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Vives condamnations après la destruction par Sokot d’un monument palestinien dédié aux « martyrs »

Selon Israel Hayom, la structure rend hommage à un terroriste impliqué dans un attentat de 2003 qui a fait 4 morts et une vingtaine de blessés

Mardi matin, lors d’une visite sous escorte militaire à Madama, en Cisjordanie, le député Zvi Sokot et plusieurs de ses collaborateurs ont détruit à coups de marteaux un « monument aux martyrs » palestiniens, ce qui leur a valu des critiques de Tsahal et de responsables politiques de tous bords.

Des images diffusées par les médias palestiniens donnent à voir un soldat, debout aux côtés du député du parti HaTzionout HaDatit et d’autres hommes, en train de donner des coups sur le monument dédié aux Palestiniens tués, en présence d’autres soldats, à distance, non loin d’un véhicule militaire.

L’armée a déclaré que le déplacement de Sokot à Madama avait été autorisé mais que ses collaborateurs et lui avaient agi de manière « trompeuse et manipulatrice » en saccageant le « monument aux martyrs » du village.

Selon le journal Israel Hayom, ce monument rend hommage à un terroriste impliqué dans un attentat de 2003 au cours duquel quatre personnes ont été assassinées et plus de vingt autres blessées.

Sokot a publié ses propres images de la destruction du « Monument aux martyrs » du village.

Des photos publiées par les médias palestiniens après l’incident montrent que le monument est toujours debout, quoique considérablement endommagé.

Le député Zvi Sokot saccageant un monument palestinien dédié aux « martyrs » dans le village de Madama, en Cisjordanie, le 25 août 2026. (Crédit : Bureau du député Zvi Sokot)

Dans un communiqué, Sokot a expliqué avoir agi ainsi parce que, malgré leur demande, Tsahal n’avait pas retiré ce monument et d’autres, en Cisjordanie, qui rendent hommage à des terroristes palestiniens.

« Il y a de cela quelques jours, j’ai exigé que l’armée intervienne pour retirer les monuments qui rendent hommage à des terroristes dans les villages de Madama et de Burin, mais, malheureusement, ils sont restés en place. C’est pourquoi je suis venu et ai pris les mesures nécessaires pour les retirer », a expliqué Sokot.

« Tout lieu où se trouve un tel élément incitant au terrorisme doit être démantelé », a-t-il ajouté.

« Chaque enfant qui passe par ici, qui grandit dans ce village et qui voit ce monument, voudra devenir un ‘martyr’ quand il sera grand. »

« Nous ne contribuerons pas à l’incitation au terrorisme au cœur de la Judée-Samarie ni à faire passer des meurtriers pour des héros. La destruction de ces monuments envoie un message clair à la prochaine génération de terroristes », a ajouté Sokot, appelant l’armée à « retirer tous les monuments en hommage au terrorisme sur les territoires de la Judée-Samarie ».

Le monument de Madama rend hommage à plusieurs Palestiniens tués, parmi lesquels des terroristes, notamment Yaman Tayeb Ali Faraj, qui, selon Sukkot, aurait participé en 2003 à un attentat-suicide au carrefour de Geha, dans le centre d’Israël, au cours duquel quatre personnes ont été tuées et une vingtaine, blessées, ou encore Shadi Nasser, un kamikaze palestinien qui a blessé 14 personnes lors d’un attentat à l’hôtel Eshel HaShomron, dans l’implantation d’Ariel, en Cisjordanie, en 2002.

L’attentat-suicide perpétré le 25 décembre 2003 à Geha a été revendiqué par le groupe terroriste Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Faraj, l’un de ses commandants, a été éliminé par un missile tiré depuis un hélicoptère de Tsahal alors qu’il tentait d’échapper à son arrestation près de Naplouse, en juillet 2004. Selon les médias palestiniens, un professeur palestinien et son fils ont également été tués lors de cette tentative d’interpellation.

