à ce que le texte revienne à l’ordre du jour parlementaire. « Il n’y a pas de loi. Elle ne sera pas présentée, il n’y a pas de majorité », a-t-elle déclaré.

Tous les textes ont de nouveau été retirés de l’ordre du jour de la séance plénière mardi, menaçant de freiner au moins temporairement la série de textes que la coalition tente de faire adopter avant la prochaine suspension des travaux de la Knesset.

Le gouvernement cherche notamment à faire adopter plusieurs textes sensibles avant cette échéance, dont la scission du poste de procureur général, la création d’une commission d’enquête politique sur le pogrom du 7-Octobre et une réforme accordant au gouvernement un pouvoir accru sur les médias.

Après avoir annoncé la poursuite du boycott pour une deuxième journée, la faction Degel HaTorah de Yahadout HaTorah a affirmé dans un communiqué que « le Premier ministre et le Likud s’étaient engagés à présenter la loi sur les crèches pour approbation. Nous insistons fermement sur ce point et n’accepterons aucun retard ni recul ».

L’autre faction composant Yahadout HaTorah, Agudat Yisrael, a indiqué que « toute la faction se tient unie aux côtés de Degel HaTorah » dans sa demande à Netanyahu de permettre l’adoption de la loi.

« Ne pas adopter la loi reviendrait pour le Premier ministre à reconnaître qu’il souhaite en réalité dissoudre la Knesset et aller à des élections », a ajouté la faction.

Le boycott avait débuté lundi après-midi lorsque Yahadout HaTorah et le Shas avaient annoncé leur refus de soutenir les textes de la coalition.

La commission des Finances de la Knesset a quant à elle annulé, mardi, un débat sur les modifications du budget 2026 suite aux menaces de députés ultra-orthodoxes de voter contre tous les transferts budgétaires, en réponse à l’incapacité de la coalition à faire avancer ce texte.

Le député Moshe Gafni, président de la faction Degel HaTorah du parti Yahadout HaTorah et président de la commission des Finances, a « informé la coalition qu’en raison de l’absence de progrès dans l’avancement de la loi sur les crèches, les deux représentants de Degel HaTorah au sein de la commission des Finances voteront contre tous les transferts budgétaires qui seront soumis à l’approbation de la commission aujourd’hui », a déclaré son porte-parole dans un communiqué.

Selon des informations dans la presse israélienne, la coalition ne devait pas présenter la loi dite « sur les crèches » en séance plénière malgré son adoption par la commission des Finances de la Knesset la semaine dernière, en raison de l’opposition du parti HaTzionout HaDatit du ministre des Finances Bezalel Smotrich.

En août 2024, la procureure générale Gali Baharav-Miara avait ordonné au ministère du Travail de supprimer les subventions pour les crèches destinées aux enfants des étudiants de yeshiva ultra-orthodoxes qui désobéissent aux ordres de conscription militaire, expliquant que puisque la Haute Cour avait statué que les membres de la communauté ultra-orthodoxe devaient être enrôlés dans l’armée, il n’y avait plus de fondement juridique permettant à l’État de financer les crèches pour les familles de ceux qui ne se conformaient pas à cette obligation.

Le député Moshe Gafni assiste à une réunion de la commission des Finances à la Knesset, à Jérusalem, le 29 avril 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

La législation soutenue par les partis haredim vise à contourner les directives de la procureure générale.

Vladimir Beliak (Yesh Atid), membre de l’opposition au sein de la commission des Finances, a déclaré au Times of Israel que « les représentants des réfractaires à la conscription à la Knesset perturbent cette fois-ci les activités des ministères et bloquent les transferts budgétaires au sein de la commission des Finances, y compris les fonds destinés aux ministères sociaux ».

Il a ajouté que « la coalition était en plein désarroi, et la Knesset, paralysée ».

« Il est temps de mettre fin à cette honte, de dissoudre la Knesset et d’organiser des élections », a-t-il conclu.

Des députés ultra-orthodoxes assistant au vote sur la dissolution de la Knesset, le 20 mai 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Cette nouvelle crise intervient alors que les débats sur le statut des étudiants de yeshiva se poursuivent à la Knesset. Les membres de la commission de la Knesset ont voté à l’unanimité pour transmettre à la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice un projet de Loi fondamentale déclarant l’étude de la Torah comme une valeur fondamentale de l’État d’Israël.

Le texte, approuvé en lecture préliminaire en séance plénière la semaine dernière, reconnaîtrait que ceux qui se consacrent durablement à l’étude de la Torah accomplissent un « service significatif » pour l’État, assimilant de fait cette étude au service militaire et accordant aux étudiants de yeshiva des droits équivalents à ceux des soldats.

La commission de la Constitution, du Droit et de la Justice, devra désormais préparer le projet de loi pour la première des trois lectures en séance plénière nécessaires à son adoption définitive.

Si la coalition assure que les formulations assimilant l’étude de la Torah au service militaire seront supprimées avant la prochaine lecture du texte, les membres de l’opposition ont exprimé leur scepticisme, accusant le gouvernement Netanyahu de chercher à préserver les exemptions généralisées du service dans Tsahal accordées depuis longtemps aux hommes ultra-orthodoxes.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.