Tsahal a indiqué que, le 12 août dernier, l’organisation Sukkot avait demandé l’autorisation d’organiser une « visite des monuments » dans les villages de Beita, Burin et Madama, en zones A et B de Cisjordanie – là où les Israéliens ne sont normalement pas autorisés à entrer sans coordination militaire.

« Ce matin, le député et ses collaborateurs ont effectué cette ‘visite des monuments’ sous la protection de soldats de Tsahal, qui avaient été détournés de leurs fonctions pour cette mission », a déclaré l’armée.

Sokot devait se rendre dans les villages de Burin et Beita mais la visite a été écourtée à la suite de l’incident de Madama.

« Contrairement à ce qui avait été convenu, les participants ont agi de manière trompeuse et manipulatrice, sans autorisation, et en violation totale du programme approuvé, et ont commencé à démolir l’un des monuments commémoratifs du village de Madama. »

Devant les images de soldats passifs lors de la destruction, l’armée a expliqué que, lorsqu’ils ont constaté ce qui se passait, les soldats en ont informé leurs supérieurs, qui ont alors donné ordre aux soldats d’écourter la visite et d’escorter le député et ses collaborateurs hors du village.

Le député Zvi Sokot (en bas à gauche) à côté d’un monument palestinien dédié aux « martyrs » dans le village de Madama, en Cisjordanie, tandis que des soldats (à droite) montent la garde dans les environs, le 25 août 2026. (Crédit : Réseaux sociaux ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

L’armée n’a pas expliqué pour quelle raison elle avait accepté cette visite qui, selon elle, a détourné des soldats « affectés à des missions opérationnelles » et les a « inutilement exposés à des risques alors que Tsahal est soumis à une forte pression opérationnelle ».

« Tsahal estime que le comportement et le manque de coordination du député sont très graves et une exploitation de la sécurité assurée par les forces de sécurité à des fins d’abus d’autorité », a déclaré l’armée.

Elle a également indiqué qu’elle « démolissait régulièrement des monuments commémoratifs et des symboles d’incitation au terrorisme », sous réserve des autorisations nécessaires, et qu’elle prévoyait de mener prochainement une autre opération de ce type.

« Il s’agit d’une activité importante dans la lutte contre le terrorisme et l’incitation au terrorisme. »

Madama a récemment fait l’objet de plusieurs attaques perpétrées par des résidents d’implantation.

Ce mois-ci, des extrémistes juifs ont endommagé le réseau électrique du village, tandis qu’en mai, sept Palestiniens ont dû être hospitalisés à la suite d’une violente attaque menée par des résidents d’implantation.

La présence de l’armée lors de l’incident de mardi intervient alors que l’on reproche depuis longtemps aux troupes de Tsahal de tolérer, voire d’encourager, les actes de violence et les dégradations de biens à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie.

À plusieurs reprises, des soldats ont été filmés en train de rester les bras croisés, sans intervenir lors d’incidents de violence similaires commis par des résidents d’implantation.

Condamnation de tous bords politiques

Plusieurs responsables politiques des deux camps, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont condamné cet incident. Toutefois, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a partiellement défendu les agissements du député de son parti.

« Tsahal est l’autorité souveraine en Judée-Samarie et est chargée de mettre en œuvre les décisions des dirigeants politiques », a déclaré le bureau du Premier ministre dans un communiqué en hébreu, utilisant le terme biblique désignant la Cisjordanie.

« Se faire justice soi-même, en particulier de la part de fonctionnaires, est inacceptable et entrave la capacité de Tsahal à se concentrer sur ses missions de lutte contre le terrorisme et l’incitation à la haine », a ajouté le bureau du Premier ministre.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu votant lors des primaires du Likud, à Jérusalem, le 17 août 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Le comportement du député Sokot « est une honte pour quiconque prétend représenter le peuple et être un dirigeant. Il a menti et induit en erreur Tsahal et ses commandants, a compromis la sécurité et a terni l’image de l’État d’Israël tout entier », a écrit Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, sur le réseau social X.

Eisenkot a également fustigé le Premier ministre Benjamin Netanyahu, déclarant que ce dernier avait « démantelé le système qui assurait la sécurité et la gouvernance en Judée-Samarie » tout en « permettant à des anarchistes comme Zvi Sokot et ses semblables de faire tout ce qui leur plaît, mettant ainsi en danger la sécurité dans les implantations et nuisant à l’image d’Israël dans le monde ».

L’ancien Premier ministre Naftali Bennett a fait valoir dans un communiqué que « le gouvernement du chaos » de Netanyahu « nuit à la sécurité d’Israël et à son image dans le monde dans le seul but de gagner des vues sur TikTok », déclarant que « le terrorisme se combat par des actions, et non par des provocations pathétiques ».

Sokot et le chef du parti HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, se sont non seulement battus pour exempter les ultra-orthodoxes du service militaire, a-t-il ajouté, mais « aujourd’hui, ils compromettent également leurs missions et mettent leurs vies en danger pour des vidéos de campagne ».

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich assistant à la cérémonie de pose de la première pierre de la nouvelle implantation de Doran, dans la région du mont Hébron, en Cisjordanie, le 16 juin 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Le député Sokot, « comme tout autre membre de la Knesset, n’est pas le souverain sur les territoires de Judée et de Samarie », a écrit le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar sur X, insistant sur le fait que la décision de détruire de tels monuments doit être prise par l’État par l’intermédiaire « de l’armée et des forces de sécurité, et par elles seules ».

Le chef du parti Les Démocrates, Yaïr Golan, a rappelé la participation de Sokot à une foule ultranationaliste qui avait fait irruption dans une base de Tsahal en 2024 et a déclaré : « Aujourd’hui, il tente une nouvelle fois d’attiser le feu et de provoquer davantage de guerre de ses propres mains. »

« C’est quelqu’un qui a sa place derrière les barreaux, pas à la Knesset », a ajouté Golan.

Le député Gilad Kariv (Les Démocrates) a également fustigé Sokot, soulignant qu’il avait tenté à plusieurs reprises de coordonner une incursion dans le village palestinien de Qusra, où des résidents d’implantation assiégeaient les habitants, mais qu’il s’était heurté au refus de Tsahal au motif qu’il n’y avait « pas de troupes disponibles

« Il s’avère qu’il y a des troupes disponibles pour escorter le pyromane Zvi Sokot au cœur d’un village palestinien. Hier encore, on a rapporté que le commandant du Commandement du Centre avait averti Netanyahu qu’il suffirait d’une seule allumette pour mettre le feu à la Cisjordanie. Zvi Sokot se fait un plaisir d’allumer ce feu, qui pourrait bien finir par nous consumer tous », a déclaré Kariv.

Chili Tropper, qui a récemment démissionné du parti Kakhol Lavan et préside désormais le parti de centre-droit « Foyer sioniste – HaMilouimnikim », a également fustigé Sokot dans un message publié sur Facebook, qualifiant ses actes de « honte » et l’accusant d’agir « contre Tsahal, contre la sécurité et contre les implantations ».

« Les Israéliens méritent des députés qui respectent la loi », a déclaré Benny Gantz, chef du parti Kakhol Lavan.

« Zvi Sokot, qui s’était déjà introduit dans une base de Tsahal, a mis en danger la vie de soldats et de civils aujourd’hui pour un coup médiatique dans le cadre d’une campagne électorale et pour quelques ‘likes’ sur TikTok. »

« Ce n’est ni de droite ni nationaliste », a ajouté Gantz.

« C’est de l’anarchie que seul un gouvernement large et sioniste, sans les extrémistes, sera capable d’arrêter. »

Ohad Tal, président du groupe parlementaire de HaTzionout HaDatit, aurait vivement critiqué son collègue, le député Sokot, lors d’une discussion interne au parti.

« Je voudrais comprendre : cela s’inscrit-il dans le cadre de la campagne ? Y a-t-il une stratégie profonde qui m’échappe complètement, ou avons-nous simplement décidé de nous suicider une bonne fois pour toutes ? Je pose sincèrement la question », a déclaré Tal, selon les médias israéliens.

Le député Ohad Tal assistant à une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, à Jérusalem, le 30 juillet 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Tal n’a pas immédiatement répondu à la demande de commentaires du Times of Israel.

Smotrich a partiellement défendu Sokot.

« L’État d’Israël aurait dû, depuis longtemps, démanteler ce monument dédié au terrorisme, qui glorifie ce terroriste méprisable, responsable du meurtre de quatre Juifs et des blessures infligées à 20 Israéliens innocents. De même, il existe des dizaines d’autres monuments dédiés au terrorisme à travers la Judée et la Samarie qui doivent être détruits dès aujourd’hui par Tsahal, et par elle seule », a-t-il déclaré, semblant partager l’avis des détracteurs selon lequel seules les autorités militaires devraient mener de telles actions.

Malgré cela, « ce qui devrait véritablement nous inquiéter, c’est la précipitation frénétique des dirigeants de l’opposition de gauche à condamner le député Sokot plutôt que le terrorisme lui-même », a poursuivi Smotrich, accusant l’opposition de vouloir « former un gouvernement avec des partisans déclarés du terrorisme, évacuer les implantations et les fermes que nous avons établies en Judée-Samarie, et instaurer un État terroriste au cœur du pays ».

« C’est la seule chose qui devrait inquiéter toute personne sensée qui souhaite vivre aujourd’hui dans l’État d’Israël », a-t-il ajouté.

Des antécédents de provocation

Sokot a déjà fait l’objet de polémiques pour des actes similaires.

En juillet, Sokot, qui préside la commission de l’Éducation de la Knesset, s’est filmé en train de détruire le panneau d’une école palestinienne dans la Vieille Ville de Jérusalem, s’engageant à fermer l’établissement pour avoir utilisé un programme scolaire de l’Autorité palestinienne (AP).

Un mois plus tôt, il s’était rendu dans la ville arabe d’Umm al-Fahm, dans le nord d’Israël, et avait accroché un drapeau d’Israël à l’extérieur d’une de ses écoles, alors que le système éducatif de la ville était en grève pour protester contre sa visite.

En mai, Sokot, qui dirige une sous-commission de la Knesset, avait demandé à l’armée d’effectuer une « visite d’inspection professionnelle » du Tombeau de Joseph à Naplouse. Cependant, cette visite s’est finalement transformée en un événement politique et médiatique, et a été condamnée par le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, pour gaspillage des ressources de l’armée.

Sokot figurait également parmi les manifestants d’extrême-droite qui se sont révoltés à l’extérieur et ont pris d’assaut la base militaire de Sde Teiman en juillet 2024, exigeant que la police militaire libère des réservistes arrêtés, soupçonnés d’avoir gravement maltraité un terroriste présumé de Gaza qui y était incarcéré.

Peu après l’incident, Sokot avait déclaré devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset : « Je faisais mon travail », ajoutant au Times of Israel que son accréditation en tant que député « me donne le droit d’accéder à n’importe quel lieu sur le territoire de l’État d’Israël ».

Le député Zvi Sokot (HaTzionout HaDatit) photographié après s’être introduit dans le centre de détention de l’armée israélienne, à Sde Teiman, le 29 juillet 2024. (Crédit : Capture d’écran X ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Il avait été interrogé sous serment par la police en novembre dernier au sujet de son rôle dans cette intrusion.

Le député a également joué un rôle de premier plan dans les efforts visant à étendre l’autorité civile israélienne en Cisjordanie. Il a contribué à faire avancer un projet de loi controversé qui étendrait le contrôle civil aux sites archéologiques et au patrimoine. Ce projet de loi a suscité des critiques de la part des Palestiniens et de groupes israéliens de défense des droits de l’Homme, qui estiment qu’il équivaut à une annexion des Territoires palestiniens et favorise l’expansion des implantations.

Au milieu de cette controverse, l’examen du projet de loi à la Knesset a été suspendu en juin, selon certaines sources, à l’initiative du Premier ministre.

Nava Freiberg a contribué à cet article.

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